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Le fondamentalisme islamique: ennemi ou allié de l’impérialisme ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Depuis bientôt 15 ans, la France, comme d’autres puissances impérialistes, justifie les guerres qu’elle mène par la nécessité de combattre le « djihadisme ». Selon Manuel Valls, « la France est en guerre contre le terrorisme ». Du Mali à l’Irak, les théâtres d'opérations de l’armée française se multiplient au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste, « ennemi du monde libre et de la civilisation ». Parallèlement, la France prétend soutenir au Moyen-Orient les forces qui œuvrent pour la démocratie et le progrès humain. Selon les mots de François Hollande, justifiant la livraison d’armes aux rebelles syriens, « nous ne pouvons laisser sans armes les seuls Syriens qui préparent la démocratie. » (France 24 – 21 août 2014).
La réalité ne correspond pas du tout à cette propagande. Pour commencer, le principal allié de l’impérialisme au Moyen-Orient est l’Arabie Saoudite, qui s’est par exemple proposée comme intermédiaire dans la vente d’armes françaises au Liban, en novembre dernier. Le royaume saoudien est un régime dictatorial et intégriste. Les travailleurs, les femmes et les minorités n’y ont aucun droit. Les travailleurs étrangers sont traités comme des esclaves et les opposants sont régulièrement condamnés au fouet ou à la pendaison. Tout cela n’empêche pas la France d’être son deuxième fournisseur d’armes, après les Etats-Unis. De plus, le soutien des dirigeants saoudiens au fondamentalisme islamiste – utilisé pour combattre les Soviétiques, puis l’Iran – a mené au développement d’Al-Qaïda, puis de l’Etat Islamique, avec l’appui des Etats-Unis et des puissances occidentales.
Il y a moins de deux ans, l’Etat Islamique était un allié « légitime » dans la lutte contre le régime syrien de Bachar Al-Assad. Ce qui était encore l’Etat Islamique en Irak et au Levant recevait des armes de l’OTAN via l’Arabie Saoudite et la Turquie, alors que ses exactions n’étaient pas moins abominables qu’aujourd’hui. La seule différence était que l’EI combattait principalement le régime syrien. Mais lorsqu’il a privilégié son propre agenda et s’est attaqué à l’Etat irakien, allié des impérialistes, la France et l’OTAN ont commencé à le combattre. La même chose s’était produite avec Al-Qaïda et les talibans – qui, dans les années 80 et 90, étaient soutenus par les Etats-Unis via l’Arabie Saoudite et le Pakistan.
Par ailleurs, en Syrie, la France livre des armes de façon officielle, depuis l’été dernier, à l’Armée Syrienne Libre. Mais dans les faits, cette armée est représentée, sur le terrain, par le Front Islamique. Celui-ci a présenté en novembre 2013 son programme, qui est très éloigné de ce qu’en dit la propagande impérialiste. Ce groupe combat pour l’instauration d’un Etat islamique qui serait dirigé par un conseil religieux non élu. Voilà qui ne cadre pas vraiment avec ce qu’en dit François Hollande !
De même, lorsqu’ils sont intervenus militairement en Libye, les impérialistes français ont soutenu les éléments les plus réactionnaires de l’opposition à Kadhafi, pour s’assurer que le pouvoir ne tomberait pas entre les mains des masses libyennes. Le gouvernement français a armé, financé et appuyé les franges islamistes de la rébellion, comme ils l’ont fait en Syrie par la suite. Aux portes du pouvoir grâce à l’aide occidentale, les islamistes libyens n’ont pas jugé utile de s’arrêter en si bon chemin : une deuxième guerre civile a éclaté, opposant les factions rivales des anciens alliés de l’OTAN. La situation est devenue tellement chaotique, dans le pays, qu’elle menace désormais les intérêts de l’impérialisme dans le bassin méditerranéen et dans le Sahel. En conséquence, des rumeurs d’une deuxième intervention militaire de l’OTAN en Libye se multiplient depuis le mois de décembre.
L’impérialisme n’a rien à offrir aux peuples victimes des islamistes ou des dictatures militaires, sinon de nouveaux dictateurs, la misère et des guerres sans fin. C’est aux travailleurs de ces pays de se défendre et de renverser tous leurs ennemis, qu’ils soient alliés ou « ennemis » temporaires des impérialistes. Quant au mouvement ouvrier français, il a le devoir de dénoncer et de combattre les machinations de sa classe dirigeante.




