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Moldavie : Manifestation géante et affrontements à Chisinau
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.secoursrouge.org/Moldavie-Manifestation-geante-et-affrontement-a-Chisinau
Des dizaines de milliers de Moldaves se sont rassemblés dans la capitale Chisinau (Kichinev), dimanche, pour exiger la démission du président Nicolae Timofti. La manifestation a été déclenchée suite à un scandale bancaire qui a ébranlé ce pays, l’un des plus pauvres en Europe. Un milliard de dollars (890 millions d’euros), soit 15 % du produit intérieur brut, a disparu des coffres des trois principales banques du pays. Ces trois établissements, représentant environ un tiers des actifs bancaires du pays, avaient accordé des crédits à des destinataires qui n’ont jamais été identifiés...
Entre 50.000 et 100.000 manifestants étaient rassemblés sur la place centrale de Chisinau pour exiger la démission de Timofti et un plébiscite pour choisir un nouveau chef de l’Etat, qui est actuellement élu par le parlement. Des militants du Bloc Rouge - l’aile gauche radicale du parti "Notre maison est la Moldavie" - ont tenté de forcer les portes du bureau du procureur général, provoquant des affrontements avec la police, qui a arrêté plusieurs personnes. Plusieurs personnes ont été blessées.
La manifestation de Chisinau (Kichinev)
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(La Croix) En Moldavie, la rue se mobilise contre l’Etat corrompu
Le mouvement « Dignité et justice » issu de la société civile rassemble des dizaines de milliers de Moldaves qui demandent la démission du président.
En Moldavie, la contestation tente de s’enraciner dans le centre de la capitale, Chisinau. Après le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes dimanche 6 septembre, pour exiger la démission du président Nicolas Timofti, environ 300 manifestants ont installé une centaine de tentes au cours d’une journée qui n’est pas sans rappeler les débuts du mouvement Maïdan, la fronde qui avait abouti à la chute du régime Ianoukovitch en Ukraine en 2014.
À Chisinau, les opposants réclament le départ des responsables politiques à la tête de ce petit pays d’Europe de l’Est, coincé entre l’Ukraine et la Roumanie. Ils dénoncent le système oligarchique, la corruption, et réclament la mise en place d’un État de droit.
D’inspiration pro-européenne, le mouvement est piloté par la plate-forme civile « Dignité et justice » rassemblant des journalistes, des politologues, des défenseurs des droits de l’homme et des responsables associatifs.
UN MOUVEMENT SOCIAL D'AMPLEUR
En réunissant entre 30 000 (selon la police) et 100 000 (selon les organisateurs) personnes dans les rues de Chisinau, la veille – un nombre très élevé de manifestants pour un pays de 3,6 millions d’habitants » –, le collectif « Dignité et justice » a marqué les esprits. « Nous avons affaire à un mouvement social dont nous ne connaissons pas encore le développement, observe Florent Parmentier, maître de conférences à Sciences-Po (1). Il démarre dans une Moldavie extrêmement divisée sur son avenir, entre le chemin vers l’Europe ou le retour vers la Russie. »
L’ancienne république soviétique est secouée par une profonde crise politique depuis 2013. Gouvernements instables, majorités au Parlement qui se font et se défont au gré des alliances, détournement massif d’argent public, ou encore fragmentation des partis pro-européens ont entraîné une paralysie des institutions. Les réformes de l’appareil d’État prévues dans le cadre de l’accord d’association signé avec l’Union européenne s’enlisent au fil des scandales de corruption.
UN MILLIARD DE DOLLARS ENVOLÉS
La disparition d’un milliard de dollars dans les banques moldaves, soit l’équivalent de 15 % du produit intérieur brut, a déclenché la colère des habitants. L’affaire a éclaté début avril lorsque la banque centrale de Moldavie a découvert que trois établissements semi-publics du pays avaient accordé des crédits pour un milliard de dollars à des destinataires inconnus. Les trois banques ont reçu un crédit d’urgence en parallèle qu’elles n’ont jamais remboursé.
Le scandale a éclaboussé les formations de la coalition pro-européenne aux commandes de l’ancienne république soviétique, des partis financés en sous-main par les oligarques. « Le pays se trouve dans une situation très fragile et explosive, prévient l’historien moldave Octavien Tszycu. Les partis au pouvoir ont perdu toute légitimité aux yeux de l’opinion. Si des élections législatives devaient avoir lieu demain, l’opposition pro-russe aurait toutes les chances de l’emporter. »
OLIVIER TALLÈS(1) Les Chemins de l’État de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie, Presses de Sciences-Po, 142 p., 14 €




