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Le mirage d’une élection sans perdant
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://fressoz.blog.lemonde.fr/2015/03/23/dimanche-22-mars-le-mirage-dune-election-sans-perdant/
Dimanche 22 mars, ils avaient tous gagné : le perdant comme les gagnants du premier tour des élections départementales et cette illusion n'était pas seulement le résultat d'une communication travaillée en amont. Elle relevait aussi de l'installation du tripartisme dans le paysage politique, configuration nettement moins binaire que le bipartisme et qui, du coup, laisse ouvert le champ des interprétations jusqu'à ce que le second tour joue vraiment le juge de paix.
Soit donc le perdant, le Parti socialiste dont le chef de campagne – en l'occurrence Manuel Valls, bien plus que Jean-Christophe Cambadélis – a fondé toute sa stratégie sur la peur du Front national et la nécessité d'y faire barrage. Le FN ne se place pas en tête, contrairement à ce que prédisaient la plupart des sondages ; la participation des électeurs est plus forte que celle que ces mêmes instituts prévoyaient : le premier ministre peut légitimement invoquer une petite victoire. La gauche n'est pas le grand malade qu'on disait, il suffit de la solliciter, de la réveiller et de la mobiliser. C'est en tout cas ce que Manuel Valls est venu proclamer à la télévision en prenant de vitesse toutes les autres personnalités politiques.
La réalité est cependant que le PS arrive bon dernier, loin derrière l'UMP (32,5 % selon l'estimation Ipsos Steria) et le Front national (25 %), victime à la fois de la dévitalisation de la gauche et de ses divisions.
Non seulement Marine le Pen est confortée, réalisant 10 points de plus que lors des élections cantonales de 2011, mais Nicolas Sarkozy réapparaît en leader potentiel de la droite après des débuts difficiles à la tête de l'UMP. Deux leaders face à un exécutif qui ne parvient pas à faire ses preuves. Pas franchement une bonne nouvelle.
Toutefois, le tripartisme vient de nouveau en aide à Manuel Valls. Le fait est que la poussée de l'UMP est nettement freinée par la pérennisation du haut niveau du FN dans le paysage politique. Aussi, lorsque le premier ministre raisonne bloc contre bloc en totalisant toutes les voix de la gauche et en les comparant à toutes celles de la droite, un petit miracle se produit : selon les estimations Ipsos Steria, la droite totalise environ 36,4 % des suffrages, tout comme la gauche. Le combat n'est pas perdu.
En réalité, les voix de gauche que tente d'additionner le premier ministre sont devenues quasiment irréductibles : celles du PS et de ses alliés d'un côté, du Front de gauche et de quelques possibles alliés écologistes de l'autre. Fondre ces deux électorats relève d'une mission impossible tant les différends sur le plan économique et social se sont creusés depuis 2012, notamment depuis l'installation à Matignon de Manuel Valls, il y a un an.
Grâce à la présence du FN, il existe cependant une petite possibilité de ressouder la gauche. Non pas sur la politique économique mais sur la thématique de l'union républicaine et du barrage anti-Le Pen. C'est ce que va tenter Manuel Valls au cours d'un entre-deux-tours qui s'annonce aussi dynamique que la campagne du premier tour. Avec, une fois encore, des attaques garanties contre Nicolas Sarkozy qui a réaffirmé dimanche soir la règle du « ni-ni ».
Le premier ministre sait très bien qu'il ne peut pas gagner. En revanche, il peut encore espérer limiter les gains de l'UMP dans un contexte où les triangulaires seront plus nombreuses que prévu. Leur nombre était dimanche soir la vraie surprise du premier tour, révélant toute la complexité du tripartisme qui empêche qu'un vaincu reconnaisse sa défaite et qu'un vainqueur ose proclamer son triomphe.




