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Les syndicats montent au créneau jeudi contre "l’austérité"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
PARIS, 7 avr 2015 (AFP) - Quatre syndicats - CGT, FO, FSU, Solidaires - appellent à la grève et à une grande manifestation nationale jeudi à Paris pour dénoncer "l'austérité" et pour se "faire entendre du gouvernement", après les élections départementales marquées par la défaite du PS et l'enracinement du FN.
L'action, décidée lors d'une intersyndicale le 17 février, vise à "lutter contre l'austérité et ses impacts destructeurs" et à "faire converger" des récents conflits notamment dans la santé, l'énergie, chez les routiers.
Les syndicats contestataires défileront en l'absence des réformistes - CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa - partisans de la négociation plutôt que de la rue.
Si FO prépare activement la grève interprofessionnelle, votée lors de son dernier congrès, la CGT, elle, mise surtout sur la manifestation nationale parisienne qui partira à 13H00 de République en direction des Invalides.
La centrale a prévu "plus de 250 cars" venant de toute la France pour acheminer les manifestants, d'autres s'étant inscrits pour venir par le train. Soixante-cinq défilés sont également programmés en région.
Côté grève, près de 460 syndicats d'entreprises publiques et privées y appellent, selon la CGT.
Plusieurs des principaux syndicats d'enseignants et de personnels de l'Éducation nationale ont aussi appelé à la grève, notamment le SNUipp-FSU (1er syndicat du primaire), et le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire.
De leur côté, les contrôleurs aériens ont décidé d'une grève mercredi et jeudi, au sujet de l'organisation de leur travail, sans lien avec l'appel des confédérations.
A la SNCF, la CGT n'a pas déposé de préavis de grève, à l'inverse de SUD-Rail. FO a déposé des préavis locaux.
La SNCF prévoit un trafic normal sur les grandes lignes et sur le réseau francilien, a-t-elle indiqué à l'AFP. La RATP ne prévoit aucun impact sur la circulation.
- 'Mettre le paquet' -
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En organisant un défilé national, la CGT veut rompre avec les journées d'action des deux dernières années qui étaient de moins en moins suivies. La journée du 26 juin 2014 à l'appel de la seule CGT n'avait rassemblé que 4.800 personnes à Paris, selon la police, et celle du 14 octobre 2014 pour la défense de la Sécurité sociale, 5.500. La CGT elle-même n'avait pas fourni d'estimation.
"Les syndicats vont mettre le paquet, il y aura du monde. Ils vont faire en sorte que ce ne soit pas un échec", estime une source gouvernementale.
La CGT avance "dix bonnes raisons" pour descendre dans la rue, partagées par les autres syndicats, notamment obtenir des "augmentations de salaires", "en finir" avec le gel des salaires des fonctionnaires, et "dire non au projet de loi Macron".
La mobilisation intervient dans un contexte social chargé: les syndicats sont inquiets de la demande patronale d'une révision du contrat de travail - rejetée pour le moment par le gouvernement - et du projet de loi sur le dialogue social.
Au vu des résultats des départementales, ils préviennent: "Il y a un mécontentement, il faut être aveugle pour ne pas le voir", affirme Jean-Claude Mailly (FO), ajoutant: "Il faut combattre l'austérité et ses effets néfastes et se faire entendre par le gouvernement."
Pour Philippe Martinez, les salariés ont "sanctionné la gauche". "Il faut arrêter l'austérité dont le résultat est le chômage et la montée de la xénophobie."
Le ministre du Travail François Rebsamen s'est inscrit en faux mardi: "il n'y pas en France de politique d'austérité" et "le pouvoir d'achat a augmenté de 1,1% en 2014". "Nous menons une politique de redressement des comptes de ce pays, dans la solidarité', a-t-il lancé.
La récrimination des syndicats rejoint celle de politiques : les écologistes ont demandé un "changement de cap", et Martine Aubry, maire de Lille, un infléchissement en faveur "de l'emploi et de la croissance".
A gauche, Lutte ouvrière, le NPA et le Front de gauche soutiennent l'initiative syndicale.
De son côté, le leader de la CFDT Laurent Berger ne voit "pas d'austérité" en France, mais des "inégalités".
Irrité, Jean-Claude Mailly a accusé son homologue d'être "de facto complice" de la montée du Front national. La CFDT n'a "de leçon à recevoir de personne" en matière de défense des salariés, a rétorqué sèchement M. Berger.




