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Grève du nettoyage à la BNF. Victoire
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le 9 avril, les agents de nettoyage de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) ont débrayé contre la dégradation de leurs conditions de travail. La grève a duré 13 jours. Elle a porté sur l’augmentation du volume horaire de travail pour les agents à temps partiel, sur les salaires et les primes ainsi que la requalification de trois d’entre eux ; une lutte qui s’inscrit dans un contexte national marqué par un regain de bagarres autour des questions de précarité et de salaire depuis quelques mois. Soutenus localement par la section Sud Culture de la BNF, Solidaires étudiant-e-s et par bon nombre d’usagers de la bibliothèque, les grévistes ont fini par avoir gain de cause sur la plupart de leurs revendications.
La quasi-totalité des agents de nettoyage de la BNF, 42 sur 44, ont choisi le 9 avril pour débuter leur grève. Cette première vraie journée nationale de mobilisation interprofessionnelle contre Hollande a été l’occasion pour des dizaines de milliers de travailleurs pour exprimer leur opposition aux politiques anti-sociales du gouvernement. A la BNF, les agents se sont également saisi de cette journée pour dire leur ras-le-bol face à la dégradation de leurs conditions de travail.
Une grève de la précarité
Depuis l’attribution du contrat de nettoyage à leur employeur, Onet Propreté et Services, en 2013, les conditions de travail vont en empirant. Dès la reprise du chantier par Onet, de nombreux départs anticipés ont été négociés afin de réaliser des économies sur le dos des employés. Ils étaient ainsi 61 en janvier 2013 et ne sont plus aujourd’hui que 44, alors que la charge de travail globale n’a pas diminué. Ainsi, une quantité toujours plus importante de travail repose sur les épaules d’un nombre toujours plus réduit d’agents, jusqu’au point de devenir ingérable pour eux. S’ajoute à cela des salaires dépassant à peine les 850 euros par mois après 20 ans de service, des temps partiels précaires et des heures supplémentaires non payées.
Dans le passé, les agents d’entretien de la BNF ont déjà mené des grèves sur des revendications semblables : c’est le drame de la sous-traitance. A chaque reprise du marché par un nouvel employeur, les salariés restent, mais leurs acquis s’en vont. Tout ce que les travailleurs ont pu gagner par leurs luttes passées est ainsi systématiquement remis en cause. En 2010, ils mené une grève de plusieurs jours pour faire respecter le paiement de la prime de fin d’année, la prise en compte de l’ancienneté ou la reconnaissance de leurs représentants syndicaux. En 2013, constatant la menace qui pesait contre ces acquis, ils se sont à nouveau mobilisés pour imposer le respect du paiement de leurs primes, de la majoration du dimanche, du droit syndical ou encore du maintien des effectifs.
Onet joue la provocation, la BNF fait la sourde oreille, mais les salariés gagnent !
Pendant plusieurs jours, Onet a préféré jouer la carte de la provocation plutôt que de négocier. La direction de l’entreprise a ainsi soutenu aux grévistes qu’ils pouvaient continuer encore trois mois mais qu’elle ne céderait sur rien. Dans un premier temps, cette stratégie a été appuyée par la direction de la BNF qui s’est dédouanée de toute responsabilité dans l’affaire, affirmant qu’elle n’était pas concernée par les conflits concernant les sociétés sous-traitantes intervenant au sein de la bibliothèque. Mais grâce à une pétition et aux rassemblements quotidiens dans le hall d’entrée, les grévistes, avec le soutien des lecteurs, ont pu mettre la pression sur la BNF pour qu’elle intervienne enfin auprès d’Onet en tant que véritable donneuse d’ordres.
Ainsi, les grévistes ont finalement remporté la mise avec l’embauche de trois employés précaires en CDI, 100 heures supplémentaires à répartir entre les agents, la mise en place d’un treizième mois et le paiement de plusieurs jours de grève. Onet s’est engagé par ailleurs à ne prendre aucune sanction contre les agents ayant exercé leur droit de grève.
C’est donc une victoire qu’ont remportée les agents du nettoyage de la BNF. Malgré le recul de Onet, cependant, les droits acquis ne sont que précaires. La seule véritable solution à cette remise en cause permanente des acquis serait, en dernière instance l’internalisation des services aujourd’hui sous-traités ainsi que la titularisation de tous les personnels travaillant, de près ou de loin, avec la fonction publique, avec les mêmes droits, les mêmes grilles indiciaires et le même échelon en fonction de l’ancienneté. Un combat qui pourrait se généraliser à toutes les trois fonctions publiques où la précarité et la sous-traitance est de plus en plus présente.
27/04/15




