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CGT: Lepaon cherche à sauver sa tête à tout prix
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) La commission exécutive de la CGT, réunie ce mardi, a décidé de convoquer en janvier le le comité confédéral national. L’administrateur trésorier, Eric Lafont, qui avait validé des dépenses coûteuses dans l’appartement de fonction et le bureau de Thierry Lepaon, a démissionné.
Il aura tout essayé, même les larmes. Mais Thierry Lepaon n’a pas réussi manœuvrer la commission exécutive comme il l’espérait.
A l’ouverture de la réunion de la direction élargie de la CGT (56 membres), a été lue une lettre du trésorier de la confédération où Eric Lafont présentait sa démission à la suite des révélations concernant les largesses financières dont a bénéficié le secrétaire général cégétiste , qui se sont accumulées depuis un mois et demi. Le fusible idéal. Cela devait parachever le tableau. Appuyé par ses soutiens inconditionnels au sein du bureau confédéral, majoritaires face aux quatre frondeurs – Eric Aubin, Sophie Binet, Valérie Lesage et Mohammed Oussedik -, Thierry Lepaon s’était en effet donné une autre carte dès vendredi. Le bureau avait annoncé qu’il proposait de se contenter d’une réunion des numéros un des 33 fédérations et 96 unions départementales, sans aucun pouvoir de décision, ce lundi 15 décembre. Il avait également tenté une division en réunissant discrètement quelques barons de la centrale il y a six jours.
Mais cela n'a pas suffi. Les interventions en faveur du secrétaire général de la CGT ont été minoritaires. Même si on peut noter la montée au créneau de quelques uns. le secrétaire général de la fédération des transports, Jérôme Vérité, ou encore le responsable de PACA, Gilles Fournel, ou Pascal Debay auraient ainsi demandé la démission de tout le bureau confédéral sauf... Thierry Lepaon, le seul encore légitime à leurs yeux.
Ce dernier n’a pas réussi à éviter une réunion du comité confédéral national, regroupant les numéros un professionnels et départementaux, et investi par les statuts de la centrale de pouvoirs majeurs, à commencer par celui de destituer le secrétaire général de la CGT. C’est le cadeau empoisonné que lui a fait en partant Eric Lafont. Elle était devenue incontournable puisque seul le CCN est habilité à désigner un nouveau trésorier tout comme un nouveau secrétaire général entre deux congrès. Mais même sans cela, elle était devenue inévitable pour Thierry Lepaon.
Il faut dire que le compteur s’est mis à tourner très vite depuis la fin de la semaine dernière. Les courriers officiels demandant une telle réunion extraordinaire du comité confédéral national pour acter le départ du numéro un de la CGT se sont multipliés ces derniers jours. Lundi soir, on en aurait dénombré 48, alors qu’il n’en faut que 43 pour la déclencher. Si la commission exécutive n’avait pas convoqué un comité confédéral national exceptionnel, il l’aurait été de droit.
La seule victoire de Thierry Lepaon est que ce CCN ne pourra pas matériellement avoir lieu avant les fêtes compte tenu des règles de convocation. Il sera donc réuni en janvier, ce devrait être le 13. Cela laisse au leader de la CGT le temps de réfléchir et de décider s’il veut aller au bout du processus et risquer l’humiliation suprême de la destitution ou s’il choisit de démissionner.
Désigner une nouvelle direction
Mais il est de plus en plus certain que la CGT va devoir s’attaquer à la rude tâche de désigner une nouvelle direction. La centrale va se retrouver confrontée à un choix majeur, celui qu'elle n’a pas su faire lors du départ de Bernard Thibault. Se contentera-t-elle de désigner un nouveau secrétaire général, alors que ces 18 mois ont tué le pythe de l’homme providentiel à la CGT ou va-t-elle nommer un collectif et réfléchir à de nouvelles procédures de désignation de ses dirigeants qui lui font cruellement défaut depuis que le Parti communiste ne joue plus un rôle déterminant dans leur désignation?
Selon un sondage Ifop publié le 6 décembre par « Dimanche Ouest France », seuls 37% des salariés ont aujourd’hui une bonne opinion de la CGT contre 50% en mars 2013, quand elle a changé de numéro un. Cruel bilan pour Thierry Lepaon




