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Alexis Escudero, La Reproduction artificielle de l’humain
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://dissidences.hypotheses.org/4949
Un compte rendu de Jean-Guillaume Lanuque
Cet ouvrage d’Alexis Escudero se rapproche fortement des pamphlets écrits par le collectif Pièces et main d’œuvre, localisé, tout comme les éditions du Monde à l’envers, dans la cuvette grenobloise. L’objet de cette critique technosceptique volontiers sarcastique, c’est la PMA (procréation médicalement assistée), dont l’accès à tous les couples est considéré comme une nouvelle antienne de la gauche.
L’argumentation d’Alexis Escudero s’articule en plusieurs points, appuyés sur de nombreuses données factuelles et de fréquentes citations. Il constate d’abord la baisse de la fertilité (ainsi que le déséquilibre « naturel » des naissances en faveur des filles), due probablement à la présence croissante de produits industriels dans l’environnement, et présente ainsi la PMA comme une fausse solution, en lieu et place d’une éradication des dits polluants industriels1. Surtout, il l’analyse comme une nouvelle démonstration du caractère expansif du capitalisme, qui après le contrôle des semences paysannes, souhaiterait prendre le contrôle des semences humaines. Et il est vrai que les exemples choisis illustrent bien l’essor d’un véritable marché lucratif à part entière, de riches clients exploitant les ventres et/ou les ovules des plus pauvres. Par ailleurs, le principe du choix exercé par les parents sur leur futur enfant, à travers le DPI (diagnostic génétique pré-implantatoire) en particulier, qui ne cesse de s’étendre sans limites envisageables, contient le risque d’une standardisation de la « production » et d’une diminution de la diversité génétique2. Car selon l’auteur, à partir du moment où la PMA sera accessible à des couples homosexuels, elle le sera de facto pour des couples hétérosexuels non stériles…
Il y a là, selon Alexis Escudero, un nouvel eugénisme libéral en action, qui considère implicitement l’enfant comme propriété de ses parents consommateurs, fourrier d’un humain génétiquement modifié3, sans que l’on puisse anticiper, comme pour les OGM, sur les éventuelles conséquences à long terme de ces manipulations du vivant. Mais le fond métaphysique de la question, c’est le refus d’une égalité biologique des êtres humains4 et d’une transformation rationnelle de l’humain et de la nature, sous-tendue par une haine des corps5 et une fascination pour les machines. Alexis Escudero s’oppose de la sorte au courant transhumaniste, bien sûr, mais également au volontarisme moderniste du mouvement ouvrier, accusé implicitement d’hubris. La gauche libérale est une de ses cibles privilégiées, mais une bonne partie de la gauche de la gauche également, accusée de ralliement implicite à la première, et de ce point de vue, l’analyse est bien trop laconique. A l’inverse, il s’appuie sur les réflexions d’un Ivan Illich, mais également de Jurgen Habermas ou Sylviane Agacinski.
Incontestablement, il y a là des éléments de réflexion stimulants. A plusieurs reprises, toutefois, Alexis Escudero semble aller trop vite dans son raisonnement, recourant de temps à autre à l’amalgame6 ou à la simplification7. L’alternative proposée est quant à elle très claire : refuser la PMA, pour quelque raison que ce soit, même sous la forme d’un service public gratuit (on reconnaît là une défiance anarchisante vis-à-vis de l'État), et privilégier à la place l’adoption.
1 Une réflexion qui se rapproche entre autres de celles de l’Encyclopédie des nuisances.
2 Dans la plus grande banque de sperme d’Europe, Cryos Bank, le sperme des roux n’est plus accepté car pas assez rentable !
3 Alexis Escudero évoque d’ailleurs une des réponses envisagées par certains scientifiques à la crise climatique : élaborer des humains de taille plus réduite, consommant et polluant donc moins !
4 Égalité qu’Alexis Escudero perçoit comme une caricature, s’incarnant par exemple dans la capacité à tomber enceinte à des âges de plus en plus avancés, voire dans la possibilité de se passer de grossesse via un utérus artificiel qui mettrait sur le même plan hommes et femmes.
5 Assimilée de manière sans doute un peu rapide à un nouveau manichéisme (au sens propre du terme).
6 Amalgamant bolcheviques et nazis dans leur désir d’un homme nouveau, par exemple, alors que ces deux objectifs ont peu de choses à voir, le premier visant une amélioration morale et culturelle d’un individu plus épanoui, libéré des carcans archaïques, le second une différenciation raciale passant par l’élimination des plus faibles.
7 La classe ouvrière remplacée par une nouvelle classe de producteurs, « ingénieurs, cadres et techniciens » (p. 38), fait fi de l’accroissement à l’échelle mondiale du prolétariat industriel.




