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    Grèce: Tsipras face à la fronde de Syriza

    Grèce international

    Brève publiée le 23 juillet 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/la-crise-grecque/20150723.OBS3034/grece-tsipras-face-a-la-fronde-de-syriza.html

    Si Alexis Tsipras a réussi à limiter la casse cette nuit en amenant une majorité de sa coalition à voter le second volet de mesures voulues par les créanciers, la fronde gronde. De notre correspondant à Athènes.

    Il est quatre heures du matin passées à la Vouli, le Parlement grec, quand le vote touche enfin à sa fin. Et Syriza, la coalition de la gauche radicale au pouvoir, aura finalement résisté à cette nouvelle nuit de tensions. L'implosion tant redoutée n'a pas eu lieu : Alexis Tsipras et son gouvernement auront décidément réussi à limiter, un peu, la casse.

    Les membres de la coalition gouvernementale étaient appelés mercredi soir à voter le second volet de mesures voulues par les créanciers de la Grèce. 126 ont finalement accepté de voter en faveur de ces mesures sur 162, soit trois de plus que lors du vote du premier volet. La barre fatidique des 120 députés (sur 300), constitutionnellement nécessaires pour un gouvernement minoritaire en Grèce a donc été dépassée, 230 ayant voté "oui" sur les 298 députés présents, 65 "non" - 3 se sont abstenus.

    Le spectre d'élections anticipées immédiates a été écarté pour quelques jours ou quelques semaines. Alexis Tsipras continue donc avec succès son dangereux numéro d'équilibriste qui consiste à dénoncer l'accord et les "forces conservatrices qui dirigent l'Europe et imposent aux peuples l'austérité sans issue"... tout en exigeant de ses députés qu'ils votent pour ces politiques.

    Défections en chaîne

    Ainsi, la réforme du code de procédure civile voulue par les créanciers du pays depuis de nombreuses années, mais refusée par les gouvernements précédents, a donc été adoptée. De même qu'une série de mesures concernant le renflouement des banques par les autorités nationales et sécurisant les dépôts jusqu'à 100.000 euros, transposition d'une directive européenne de 2013. C'était là le préalable pour commencer les négociations avec les créanciers du pays en vue de troisième plan d'aide.    

    Au sein de Syriza, dont l'unité est mise à rude épreuve depuis le vote difficile du 16 juillet, les défections sont passées de 39 à 36 députés. Mais, plus significatif,  l'ex-ministre des Finances, l'imprévisible Yanis Varoufakis, aura contre toute attente voté "oui" cette nuit.

    Car cette "victoire" d'Alexis Tsipras est aussi le résultat d'un recul significatif. Pour y arriver, le gouvernement a dû enlever du projet de loi deux sujets qui fâchaient un nombre sans cesse croissant de députés de Syriza ainsi que de nombreux députés des trois partis d'opposition (Nouvelle Démocratie, Pasok et To Potami), dont les voix sont nécessaires à cause des défections au sein de la majorité gouvernementale : le passage du taux d'imposition des agriculteurs de 13% à 26% ainsi qu'une refonte partielle du système des retraites anticipées.

    L'heure est grave

    Cependant, la défection de près d'un quart du groupe parlementaire de Syriza, malgré les appels incessants et de plus en plus virulents d'Alexis Tsipras à voter en faveur de l'accord et "à ne pas se cacher derrière lui", démontre clairement que l'heure est grave pour l'unité du parti de gauche radicale.

    La toute nouvelle porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassili, ne s'en cache pas. Pour elle, le vote d'hier soir confirme l'existence d'un fossé au sein de Syriza" qui doit être géré "par les organes du parti".

    Mais si, au sein du groupe parlementaire, les partisans de l'accord restent majoritaires, la situation au sein du parti est très différente : 109 des 201 membres du comité central se sont ouvertement prononcés contre l'accord en signant un texte commun. Et le secrétaire général du parti, Tasos Koronakis, a lui aussi fermement condamné l'accord.

    Pour le moment, cependant, les cadors du parti qui sont opposés à l'accord ne jouent pas à la surenchère verbale. Ils appellent de manière unanime à l'union du parti, au-delà des divergences.

    Panayotis Lafazanis, leader de la Plateforme de Gauche, l'aile radicale de Syriza, et qui a été évincé du gouvernement après avoir voté "non" à la première série de mesures présentées au parlement mercredi passé, a tenu malgré son nouveau vote négatif à envoyer un message d'unité, en affirmant :

    Les opinions divergentes sont une force pour un parti de gauche radicale."

    Appels à l'unité

    Même Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement grec et figure emblématique du parti, qui continue son combat contre l'accord qu'elle considère être "le fruit d'un chantage" de la part des partenaires européens du pays, n'a à aucun moment critiqué Alexis Tsipras, qu'elle dépeint comme la victime d'un coup d'Etat. 

    Quant au plus médiatique des députés de Syriza, Yanis Varoufakis, soucieux d'expliquer son vote positif après avoir passé une dizaine de jours à dénigrer l'accord, il explique son vote comme un "appel à l'unité du parti malgré son opposition fondamentale à un plan voué  à l'échec". Cependant, il ne précise pas ce qu'il compte faire lors des prochains votes.

    Volonté d'unité ou calcul stratégique, la retenue relative des frondeurs peut aussi, peut-être, s'expliquer par les données du seul sondage publié depuis l'accord (sondage Palmos Analysis pour "Efimerida ton Sydakton"). Celui-ci donne en effet Syriza en tête, avec plus de 20 points d'avance sur Nouvelle Démocratie (droite), le principal parti d'opposition. De quoi valider pour le moment la stratégie d'Alexis Tsipras, même si les effets délétères de l'austérité risquent au final de coûter très cher au parti...

    Athènes, Pavlos Kapantais