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Autriche : l’extrême droite de retour... par la gauche
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Libération) Le parti FPÖ revient au pouvoir par la petite porte des régionales. Il a annoncé vendredi après-midi sa participation à une coalition dans l’est du pays. Et c’est la gauche qui lui a tendu la main
En colère, des manifestants ont protesté vendredi devant le siège du parti social-démocrate (SPÖ) à Vienne. Ils reprochent à la formation de gauche d’offrir une réhabilitation à l’extrême droite (FPÖ) en lui proposant de gouverner avec elle le Land oriental du Burgenland, l’un de ses bastions viticoles, qui longe la frontière de la très brune Hongrie voisine.
La communauté juive autrichienne, traditionnellement la plus ouvertement hostile, le parti FPÖ ayant été fondé par d’anciens nazis, a également fait part de sa consternation. Tout comme le représentant des roms du Burgenland, une minorité représentée par un certain… Rudolf Sarközi !
Mais cette alliance rouge-brune de la carpe et du lapin semblait courue d’avance : il n’aura pas fallu une dizaine d’heures au représentant de la gauche, Hans Niessl, arrivé en tête des élections régionales au mois de mai dernier, pour s’entendre avec le chef des nationalistes, Johann Tschürtz, troisième derrière les conservateurs, et à qui il a promis le portefeuille de la Sécurité.
Si cette poignée de main inquiète, c’est parce qu’elle augure de lendemains orageux en Autriche. Car des élections ont lieu aussi à Vienne, le 11 octobre. Or, une partie de l’appareil social-démocrate se verrait bien gouverner la capitale autrichienne avec l’extrême droite, plutôt qu’avec les écolos, comme c’est le cas aujourd’hui.
UN BAISER DE LA MORT
D’autant plus que le flot de réfugiés en Europe fait inexorablement grimper le score du FPÖ, qui ne rechigne pas à axer ses campagnes sur cette «Europe passoire» faisant entrer 70 000 demandeurs d’asile dans les vertes vallées alpines rien qu’en 2015.
La perspective d’un baiser de la mort avec l’un des partis les plus sulfureux du continent n’enchante pas le chancelier autrichien de gauche Werner Faymann. Il a toujours promis qu’avec lui, le FPÖ, multirécidiviste des dérapages xénophobes, resterait dans l’opposition.
Mais il est rattrapé par sa base et par ses électeurs : en Autriche comme en France, l’extrême droite a «gauchisé» son programme social depuis des années, attirant l’intérêt des classes populaires, qui votaient avant massivement pour les «rouges». Nombre des cadres du SPÖ brûlent désormais de gouverner avec les infréquentables plutôt qu’avec la droite traditionnelle, comme c’est le cas actuellement, pour mieux leur couper l’herbe sous le pied.
Rappelons que l’Autriche a été le premier pays d’Europe à céder aux sirènes de l’extrême droite : elle lui a ouvert les portes de son gouvernement dès l’an 2000. A l’époque, ses partenaires européens avaient réagit de manière indignée, votant même l’établissement de sanctions inédites.
C’était il y a une éternité. Car dans l’UE élargie de 2015, avec un Orbán au pouvoir à Budapest et la crise financière dans la zone euro, on voit mal Bruxelles réagir vertement à une énième provocation danubienne. «On ne peut plus nous retenir», a d’ailleurs commenté le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache, qui patiente depuis dix ans dans l’opposition. A son tour, le successeur de Jörg Haider jubile de voir son heure enfin arrivée.
La communauté juive autrichienne, traditionnellement la plus ouvertement hostile, le parti FPÖ ayant été fondé par d’anciens nazis, a également fait part de sa consternation. Tout comme le représentant des roms du Burgenland, une minorité représentée par un certain… Rudolf Sarközi !
Mais cette alliance rouge-brune de la carpe et du lapin semblait courue d’avance : il n’aura pas fallu une dizaine d’heures au représentant de la gauche, Hans Niessl, arrivé en tête des élections régionales au mois de mai dernier, pour s’entendre avec le chef des nationalistes, Johann Tschürtz, troisième derrière les conservateurs, et à qui il a promis le portefeuille de la Sécurité.
Si cette poignée de main inquiète, c’est parce qu’elle augure de lendemains orageux en Autriche. Car des élections ont lieu aussi à Vienne, le 11 octobre. Or, une partie de l’appareil social-démocrate se verrait bien gouverner la capitale autrichienne avec l’extrême droite, plutôt qu’avec les écolos, comme c’est le cas aujourd’hui.
UN BAISER DE LA MORT
D’autant plus que le flot de réfugiés en Europe fait inexorablement grimper le score du FPÖ, qui ne rechigne pas à axer ses campagnes sur cette «Europe passoire» faisant entrer 70 000 demandeurs d’asile dans les vertes vallées alpines rien qu’en 2015.
La perspective d’un baiser de la mort avec l’un des partis les plus sulfureux du continent n’enchante pas le chancelier autrichien de gauche Werner Faymann. Il a toujours promis qu’avec lui, le FPÖ, multirécidiviste des dérapages xénophobes, resterait dans l’opposition.
Mais il est rattrapé par sa base et par ses électeurs : en Autriche comme en France, l’extrême droite a «gauchisé» son programme social depuis des années, attirant l’intérêt des classes populaires, qui votaient avant massivement pour les «rouges». Nombre des cadres du SPÖ brûlent désormais de gouverner avec les infréquentables plutôt qu’avec la droite traditionnelle, comme c’est le cas actuellement, pour mieux leur couper l’herbe sous le pied.
Rappelons que l’Autriche a été le premier pays d’Europe à céder aux sirènes de l’extrême droite : elle lui a ouvert les portes de son gouvernement dès l’an 2000. A l’époque, ses partenaires européens avaient réagit de manière indignée, votant même l’établissement de sanctions inédites.
C’était il y a une éternité. Car dans l’UE élargie de 2015, avec un Orbán au pouvoir à Budapest et la crise financière dans la zone euro, on voit mal Bruxelles réagir vertement à une énième provocation danubienne. «On ne peut plus nous retenir», a d’ailleurs commenté le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache, qui patiente depuis dix ans dans l’opposition. A son tour, le successeur de Jörg Haider jubile de voir son heure enfin arrivée.





