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A Nantes, les blessés se fédèrent et l’Etat frappe
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://paris-luttes.info/a-nantes-les-blesses-se-federent-2720
Retour bref sur la semaine de Résistances à Nantes du 16 au 22 février.
Toute la semaine dernière, les Nantais organisaient une semaine de résistance [1] autour de la question des violences policières, sociales et économiques.
Les discussions ont battu leur plein, amenant dans les bars amis [2] bien plus de participant-e-s que prévu. Ce fut l’occasion pour beaucoup de se rencontrer et d’en apprendre davantage sur des sujets encore trop méconnus.
Le samedi, entre 1500 et 3000 personnes ont défilé dans les rues de Nantes après un pique-nique organisé sur le square Daviais. La manifestation a rassemblé de nombreuses personnes d’autres villes, venues pour soutenir l’initiative des blessés un an après la fusillade du 22 février 2014 [3], qui avait laissé derrière elles de nombreux blessés, et notamment trois personnes éborgnées par des tirs de LBD [4].
Parmi les manifestant-e-s, des blessés et leurs soutiens tenaient la banderole de tête. Elles/ils ont tenu une conférence de presse le matin même.
Le cortège a pu emprunter des artères du centre-ville qui avaient été interdites lors des précédentes manifestations, avant de redémarrer le trajet une seconde fois depuis le square Daviais, et alors que des altercations avait déjà eu lieu devant plusieurs barrages de police quelques minutes auparavant, avec des interpellations.
C’est à renfort de plusieurs canons à eau, mais aussi de sa désormais fameuse horde de BACeux que la police de Nantes s’en est de nouveau prise aux manifestant-e-s en fin de manifestation. LBD pointés à hauteur de tête, la BAC a tiré en chargeant la foule, blessant une quinzaine de personnes à la main, au crâne, au torse, aux jambes ainsi qu’à l’oreille.

Canon à eau en action, fin de manif
Une dizaine de personnes a également été arrêtée, dont un certain nombre est passé en comparution immédiate au cours des trois jours suivants.
La juge Monchy-Dubuis a frappé fort, donnant en partie raison aux lourdes réquisitions d’une procureure fanatique.
- Le premier, accusé de "violence sur flic sans ITT", de "rébellion", et de "participation à un attroupement avec arme" (une pierre), a été condamné à 6 mois de prison dont 4 assortis d’un sursis simple + 3 ans d’interdiction de Loire-Atlantique + 400 euros de préjudice moral à verser aux quatre agents de la BAC qui l’ont interpellé + 300 euros de dommages et intérêts supplémentaires à verser aux flics.
- Le second, accusé de "violence sur flic sans ITT", a été condamné à 6 mois de prison dont 4 assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve de 2 ans + mandat de dépôt + 250 euros de dommages et intérêts à l’agent de la BAC qui l’a interpellé.
- Le troisième, accusé de "violence sur flic sans ITT", de "rébellion", et de "participation à un attroupement avec arme", a été condamné à 6 mois de prison dont 3 assortis du sursis + interdiction de Loire-Atlantique pendant 2 ans + 200 euros de dommages et intérêts pour les deux flics qui l’ont arrêté.
Ce mardi, une quatrième personne est passée en comparution immédiate avec la même procureure, mais un autre juge :
- Il a été condamné à 1 an de prison assorti d’un sursis simple + interdiction de Loire-Atlantique pendant 3 ans + 500 euros de dommages et intérêts pour chacun des deux flics bousculés lors de son interpellation + 400 euros de dommages et intérêts pour chacun des deux autres flics « choqués » lors de son interpellation.
La procureure ne s’est pas privée de faire une allusion à l’attentat de Charlie Hebdo pour juger que le message de la manifestation, "la police tue, la police mutile", était inacceptable. Les blessés et proches de victimes de la police sauront apprécier ce parti-pris imbécile de la justice bourgeoise.
Au delà de la répression féroce qui s’est encore une fois abattue, cette semaine écoulée apporte beaucoup d’espoirs dans la lutte qui se construit depuis plusieurs mois autour des personnes touchées par la violence de l’Etat.




