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Le gouvernement veut déminer la colère étudiante
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Najat Vallaud-Belkacem a multiplié les signes d'apaisement à l'ouverture du congrès de l'UNEF, jeudi, à Nantes
Malgré les tensions et les déceptions, la rupture n'est pas consommée entre le gouvernement et le syndicat étudiant UNEF. C'est ce qu'a voulu démontrer la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, Najat Vallaud-Belkacem, en prenant la parole lors de l'ouverture du congrès étudiant à Nantes, jeudi 9 avril. La ministre a donc apporté des réponses rassurantes aux inquiétudes les plus brûlantes, comme les budgets des universités, les bourses étudiantes ou les aides au logement. Elle a aussi déminé les sujets sensibles, comme celui de la sélection à l'université.
Pour autant, loin des mesures fortes attendues par les congressistes, la ministre a surtout gagné du temps pour négocier, annonçant " une concertation pour élaborer un plan national de vie étudiante " devant déboucher sur des mesures lors des deux prochaines rentrées. Cette annonce, si elle offre un cadre de dialogue, ne répond pas vraiment aux revendications portées par les quelques centaines de participants qui l'attendaient jeudi dans l'amphithéâtre du palais des congrès.
" Les discours sur le thème “On vous a compris”, ça ne porte plus ! Les avancées sont à la marge ", a regretté Lara Bakech, présidente de l'UNEF Paris-III et étudiante en médiation culturelle. " Il y a une défiance et une indignation que les institutions ont du mal à capter ", soulignait aussi Eloi Tardy-Planechaud, étudiant en droit à Bordeaux où il préside l'UNEF.
Dans son discours d'accueil et " d'interpellation " de la ministre, le président de l'UNEF, William Martinet, a d'ailleurs exprimé son sentiment que la " priorité jeunesse ", affichée par François Hollande lors de sa campagne électorale de 2012 et au début de son mandat, avait été" rétrogradée " depuis. Le syndicat peine pour l'instant à mobiliser contre l'austérité. Mais il n'entend pas rester inerte. " Ne comptez pas sur notre résignation ", a prévenu William Martinet.
Mme Vallaud-Belkacem, désormais en première ligne pour s'occuper des universités depuis la démission de sa secrétaire d'Etat, Geneviève Fioraso, le 5 mars, en avait visiblement conscience. Elle a annoncé que les bourses étudiantes 2015 seraient calculées sur la base des mêmes critères qu'en 2014, dissipant les inquiétudes sur les mesures d'économies envisagées par Bercy sur ce point. L'enjeu était majeur : la revalorisation des bourses et leur élargissement à 160 000 nouveaux bénéficiaires ont été la demande phare de l'UNEF, satisfaite au début du quinquennat, pour un coût de 200 millions d'euros.
Aide au logement
Autre motif d'inquiétude : les aides au logement. Il n'est plus question d'y toucher, un soulagement pour les quelque 800 000 bénéficiaires. Quant à la dotation publique 2015 aux établissements d'enseignement supérieur – qui attendent toujours qu'elle leur soit notifiée –, Mme Vallaud-Belkacem a annoncé qu'elle avait limité les dégâts, alors que Bercy souhaitait prélever 100 millions d'euros dans leur trésorerie. " Je me suis battue, et j'ai obtenu gain de cause, pour que la mobilisation des fonds de roulement soit ponctuelle, d'un montant très limité, et surtout pour que cette somme soit redéployée au bénéfice de tous les établissements d'enseignement supérieur ", a-t-elleassuré. Les établissements devraient connaître leur dotation le 27 avril.
Mme Vallaud-Belkacem a également déminé d'autres terrains sensibles, soulignant son opposition à la sélection à l'entrée à l'université ou en master, même sous la forme déguisée d'une hausse des droits d'inscription. Elle a aussi rappelé son soutien au régime de Sécurité sociale étudiante et au processus de sauvetage en cours de La Mutuelle des étudiants (LMDE, ex-MNEF). Elle s'est engagée à faire aboutir le chantier des 50 000 logements étudiants promis avant la fin du quinquennat. Sa marge de manœuvre paraît néanmoins limitée pour satisfaire les nouvelles demandes des étudiants.
Poliment mais fermement dubitatif à l'issue de la journée, William Martinet prévient : " L'UNEF va mener toutes les batailles nécessaires. On ira se mobiliser dans toutes les universités où il y a des coupes budgétaires. On ne se laissera pas enfermer dans un débat technique car on constate sur le terrain une dégradation des conditions d'études. " En pariant que ces situations tendues permettront une mobilisation plus forte à l'avenir.
" Gadgets "
Reste que le syndicat étudiant se trouve dans une situation compliquée. Sa proximité avec le Parti socialiste ne facilite pas sa critique du gouvernement, alors même que sa base s'impatiente face aux difficultés budgétaires et aux mutations à l'œuvre dans les universités. D'autant plus que si l'UNEF a remporté les élections aux œuvres universitaires en novembre 2014 avec l'un des meilleurs scores de son histoire, le syndicat a essuyé des déceptions dans plusieurs élections universitaires récentes. Son principal concurrent, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), la talonne désormais, au point que le paysage syndical est désormais marqué par une véritable bipolarisation.
Cette compétition pourrait aiguiser les revendications. Pour l'UNEF, l'heure de vérité semble toutefois reportée à l'issue de la concertation lancée par Mme Vallaud-Belkacem. " Nous allons nous investir dans ces discussions sur la vie étudiante mais nous n'allons pas nous satisfaire de gadgets ", prévient le président de l'UNEF, qui souhaite de nouvelles avancées sur les bourses étudiantes, préparant l'instauration d'une allocation universelle d'autonomie pour les étudiants. La négociation n'est pas gagnée.
Adrien de Tricornot




