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Alain Juppé et la tentation de l’extrême-gauche en 1968
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
LE SCAN POLITIQUE - Le candidat à la primaire UMP pour l'élection présidentielle de 2017 raconte avoir participé à une manifestation pendant mai 68. «J'étais curieux», explique-t-il.
Si Jacques Chirac a été un vendeur de L'Humanité-Dimanche dans les années 50, Alain Juppé aurait été un bref électeur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Invité de l'émission 13h15 le dimanche sur France 2, Alain Juppé a laissé entendre que son premier vote à une élection présidentielle, en 1969, avait été en faveur de l'extrême gauche. «Je trouvais que le candidat officiel (Georges Pompidou, ndlr) manquait un peu de punch. Je me suis dit ‘je vais voter Krivine' pour manifester ma mauvaise humeur au premier tour».
«Au deuxième tour, je suis rentré dans le rang», souligne aussitôt l'ancien premier ministre, candidat à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017. Ajoutant: «Je préfère la raison à la folie d'une façon générale, dans la politique et dans la vie. On a besoin de fous, ce sont les artistes, mais les hommes politiques il vaut mieux qu'ils soient raisonnables».
En 2012, interrogé parSud-Ouest, il démentait pourtant avoir voté pour Alain Krivine dès le premier tour: «J'étais étudiant, c'était dans l'air du temps. Cela m'a effectivement traversé l'esprit mais la raison l'a emporté et j'ai donné ma voix au général de Gaulle». Pourtant, en 1969, le général de Gaulle n'était pas candidat.
«Je préférais avoir raison avec Aron que tord avec Sartre»
Toutefois, l'élection présidentielle de 1969 n'aurait pas été la seule expérience d'Alain Juppé avec l'extrême-gauche. «Je baignais dans un milieu marxiste althusserien», souligne-t-il pour parler de ses années étudiantes à l'Ecole normale supérieure. Ainsi, en 1968, le maire de Bordeaux confesse avoir manifesté dans les rues de la capitale: «J'ai défilé une fois, oui, j'étais pris dans le bain d'une manifestation qui allait de la rue Saint-Guillaume jusqu'au ministère. J'étais curieux. Je suis allé écouter les débats dans l'amphi Richelieu de la Sorbonne, à l'Odéon. Ça m'intéressais donc je n'étais pas du tout fermé à cette ébullition».
Mais hormis ces deux incartades, Alain Juppé assure avoir été toujours de droite. «Quand on était un tant soit peu développé du côté de ses neurones, on ne pouvait pas ne pas être à gauche. Et comme j'ai l'esprit de contradiction, je me suis dit ‘je ne vais pas me laisser impressionner par tout cela donc je suis à droite'». «Je préférais avoir raison avec Aron que tort avec Sartre», s'amuse l'ancien premier ministre, allusion à la célèbre assertion.




