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Plus belle la ZAD
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://paris-luttes.info/marseille-plus-belle-la-zad-2649
Dans le quartier de Lodi à Marseille il y avait un square standard, le square Michel Lévy : des bancs, des arbres et deux trois jeux pour enfants. Puis la mairie a vendu le terrain à Unicil qui, faisant appel à Eiffage s’apprête à y construire une tour de logements dont 50 sociaux ainsi que 300 places de parking.
Une association de riverains s’est créée il y a 5 ou 6 ans pour tenter de sauver le square. Ces opposants de longue date sont loin de faire l’unanimité dans leur quartier - il y avait quand même des jeunes qui fumaient des joints dans ce square. La vente du terrain a été scellée il y a 10 jours. Le jour même, les machines sont arrivées pour commencer le chantier et ont coupé la plupart des arbres.
Il semblerait que c’est au bord du désespoir, toutes les cartes ayant été abattues (recours juridique, lettres aux élus, manifestation de riverains), qu’une ZAD est née.
Difficile de savoir qui exactement a nommé ainsi l’endroit. Probablement une sorte d’accord entre des habitants du quartier et des écolos venus leur proposer ce joker.

square Michel Lévy à Marseille
(...)
Rapidement les gens qui restent traîner un petit peu sur le square ont commencé à discuter : qu’est-ce qu’on fait ? La première décision fût de faire une assemblée chaque jour à 17 heures. Et c’est là que l’on peut constater un phénomène tout à fait particulier, une tentative folle, à priori sans aucune chance de réussite : tous ces gens, si différents les uns des autres, tentant de s’organiser ensemble (sauf les enfants qui se contentent de jouer). Evidemment, les débuts sont difficiles. Comment un squatteur aguerri pourrait-il jamais établir une stratégie commune avec une vielle dame qui aime promener son caniche ? Malgré tout, chaque soir les assemblées attirent plus de gens.
En même temps, du matériel et des ressources arrivent. Petit à petit, le parc se transforme, une balançoire, des renforcements sur les barricades, quelques peintures sur les arbres réalisées par les enfants, c’est charmant. Les activités pour enfant et le fait de vouloir anéantir le projet immobilier sont parmi les seules choses qui mettent tout le monde d’accord. Et comme cette Zad a la taille d’un pâté de maison, il faut y imaginer une sorte de collocation insensée.
(...)
On pourrait aisément imaginer finir en massacre à la tronçonneuse une sordide expérience sociologique, où l’on rassemblerait une semaine durant sur un terrain de foot, un échantillon représentatif d’à peu près toutes les sensibilités d’une époque et d’une ville sans aucune organisation, sans présence policière, sans autre obligation ou objectif que de rester là. C’est faux. Les 9 jours de ZAD à Marseille ont démontré le contraire : même dans un espace restreint, les humains sont absolument capables, minimalement, de vivre les uns à coté des autres sans que la moindre police doive être mise en place. Toutefois il est maintenant clair que la municipalité ne voulait absolument pas que qui que ce soit ne découvre ce petit secret. La preuve : le vendredi matin c’est une rue entière de camions de CRS et 25 unités de BAC qui sont venus déloger quelques pellos occupant un début de chantier.
S’ils y sont parvenus si facilement, c’est certes grâce à leurs vastes moyens mais aussi du fait d’erreurs stratégiques des Zadistes. Les membres de l’assemblé de la ZAD Marseillaise ont cru que la justice prendrait soin de faire un procès avant d’expulser et que l’on aurait donc le temps de s’organiser correctement pour défendre le lieu au moment où l’expulsion serait déclarée légale. Il y avait pourtant des indices : toutes les procédures juridiques frauduleuses qu’ont nécessité ce projet, les maires d’arrondissements corrompus, les pots de vin étalés en première page, la BAC nord mise aux arrêts pour traffic de stups et assasisnats, le représentant d’Unicil vu avec un policier discutant du meilleur endroit où entrer pour expulser et enfin les deux policiers qui sont clairement entrés sur la zone pour faire un repérage.
(...)
Bref les nouveaux zadistes se sont fait eu. Comme sur toutes les Zad il y a eu les flics qui s’incrustent, les rumeurs en tout genre, les engeulades sans fin, les hurluberlus tenant des propos d’un autre monde - mais c’était cool. Aussi j’espère que Marseille verra d’autres tentatives de conservation de terrain inutile, avec autant de scènes épiques que celles que l’on a vues les 10 derniers jours, et surtout que les prochaines tentatives se nourriront un peu de l’expérience si vite acquise au square Michel Lévy, de manière à avoir le temps de grossir, jusqu’à réussir et, qui plus est, s’étendre !
Lu sur le site Lundi

expultion du parc




