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La Fnac supprime 510 postes
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
INTERVIEW - Frappé de plein fouet par la crise, le distributeur de produits culturels lance un plan d'économies de 80 millions d'euros. Son Pdg Alexandre Bompard s'explique.
Moins de six mois après avoir présenté son plan de relance de la Fnac, Alexandre Bompard, Pdg de cette filiale de PPR depuis un an, annonce un plan d'économies sans précédent. Deux fois plus lourd que celui mis en œuvre en 2009 avec, à l'époque 35 millions d'euros de réduction des coûts et 400 postes supprimés. En France, plus de 20% des fonctions support (310 postes sur 1500) vont disparaître.
LE FIGARO - Pourquoi supprimer 510 postes six mois après l'annonce d'un ambitieux plan de développement?
Alexandre BOMPARD. - Le plan de développement Fnac 2015 est la réponse aux défis structurels auxquels la Fnac doit faire face. Celui présenté vendredi est une réponse à la crise économique qui sévit notamment en Europe du Sud où nous sommes implantés et à la décélération sans précédent de nos marchés depuis 6 mois. Le marché des produits culturels baissait d'environ 2% chaque année depuis 2006, il a reculé de plus de 5% en 2011. Celui des produits techniques, en croissance depuis 2006, chute de près de 10% depuis le mois de mai. Même si nous avons gagné des parts de marché, notre chiffre d'affaires global a reculé de 3,2% en 2011 (et de 5,4% sur nos magasins, avec une forte décélération depuis 9 mois). Notre résultat opérationnel annuel a été réduit de moitié en raison de la pression accrue sur nos marges et de l'augmentation mécanique de nos coûts. Rien ne laissant entrevoir une amélioration, nous avons décidé de mettre en œuvre un plan devant générer 80 millions d'euros d'économies en année pleine.
Comment comptez-vous économisez 80 millions d'euros?
Ce plan est aujourd'hui nécessaire pour assurer l'avenir de la Fnac. Il repose d'abord sur un important programme de réduction des frais généraux incluant la baisse de nos dépenses courantes, la renégociation systématique de nos conditions locatives et la revue générale de nos contrats de prestations techniques. Il comporte également le gel des recrutements, une politique de modération salariale et la suppression de 310 postes en France, portant uniquement sur les fonctions supports. À l'international, nous supprimerons 200 postes par le non remplacement de départs et rationaliserons nos implantations.
Envisagez-vous de sortir de certains pays?
Le pilotage des magasins suisses s'effectuera depuis la France et en Italie, où nous n'avons pas atteint la taille critique et où les conditions d'exploitations en propre ne sont plus réunies, nous étudions toutes les options possibles et prendrons une décision au cours de l'année.
N'est-t-il pas risqué d'annoncer des suppressions de postes à 100 jours de l'élection présidentielle?
Ma responsabilité est d'assurer la pérennité de la Fnac. Face à une situation économique très dégradée, rien ne serait plus dangereux pour l'avenir que de ne pas prendre les mesures quand elles doivent l'être. Les suppressions de postes en France reposent sur un plan de départs volontaires dont nous souhaitons qu'il soit exemplaire. Aujourd'hui, l'entreprise est en mesure de bien accompagner les salariés concernés, en visant en priorité un large reclassement interne et en accordant une grande attention aux mesures sociales et aux projets de reconversion. Je vous rappelle que ce plan ne concerne ni les forces de vente, ni fnac.com, qui sont le cœur de notre stratégie commerciale.
Comment allez-vous continuez à mobiliser les équipes?
Le plan stratégique reste notre feuille de route. En 4 mois, grâce à la mobilisation des équipes, nous avons pris des initiatives majeures pour l'avenir de notre entreprise: installation dans les gares et aéroports avec des résultats déjà très prometteurs, pénétration du marché de la téléphonie avec SFR (+25 % dans les magasins où les corners sont installés), innovation avec le Kobo by Fnac dont les ventes dépassent tous les objectifs que nous nous étions fixés: 50.000 exemplaires en 6 semaines ce qui en fait le produit le plus vendu à la Fnac, après l'iPad 2..
La crise remet-t-elle en cause votre plan de relance?
Non. La Fnac ne peut réussir qu'en menant de front l'abaissement de ses coûts de structure et un développement offensif pour déployer de nouveaux relais de croissance. C'est pourquoi 2012 sera l'année de la montée en puissance du plan Fnac 2015 avec des investissements en augmentation grâce au soutien de PPR. Nous ouvrirons plus d'une dizaine de magasins sous différents formats, avec notamment l'inauguration de nos magasins de proximité. Dans les magasins existants, nous allons innover avec notre nouveau concept commercial: 20 univers jeunesse et 24 espaces services verront le jour s'ajoutant ainsi à la généralisation des espaces téléphonie. Des initiatives importantes seront prises pour développer Fnac.com avec une offre élargie de produits, un nouveau site pour mobile, des bornes fnac.com dans nos magasins...
Quand le plan aura-t-il un impact sur le chiffre d'affaires dans les magasins?
Tout laisse à penser que 2012 sera une année difficile pour nos marchés. Mais le plan 2015 a un seul objectif: assurer le leadership de la Fnac et la placer en position de force lorsque les conditions économiques seront meilleures.
Avez-vous reculé l'échéance de la cession de la Fnac prévu par PPR?
Les plans d'économies et Fnac 2015 visent à assurer l'avenir de l'enseigne. Ils n'ont aucun lien avec le projet de cession.




