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La Léchère : Plus de 150 personnes devant les grilles de Graftech
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le Dauphiné Libéré, 14 mai 2015 :
Les délégués syndicaux, les élus et les salariés le martèlent depuis le début : la fermeture de l’usine Graftech de Notre-Dame-de-Briançon est injustifiée. Le rapport d’enquête rendu hier par l’expert indépendant, mandaté par les salariés, semble l’attester.

« Ce rapport tend à prouver que si la situation est délicate, la fin n’était pas inéluctable ou en tout cas pas urgente, a assuré Bertrand Perron, secrétaire du comité central d’entreprise (CCE), lors du rassemblement de 150 personnes devant l’usine, hier. Et si elle l’était, des décisions auraient dû être prises bien en amont, notamment en novembre et en février quand nous avons demandé les orientations stratégiques de l’entreprise et que l’on n’a pas été capable de nous répondre. »
« C’est toujours facile de réécrire l’histoire », a tenu à réagir le directeur du site, Christophe Delayre. Selon lui, l’expert a aussi constaté que « de nombreuses tentatives de stratégies avaient été mises en place » et que « si celles-ci n’avaient pas pu aboutir, ce n’était pas pour des raisons internes mais à cause du marché ».
Pas de quoi convaincre les salariés, en grève hier toute la journée. Pour eux, ce rapport vient confirmer qu’ils sont « les victimes d’une logique financière ». D’autant que le groupe a annoncé début mai avoir reçu une offre de prise de participation de 20 % pour le moment, de la part d’un fonds d’investissements américain : Brookfield Assets. « On ne peut pas être dupe, a réagi Jean-Marc Ruffier, délégué CGT du site. Le plan a commencé début avril, et au mois de mai on annonce le rachat. » Selon lui, le groupe « effectue un “nettoyage” pour permettre cette OPA ».
Prochains grands rendez-vous les 19 et 20 mai
Prochaines rencontres importantes : le 19 mai avec l’agence économique de Savoie, sur d’éventuelles solutions de réindustrialisation ; et le 20 mai, avec une réunion de négociations du plan de sauvegarde de l’emploi, entre délégués syndicaux et direction. Le 4 juin, se tiendra le dernier CCE qui devra alors donner son avis sur le plan de sauvegarde de l’emploi.
Il reste donc peu de temps aux salariés pour tenter d’inverser la tendance. « Nous demandons toujours un moratoire pour que le PSE soit suspendu et que nous ayons le temps de trouver d’autres solutions », a rappelé Jean-Marc Ruffier.
Dernière action en date : les salariés ont écrit à l’ensemble des présidents de groupes de l’Assemblée nationale et du Sénat. « Nous avons déjà eu deux retours, dont celui du président du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine, NDLR), André Chassaigne, qui a posé une question écrite au ministre du Travail », s’est-il félicité. Affaire à suivre.




