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37% des profs de collège en grève selon le SNES

lutte-de-classe

Brève publiée le 18 septembre 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(afp) Les professeurs opposés aux mesures prévues pour la rentrée 2016 manifestaient ce jeudi pour réclamer au gouvernement de revoir sa copie.

Entre 16 % et un tiers des professeurs étaient en grève jeudi pour protester contre la réforme du collège, lors d'une journée test pour la mobilisation des opposants qui réclament au gouvernement de revoir sa copie. Le ministère de l'Éducation nationale a compté moins de 16 % de grévistes dans les collèges, tandis que le Snes, premier syndicat dans le secondaire et fer de lance des « anti », revendiquait à la mi-journée plus d'un tiers d'enseignants absents (37 %).

S'il est difficile d'y voir clair en raison du fossé - traditionnel - entre les estimations, la mobilisation semble à mi-chemin entre la première grève (suivie en mai par 27,6 % des professeurs, selon le ministère, et plus de 50 %, selon le Snes), et la deuxième (qui avait rassemblé en juin 11,9 % de grévistes, selon la Rue de Grenelle, et plus de 30 %, selon le syndicat).

À l'appel de l'intersyndicale (Snes, Snalc, FO, CGT, SUD...), une manifestation a eu lieu dans l'après-midi à Paris. Quelque 250 enseignants ont défilé à Nantes, une centaine à Rennes comme à Orléans, tandis qu'environ 200 ont marché dans les rues de Bordeaux, selon des journalistes de l'AFP. À Marseille, ils étaient quelques centaines. « On est dans la continuité de la mobilisation de l'an dernier », a déclaré à l'AFP Julien, enseignant documentaliste dans un collège des quartiers nord, critiquant des « aspects » de la réforme « sans doute pas assez mis en avant dans les médias, comme l'autonomie des établissements et le renforcement des pouvoirs pédagogiques des chefs d'établissement. »

Parmi les mesures phares figurent plus d'interdisciplinarité (cours mêlant par exemple français et histoire), une autonomie accrue des établissements, l'accompagnement personnalisé, une deuxième langue vivante dès la cinquième mais la disparition d'une grande partie des classes bilangues (qui la commencent en sixième), la fin des options latin-grec remplacées par des modules langues et culture de l'Antiquité...

Autant de mesures prévues pour la rentrée 2016, destinées à « rebooster » le collège et à améliorer l'égalité des chances, selon le gouvernement, alors que les études internationales Pisa pointent régulièrement les failles du système français : l'origine sociale d'un élève pèse, plus que chez nos voisins, sur son destin scolaire.

« C'est plus qu'en juin »

Et la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem l'a répété cette semaine : « La réforme a été adoptée et elle s'appliquera. » Mais une nouvelle manifestation est prévue en octobre, peut-être le samedi 10 si les syndicats suivent l'appel du Snalc, minoritaire (5 %) mais très hostile à cette réforme.

« Il y a un mécontentement profond », a déclaré à l'AFP le président du Snalc (classé à droite) François Portzer lors du rassemblement parisien, saluant le taux de grévistes : « C'est plus qu'en juin quand on n'avait pas participé. » Le Snes réclame une modification des textes, déjà publiés au Journal officiel, refusant l'autonomie accrue, qui creusera, selon lui, le fossé entre « bons » et « mauvais » établissements et qui pourrait donner plus de pouvoir au principal, au détriment de l'équipe pédagogique. Les syndicats réfractaires ne veulent pas d'une interdisciplinarité imposée, dans un pays où la journée de classe au collège a toujours été découpée en tranches : une heure, une classe, une discipline. À la différence de nombreux autres pays.

Mais ces organisations ont aussi des recettes différentes pour le collège : le Snes demande une baisse des effectifs dans les classes et plus de mixité sociale, là où le Snalc prône de scolariser à part les collégiens les plus faibles dans certaines matières, dans un collège non plus unique, mais « modulaire ».

Deux syndicats minoritaires soutiennent le « nouveau collège », le SE-Unsa et le Sgen-CFDT. Ce dernier s'inquiète cependant du plan de formation des enseignants qu'il juge insuffisant et tardif : le ministère « se donne presque les moyens de rater sa réforme », prévient son secrétaire général Frédéric Sève.

Du côté du privé, qui appliquera la réforme, pas d'appel à la grève. Et pour cause, l'enseignement catholique et le syndicat du privé (la Fep-CFDT) la soutiennent.

Au lendemain de cette grève, les nouveaux programmes de l'école élémentaire au collège, qui entreront également en vigueur dans un an mais avaient eux aussi suscité des polémiques avant les vacances, seront présentés par la ministre.