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CGT : Lepaon est chargé de désigner son successeur

syndicalisme

Brève publiée le 8 janvier 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Les Echos) Le secrétaire général de la CGT a annoncé qu’il ne se représentera pas à la direction de la CGT le 13 janvier, devant son parlement. Mais la Commission exécutive l’a chargé de choisir son successeur.

Difficile de trouver plus têtu que le secrétaire général de la CGT, toujours persuadé qu’il n’a failli en rien, malgré les affaires financières dans lesquelles il est impliqué, il continue obstinément à refuser de démissionner. Mais il a tout de même dû se résoudre à faire un deuxième pas vers la sortie ce mercredi matin. La veille, il avait annoncé à la commission exécutive de son syndicat (direction élargie de 56 membres), réunie pour deux jours, que comme les 8 autres membres du bureau confédéral (direction resserrée), il avait décidé de « remettre son mandat à la disposition du Comité confédéral national », son parlement, qui se réunit le 13 mai. Il avait fini par s’y résoudre, en n’abandonnant pas l’idée de réussir à manoeuvrer pour rentrer par la fenêtre après être sorti par la porte. Il conservait en effet contre toute raison le fol espoir de voir une majorité des 129 dirigeants fédéraux et départementaux le confirmer mardi prochain au secrétariat général de la CGT.

Rester membre de la Commission exécutive

La nuit a porté conseil, dans une certaine mesure : ce mercredi matin, le syndicaliste a annoncé en interne qu’il « y aura un nouveau secrétaire général » de la CGT le 14 janvier, au lendemain de la réunion du parlement du syndicat. Il ne présentera donc pas sa candidature au secrétariat général de la CGT, ni à son bureau confédéral. Mais il y a un énorme mais. Se considérant toujours victime d’un complot bien que les faits soient avérés et que le rapport de la Commission financière de contrôle soit sévère pour lui, il n’a pas l’intention de quitter toutes les instances de direction. Il entend en effet rester membre de la Commission exécutive à laquelle il a proposé de se charger de travailler lui-même à une nouvelle équipe de direction. En clair, de choisir son successeur...

Il a beau être discrédité encore plus depuis la présentation des conclusions de la Commission financière de contrôle et notamment la révélation de son mensonge par omission concernant la baisse de son salaire de 5.200 à 4.200, intervenue seulement le mois dernier sous la pression des affaires financières, cela n’a pas empêché la CE a accepté ce scenario à une large majorité : il y a eu seulement 12 abstentions et 4 voix contre. 34 de ses membres ont voté pour, parmi lesquels Philippe Martinez qui ne cache pas son ambition de lui succéder, ou encore Nadine Prigent, candidate malheureuse à la succession de Bernard Thibault qui figure aujourd’hui parmi ses soutiens à peine voilés et Frédéric Imbrecht et son épouse, Virginie Gensel-Imbrecht, secrétaire générale de la fédération de l’énergie, en position fragile dans son organisation.

Thierry Lepaon a annoncé que pour construire sa proposition qui sera examinée par la Commission exécutive le 12 janvier, à la veille de la réunion du CCN, il va s’entourer de 3 ou 4 personnes qu’il va choisir lui-même. Alors qu’il y avait l’opportunité de faire entrer deux nouveaux militants à la Commission exécutive, du fait de deux départs, cette dernière s'y est par ailleurs refusée. Tout n’est cependant pas encore totalement joué car le parlement de la CGT pourrait de lui-même le décider et donc ouvrir le jeu de la succession. Les prochains jours vont être déterminants.