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Grèce : le scénario du défaut de paiement se précise
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Les responsables de la zone euro se préparent au pire. Ils craignent qu’un accord « réformes contre argent frais » entre Athènes et ses créanciers – Banque centrale européenne (BCE), Commission de Bruxelles et Fonds monétaire international (FMI) – ne puisse pas être trouvé. Et qu’un défaut de paiement grec, aux conséquences imprévisibles, advienne. D’ici quelques semaines, quand la Grèce, à court d’argent, se retrouvera dans l’incapacité de rembourser le FMI (1,6 milliard d’euros, dus au 30 juin), ou la BCE (3,5 milliards d’euros dus au 20 juillet).
Pour la première fois depuis le début du bras de fer avec le gouvernement de la gauche radicale du premier ministre Alexis Tsipras, il y a maintenant presque cinq mois, ses partenaires de l’union monétaire « ont évoqué la nécessité de préparer un plan B, lors de la réunion des directeurs du Trésor de la zone euro, jeudi 11 juin, à Bratislava », assure une source européenne. Selon nos informations, ces responsables se seraient inquiétés du fait que la Grèce ne dispose pas d’une loi encadrant le contrôle des capitaux. En cas de défaut de paiement de l’Etat grec, les créanciers craignent un mouvement de panique des épargnants, entrainant des sorties massives de capitaux pouvant conduire des banques à la faillite.
« Il y a une prise de conscience dans les institutions [BCE, FMI, Commission européenne] qu’il faut se préparer à un défaut de paiement de la Grèce », ajoutait vendredi une autre source européenne, pourtant d’habitude très prudente. Un scénario qui a provoqué la chute de la Bourse d’Athènes le même jour (– 5,92 %).
« Prendre la mesure de la situation »
« Nous devons évaluer toutes les possibilités, mais j’espère que les autorités grecques vont prendre la mesure de la situation », a dit à l’AFP, vendredi, Rimantas Sadzius, le ministre lituanien des finances. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, qui se démène depuis des semaines pour éviter le scénario du pire, et qui a passé à nouveau deux longues heures avec M. Tsipras, jeudi à Bruxelles, « a fait à ce moment-là une dernière tentative pour rendre un “deal” possible », selon une source diplomatique.
Ces messages alarmistes sont-ils un moyen d’obtenir de la Grèce le compromis décisif ? Probablement. Car même si Athènes a démenti, vendredi, que de telles discussions sur un défaut aient eu lieu, même si des sources gouvernementales ont relativité les menaces – « à chaque fois, ces cinq dernières années, que les négociations se sont tendues, on nous a dit que le “Grexit” était imminent ; les Grecs n’y croient plus » –, M. Tsipras a tout de même annoncé qu’il dépêchait une nouvelle fois à Bruxelles, samedi 13 juin, une équipe de négociateurs. Dont son bras droit, Nikos Pappas, avec dans ses bagages une proposition pour sortir de l’impasse. « Les négociations devraient reprendre dimanche et lundi et se conclure si les propositions grecques sont acceptables » précise une source à Bruxelles.
Malgré ce nouveau signe d’ouverture, le sentiment était au pessimisme à Bruxelles, vendredi. Car cela fait plus de dix jours que les Européens se sont mis dans la situation de « faire le deal », depuis que la chancelière Merkel et le président Hollande ont réuni à Berlin, le 1er juin, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et M. Juncker, afin qu’ils se mettent d’accord sur un projet d’accord commun.
Or, malgré la multiplication des réunions au sommet, M. Tsipras n’a pas cédé. Il a fait une première série de « contre-propositions », le 8 juin, mais n’a pas semblé comprendre que les créanciers n’étaient plus prêts à transiger. « Ils ne peuvent pas aller plus loin dans le compromis. Cette proposition de début juin est la seule qui ait une chance de passer la barre d’un eurogroupe à dix-neuf membres de la zone euro », précisait une source proche des négociations, vendredi.
Joug bruxellois
Il est proposé à Athènes une marge de manœuvre budgétaire (un surplus primaire, avant paiement des dettes), de 1 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2015 (2 % en 2016, 3 % en 2017 et 3,5 % en 2018). « On a beaucoup desserré le verrou budgétaire », assure un responsable de haut niveau de la zone euro. Les créanciers exigeaient un objectif de 3,5 % pour 2015, avant l’arrivée de M. Tsipras au pouvoir.
En revanche, les créanciers imposent à Athènes une nouvelle réforme des retraites et de la TVA. Mais, ils l’ont répété au premier ministre grec, ces derniers jours : ils sont flexibles. S’il refuse de supprimer les primes aux petites retraites ou d’instaurer une TVA à 23 % pour l’électricité, libre à lui de trouver des mesures alternatives.
A Athènes, vendredi – signal inquiétant – les positions politiques se figeaient. Le vice-ministre de la sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, proche de M. Tsipras, a couru les plateaux télé pour marteler qu’il n’était pas question que le gouvernement « cède aux pressions des créanciers et accepte de nouvelles baisses des retraites ». Tout au long de la journée, à mesure que les rumeurs de défaut grec enflaient à Bruxelles, Athènes a multiplié les notes aux médias expliquant pourquoi l’offre des créanciers ne pouvait être acceptée en l’état car, à part la revue à la baisse des objectifs d’excédent primaire, elle ne « reprenait aucune des propositions formulées ces quatre derniers mois par les négociateurs grecs ».
L’exercice est de fait périlleux pour M. Tsipras, élu sur la promesse d’en finir avec le joug bruxellois, mais obligé de naviguer entre un parti, Syriza, qui menace de ne pas voter au Parlement un « mauvais accord » et une opinion publique partagée entre son désir d’en finir avec l’austérité et sa volonté de rester dans la zone euro.
« Faire de la pédagogie »
Ce qui inquiète aussi à Bruxelles, Paris ou Berlin, où le message lui a été clairement passé, c’est que le leader grec ne semble pas vouloir non plus accepter le « processus » de décision, les « règles du jeu européennes » que les créanciers veulent lui imposer. Malgré les heures passées par M. Juncker à « faire de la pédagogie » au leader grec. De fait, M. Tsipras a toujours dit vouloir un accord politique, et pourrait parier sur une résolution du conflit au Conseil européen des 25 et 26 juin.
Ce sera trop tard, lui répètent ses partenaires. D’abord, il faut que la liste des réformes auxquelles s’engage Athènes soit validée par l’Eurogroupe. Une réunion de ce type est programmée le 18 juin à Luxembourg, il faudrait qu’elle soit conclusive. Puis l’accord doit décrocher le feu vert de plusieurs Parlements nationaux. Dont le Bundestag, pas un des plus favorables à Athènes…
Ce processus prenant au bas mot une petite dizaine de jours, c’est pour cela qu’il « ne reste plus que quatre ou cinq jours utiles », confiait, vendredi, une source européenne proche des négociations, pour qu’un accord soit encore possible. Et que puisse être envisagé avant le 30 juin un déboursement de tout ou partie des 7,2 milliards d’euros encore à verser à la Grèce dans le cadre de son plan d’aide internationale.
« Personne ne veut passer pour le responsable de l’échec des négociations », ont confié ces derniers jours au Monde des sources diplomatiques, pour expliquer les efforts répétés, à tous les niveaux, notamment au plus haut, pour décrocher un accord. « Surtout Angela Merkel », ajoute une de ces sources. « La chancelière veut aider Tsipras, elle pense qu’il est comme un étudiant en médecine à qui on demande de faire une opération à cœur ouvert », croyait savoir une source diplomatique européenne, vendredi.
A la BCE, en l’absence de signal fort avant le 18 juin, on réfléchit à la conduite à tenir. Faut-il envoyer un signal aux marchés ? Une réunion des gouverneurs devrait se tenir mercredi 17 « la question d’une réponse adéquate à la situation y sera soulevée », selon une source européenne. « Si le risque d’un défaut grec grandit, la BCE devra probablement faire une annonce aux marchés » expliquait une source de même niveau ce printemps, quand déjà les inquiétudes sur un possible accident de paiement, à Athènes, étaient apparues.




