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Contre la révocation d’un postier, la lutte commence
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L’Humanité, 20 janvier 2015 :
Ce mardi, une centaine de personnes, syndicalistes et représentants politiques, se sont rassemblées devant la direction du courrier des Hauts-de-Seine pour dénoncer la révocation abusive de Yann le Merrer, fonctionnaire et syndicaliste Sud-PTT.

Les oreilles du directeur du courrier des Hauts-de Seine ont dû siffler ce mardi. Sous les fenêtres de la Direction opérationnelle territoriale du courrier (DOTC) à Nanterre, une centaine de manifestants, avec les bannières Sud et CGT, se sont réunis. Scotchée au mur du bâtiment, une banderole exige la réintégration de Yann Le Merrer, fonctionnaire et militant Sud PTT, révoqué par La Poste pour faits de grève.
Du jamais vu depuis 1951.
Prenant la parole devant l’assemblée, il les remercie pour leur présence. « Ca me fait drôle de ne plus pouvoir mettre un pied au travail, de ne plus voir mes collègues, de ne plus être postier, à cause de mon engagement syndical ! »
Suite au mouvement social qui a duré 173 jours dans les Hauts-de-Seine, s’achevant cet été par l’embauche de contrats précaires et le report de certaines restructurations, l’entreprise a vite enclenché la machine à réprimer. Quatre personnes ont été licenciées. Certains sont sur la sellette comme Brahim Ibrahimi, Secrétaire départemental-adjoint Sud-PTT. Il risque trois mois de mise à pied sans salaire pour non respect des consignes de sécurité et non signature du registre avant de rendre visite aux agents grévistes.
Ce matin, il devait comparaître devant le conseil de discipline, « Mais je n’y suis pas allé, ca ne sert à rien de passer cinq-six heures à essayer de se défendre. Le droit est de notre côté, nous avons des arguments bétons. »
Les cas de répression antisyndicale n’ont jamais été aussi nombreux à La Poste. Comme l’explique Gaëlle Differ, du secrétariat national Sud PTT, « Nous avons recensé une vingtaines de cas de sanctions pour l’année 2014. Yann n’est pas un voyou, aujourd’hui, c’est La Poste qui joue ce rôle. Elle en profite pour mettre sur la table son pacte social 2015-2020 prévoyant de nouvelles suppressions d’emplois et tape partout où ça revendique. L’ensemble du mouvement social doit s’emparer de cette question ».
Des militants de l’Union locale CGT de Nanterre et des PTT des Hauts de Seine étaient présents. Dominique Talbot, secrétaire départemental de la FAPT CGT, monte au créneau « La CGT condamne fermement cette décision alors que les conditions de travail des postiers n’ont cessé de se dégrader. On entend de beaux discours en ce moment sur la liberté d’expression, il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures en la matière, nous sommes tous Yann. »
Les représentants des partis politiques, PCF, NPA, Lutte Ouvrière, ont dit haut et fort leur indignation. Pour Elsa Faucillon, secrétaire départementale du Parti communiste, « Yann n’a fait qu’exercer son mandat, les syndicalistes ne doivent pas baisser la tête ! L’ANI, la loi Macron, la négociation sur le dialogue social plombent les libertés syndicales, il va falloir être dans l’unité la plus large possible. »
Eric Beynel, co-délégué général de Solidaires, rappelle que « le nombre d’affaires de répressions se multiplient : les militants de la Confédération Paysanne pour avoir tenté de démonter la ferme des milles vaches, des inspecteurs du travail pour avoir occupé l’école d’inspection à Lyon… Il faut construire les bases de la riposte. »
Si Yann Le Merrer va déposer un recours en référé auprès du tribunal administratif pour faire annuler cette sanction, des actions continuent d’être menées pour exiger sa réintégration.




