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Quand Fabius louait le "bon travail" de la filiale d’Al Qaeda en Syrie
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/
Légende : Laurnet Fabius et Manuel Valls en visite sur un chantier à Doha (Qatar) en juin 2013
L'état de choc créé par l'attentat de Paris, sa manipulation sécuritaire par le gouvernement tente d'empêcher toute réflexion lucide sur ses causes profondes. Des rappels sont nécessaires sur les principaux soutiens au terrorisme islamiste. Et ils sont parmi nous.
Manuel Valls a promis la « guerre contre le terrorisme, le djihadisme, l'islamisme radical » après avoir insisté sur le combat contre l' « ennemi intérieur ». Des accents de George Bush pour justifier les aventures militaires de la France dans des combats douteux en Irak, Syrie, demain en Libye.
Il y a un an, en août 2013, la France était à deux doigts d'intervenir en Syrie … aux côtés des rebelles islamistes contre le gouvernement de Bachar al-Assad et l’État laïque syrien. Aujourd'hui, il s'agit officiellement de lutter contre ces mêmes islamistes, sans coopérer avec Assad.
Comment en est-on arrivé là ? Les alignements versatiles de la France ne sont pas nouveaux, elle qui est passée sous la présidence de Sarkozy de la lune de miel avec la Syrie d'Assad entre 2008 et 2010, au pays le plus enthousiaste à l'idée d'une chute imminente du régime en 2011.
Au début de l'insurrection syrienne, la France avait clairement choisi son camp : celui de soutenir une rébellion armée qui était sous domination islamiste, bien aidée par leurs bailleurs de fond qataris ou saoudiens, accessoirement nos alliés et acheteurs d'armes dans la région.
Un exemple très révélateur aujourd'hui de ce choix aux conséquences désastreuses, c'est la 4ème réunion des « Amis de la Syrie » à Marrakech le 12 décembre 2012, juste après la création de la Coalition nationale des forces de l'opposition (CNFOR) sous hégémonie du Qatar.
Les États-Unis poussent alors la France à suivre leur décision en classant le Front Al-Nosra, groupe djihadiste de plus en plus influent sur le terrain, sur la liste des organisations terroristes.
Il n'était alors plus un secret pour personne qu'Al Nosra entretenait des relations organiques avec Al Qaeda – devenant officieusement sa branche syrienne – et constituait l'organisation sœur de l’État islamique (EI), de plus en plus puissant dans l'Irak voisin.
La France refuse par la bouche du Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Celui-ci dit exprimer l'opinion de « tous les pays arabes vent debout » (qui sont tous ces pays ? Le Qatar, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis?) ainsi que « du président de la Coalition (CNFOR) ».
Pour lui, Al-Nosra ne pouvait être classée comme une « organisation terroriste », car « sur le terrain, elle fait du bon boulot ». Une déclaration édifiante mais révélatrice de l'attitude de la France vis-à-vis du djihadisme, du terrorisme islamiste dont Al-Nosra est l'incarnation.
La France va bientôt engager un « spectaculaire revirement », comme il fut commenté alors, en mai 2013, sous pression américaine et russe, marginalisée dans son soutien à une Coalition noyautée par le Qatar et les Frères musulmans, ainsi que dans sa proposition d'armer les rebelles, suscitant la colère du médiateur de l'ONU en Syrie, Lakhdar Brahimi.
Elle proposera alors fin 2013 de classer Al-Nosra parmi les organisations terroristes. Il faudra encore un an avant que nos partenaires privilégiés, en premier lieu le Qatar, se désolidarisent officiellement des groupes islamistes qui dominent la rébellion en Syrie.
Sans abandonner, tout comme la France, l'objectif initial : renverser le régime syrien, obstacle à la domination des impérialismes américains, européens et israéliens au Moyen-orient, à la reconfiguration du Moyen-orient sous la coupe de régimes islamistes compatibles avec eux.
Dans cette sorte de nouvelle « stratégie de la tension » que notre gouvernement essaie d'instaurer, plus que jamais, il est nécessaire de rappeler qui sont les principaux soutiens du terrorisme international, et ceux qui profitent de ce climat de terreur entretenu.




