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Usine Kaiser à Longuyon : des salariés en colère
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
https://communismeouvrier.wordpress.com/2015/05/30/usine-kaiser-a-longuyon-des-salaries-en-colere/
Le Républicain Lorrain, 30 mai 2015 :
L’usine Kaiser de Longuyon est censée produire des bennes, plateaux de transport, porte engins, etc. Sauf que les matières premières ne rentrent plus, et que les relations entre la nouvelle direction et les salariés sont exécrables.

Quelle différence ! Alors que les nouveaux repreneurs de l’usine Kaiser ont reçu les élus locaux et régionaux en matinée, avec des discours rassurants à tous les étages, un rassemblement s’est tenu hier en début d’après-midi devant les grilles.
Et les mots ont été tout autres, et très durs. « On a prévenu tout le monde : député, maire, conseillers départementaux, et même les forces de l’ordre. L’inspection du travail a été alertée. Les conflits sont quotidiens depuis sept mois. »
« Ça va mal finir »
Autour de Bernard Blondin et Brigitte Lambert, représentants CGT, près d’une quarantaine de leurs collègues parlent, les mains tremblantes, les larmes aux yeux.
« On n’est pas intervenus ce matin car on savait que c’était de la comédie, et que les participants à cette réunion savent tous ce qu’il se passe réellement. On n’a jamais connu une telle situation. On se fait tous qualifier d’ »incapables »… Et on subit la foudre ! Sauf que certains d’entre nous ne le supportent plus, et répondent. Ça va mal finir. »
Plusieurs cas d’arrêts maladie pour dépression ont déjà été recensés : un garde, une femme du bureau d’étude, un dessinateur… « Les jeunes recrues ne restent pas. Il y en a eu trois : le premier a tenu un jour, le deuxième trois jours, le troisième trois semaines. » Les employés ne croient plus en des lendemains qui chantent, après un tel départ.
« Ils nous coulent »
« On devait sortir 400 véhicules par an pour continuer l’activité, et on en est à 60 en sept mois. Et encore, on fait beaucoup de réparations de châssis fabriqués en Italie, sur les fameuses remorques K9-K10 tant vantées par la direction. Les matières premières ne rentrent pas assez : ferraille, tôle, essieux, etc. Les fournisseurs ont appris à être méfiants avec les anciens directeurs, et se font houspiller aujourd’hui. Ce n’est pas comme ça qu’on regagnera leur confiance. » Absence de ligne téléphonique extérieure pour le comité d’entreprise (CE) depuis cinq mois, budget du CE non payé, médecins longuyonnais qui s’alarment de l’augmentation des consultations de salariés de chez Kaiser, chronométrage d’activité sur certains postes, « absence d’investissement, pas même pour une perceuse, du savon ou des bleus de travail » : les exemples fusent, les sacs sont vidés. « Tout ça nous fait penser qu’ils ne sont pas respectueux. Ils veulent pousser les anciens à démissionner pour faire venir des jeunes, ce qui ne leur coûtera rien, alors que les départs en retraite si. On pourrait penser qu’ils n’ont pas les épaules assez larges pour gérer une telle entreprise. Kaiser était évaluée à plusieurs millions d’euros en 2000, ils l’ont rachetée pour 80 000 € en plus du déficit, en compagnie d’un site à Montélimar. Mais pour en faire quoi ? La détruire ? »
Avant de prendre congé, la quarantaine de salariés se remémore les discussions pour la reprise de leur usine. « On avait donné notre avis, un avis consultatif, en CE. Et on avait souligné notre préférence pour TR AX, de Lexy. On pense que ça n’aurait pas pu être pire avec eux. »
Des salariés de l’usine Kaiser, mécontents de leurs conditions de travail. « Il faut faire quelque chose, car on va dans le mur. »




