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En Espagne, la stratégie de la direction de Podemos contestée
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
A quelques mois des élections législatives espagnoles de l'automne, et alors que les sondages donnent à Podemos 21,5 % des voix, presque autant qu'au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSŒ, 22,5 %) et au Parti populaire (PP, droite, 23 %), la stratégie du nouveau parti anti-austérité et la figure de son chef de file, Pablo Iglesias, sont de plus en plus contestées.
Vendredi 10 juillet, une nouvelle plate-forme citoyenne, Ahora en comun (Maintenant ensemble), rendue publique mardi, a fait salle comble. Sous le mot d'ordre " Nous imagines-tu tous ensemble ? En avançant vers l'unité populaire ", plusieurs dirigeants de partis de la gauche alternative, de la Gauche unie (IU) ou des écologistes, mais aussi des membres critiques de Podemos et des militants ont défendu la présentation d'une candidature d'" union populaire " pour les élections législatives, similaire à celles qui ont remporté les mairies de Madrid, Barcelone, Saragosse ou Cadix.
En trois jours, cette initiative a réuni près de 18 500 signatures sur Internet. Mais Pablo Iglesias, qui s'oppose au clivage droite-gauche et veut faire de Podemos un parti transversal, y est opposé.
" Gauchistes typiques "En novembre, lors du congrès de Vista Alegre, les militants de Podemos avaient voté pour que le parti se présente sous ses propres sigles lors des législatives, mais qu'il opte pour participer à des plates-formes citoyennes lors des municipales. Après avoir remporté des mairies importantes en mai, de nombreuses voix demandent de répéter la formule cet automne. " Les sigles ne sont pas importants ", a défendu le dirigeant des écolocommunistes de IU, Alberto Garzon, qui a précisé qu'il ne s'agit pas " d'une initiative contre Podemos ni contre Pablo Iglesias ".
Plus tôt dans la journée, ce dernier avait été clair : " L'union populaire n'est pas l'union des partis, mais l'union des gens. " Et d'insister sur le sens de sa stratégie : " Nous ne voulons pas nous positionner dans un espace, une sorte de coalition de gauche, où l'on ne peut pas gagner les élections. "
L'initiative Ahora en comun cache en fait une guerre ouverte entre MM. Iglesias et Garzon. IU a souffert de l'irruption de Podemos, au point d'être menacée de disparition. Dans une interview publiée par le site d'information Publico fin juin, Pablo Iglesias avait eu des mots très durs à l'égard des écolocommunistes, critiquant les " gauchistes typiques, tristes, ennuyeux, amers " et " les dirigeants qui n'ont pas voulu aspirer à plus de 10 % des votes ",ceux qui ont préféré les symboles, " le drapeau rouge et l'Internationale ", plutôt que de " créer une majorité sociale ".
Pour M. Iglesias, cette fronde de la gauche alternative s'ajoute à des problèmes internes. Plus de 7 000 militants et plusieurs centaines de cadres de Podemos ont demandé, début juin, la tenue d'un référendum pour changer le système des primaires qui favorise la liste composée par Pablo Iglesias et limite, selon eux, la participation de la base du parti à son projet politique. Pour les critiques, le temps est compté. Le 13 juillet, les candidats devaient présenter leurs listes pour les législatives, avant un vote en ligne à partir du 17 juillet, dont les résultats seront connus le 24.




