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    Tsipras dévoile un nouveau gouvernement de fidèles

    Grèce international

    Brève publiée le 23 septembre 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Le Monde) La composition du nouveau gouvernement de coalition entre la gauche radicale Syriza et les Grecs Indépendants (ANEL) a été annoncée très tard mardi 22 septembre, au terme de longues heures de négociations de dernière minute.

    Les pronostics sont allés bon train tout au long de la journée annonçant à plusieurs reprises la création d’un tout nouveau ministère uniquement dédié à la coordination et à l’application du nouveau mémorandum signé le 13 juillet dernier avec les créanciers du pays mais au final c’est un organigramme assez proche du gouvernement précédent qui a été retenu. Avec une vingtaine de ministères dont trois grosses entités, à l’intérieur, à l’économie et aux finances. Et avec, à quelques exceptions près, les mêmes ministres.

    Alexis Tsipras fait ainsi le choix de la continuité et récompense les personnalités qui lui sont restées fidèles tout au long de l’éprouvante scission du parti cet été.

    Pas de ministère créé pour l’application du mémorandum

    Aux finances, sans trop de surprises, on retrouve Euclide Tsakalotos l’un des acteurs clés de l’accord du 13 juillet. Un homme aux convictions de gauche bien trempées mais qui a choisi d’éviter la rupture avec les créanciers du pays dont il est d’ailleurs très apprécié.

    ses cotés Georges Chouliarakis sera en charge de la comptabilité générale de l’état. Ephèmère ministre des finances dans le gouvernement de service qui a géré les affaires entre le 20 août (date de la démission d’Alexis Tsipras) et aujourd’hui, M. Chouliarakis a longtemps été en charge des négociations avec Bruxelles. Il est donc lui aussi l’un des hommes de confiance d’Alexis Tsipras.

    Avec leur aîné Yiannis Dragasakis qui reste vice président du gouvernement, et le ministre reconduit de l’économie, du développement et du tourisme Georges Stathakis, ils composent le conseil économique qui conseille Alexis Tsipras depuis plus de trois ans. A eux quatre, ils coordonneront aussi la bonne application du mémorandum sans que ne soit finalement créé un corps spécifique pour cela.

    Un ministre de l’immigration passé par Médecins du Monde

    Autre poste stratégique de ce nouveau gouvernement alors que la crise migratoire déchire l’Europe et que la Grèce représente aujourd’hui la principale porte d’entrée des réfugiés, le ministère de l’immigration est attribué à Yiannis Mouzalas, un gynécologue obstétricien très respecté en Grèce. M. Mouzalas n’était pas dans le précédent gouvernement Tsipras mais a été nommé à ce poste au sein du gouvernement de service et a plutôt réussi son examen de passage en réussissant à contenir la crise humanitaire naissante sur les îles de la mer Egée débordées quotidiennement par l’afflux de migrants.

    Le fait de placer à ce portefeuille un homme passé par Médecins du Monde et connu pour son profil de gestionnaire de crise humanitaire est un symbole fort du virage qu’Alexis Tsipras souhaite appliquer à la gestion de la crise migratoire en Grèce. En tentant avant tout d’améliorer l’accueil des réfugiés.

    Le nouveau premier ministre a aussi promis de réformer le pays et notamment le fonctionnement de l’état. Il est attendu au tournant sur cette question à la fois par les créanciers mais aussi par les Grecs eux-mêmes qui rêvent d’une administration plus efficace. Il a désigné comme ministre délégué à la réforme administrative Christoforos Vernardakis, un professeur en sciences politique de l’université de Thessalonique, membre du conseil scientifique de Syriza sur cette question des changements à apporter au fonctionnement de l’Etat.

    L’ancien ministre en charge de cette fonction, le constitutionnaliste Georges Katrougalos passe au ministère du travail. Un autre dossier chaud des mois à venir puisque le mémorandum prévoit notamment la mise en place d’un nouveau cadre du droit du travail et notamment une refonte des conventions collectives.

    Un grand jeu de chaises musicales

    Pour le reste, rien de nouveau ni de vraiment surprenant. Mais plutôt un grand jeu de chaises musicales pour les fidèles d’Alexis Tsipras que sont Panayiotis Skourletis, Dimitris Voutsas, Nikos Xidakis ou Aristide Baltas qui s’échangent les ministères.

    Nikos Pappas, le lieutenant direct d’Alexis Tsipras, reste ministre d’Etat ainsi que d’ailleurs Alekos Flambouraris. Ce qui est un peu plus surprenant vu les récentes accusations portées à son encontre ces dernières semaines. Il lui a en effet été reproché de ne pas s’être suffisamment détaché de son entreprise après sa prise de fonction en janvier alors que ladite entreprise avait bénéficié d’un appel d’offres public.

    Un ministre délégué pour les fonds structurels européens ESPA

    Seul véritable nouveauté de ce gouvernement, la création d’un portefeuille de ministre délégué à la gestion des fonds structurels européens ESPA, attribué à Alexis Haritsis, qui était déjà le secrétaire général ESPA du ministère des finances. Objectif : accélérer et optimiser l’absorption de ces fonds dont dépend en grande partie la reprise de la croissance rou la lutte contre le chômage.

    En charge enfin de la lutte contre la corruption, l’une des autres promesses phares d’Alexis Tsipras, Dimitris Papanguélopoulos, ancien procureur en charge de la lutte contre le crime organisé puis responsable de l’antiterrorisme. Un homme estimé en Grèce et qui était ces dernières semaines ministre de la justice dans le gouvernement intérimaire.

    Un gouvernement loin de la parité

    L’allié de coalition ANEL a maintenu à peu près les mêmes personnalités aux mêmes postes avec notamment son leader Panos Kamménos à la défense. Paradoxe ? Seul ANEL, ce parti aux vues sociales conservatrices, s’approche de la parité : deux de ses quatre membres de ce gouvernement sont des femmes alors que Syriza n’a pas mis une seule femme à la tête d’un ministère. Seules Sia Anagnostopoulou, députée très bien élue de Syriza à Patras (Péloponnèse) et Théano Fotiou deviennent respectivement ministre déléguée à la nouvelle génération au sein du ministère de l’éducation et ministre déléguée au sein du ministère du travail. Coté parité, la gauche radicale grecque qui espère changer la société dans les quatre prochaines années a décidément encore des progrès à faire. Le nouveau gouvernement devrait prêter serment mercredi matin à 10 h 30 heure grecque.