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Roger Petit se lâche contre la gauche qui soutient le lynchage !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les violences commises contre des cadres d'Air France ont été justifiées par des voix des gauches de la gauche. Est-ce le retour de la gauche inutile et dangereuse qui préfère Sarkozy et Le Pen à Hollande?
Les images du début de lynchage des dirigeants d'Air France à Orly ont choqué. Qui ne serait pas épouvanté par un tel déchaînement de sauvagerie? Et bien pas Olivier Besancenot, inspirateur du NPA. Encore moins Ian Brossat, adjoint communiste au maire de Paris. Idem pour l'organisation Attac.
Sur le réseau social Twitter, le premier a évoqué le combat des "Sans-culottes contre les sans-chemises". Le deuxième a opté pour la diversion, jugeant "hallucinants, ces gens qui ont plus de compassion pour une chemise que pour 2.900 salariés qui vont se retrouver sur le carreau..." Quant à la troisième, elle a aussitôt instruit le procès de Manuel Valls, "Tu prives un DRH de sa chemise, Manuel Valls est scandalisé. Tu prives 2.900 salariés de leur emploi, aucune réaction ! CQFD?".
Notons qu'ils n'ont pas été les seuls à prendre la défense des adeptes de la violence, stade ultime de la revendication sociale. Le nombre de militants et sympathisants des gauches de la gauche à avoir tenté de justifier l'injustifiable est éloquent. Et les arguments toujours semblables. Qu'est-ce qu'une chemise déchirée au regard d'un drame social. Ainsi présenté comment pourrait-on affirmer le contraire? Sauf qu'il ne s'agit pas de chemise, mais des êtres humains qui les arboraient.
Le col blanc contre le col bleu
Le procédé est habile, qui vise à effacer la violence, donc à la justifier, en réifiant le porteur de la chemise. Çe n'est pas l'humain qu'on lynche, mais l'objet. Le symbole de l'oppression de classe. Le col blanc contre le col bleu. Le prolétaire contre le bourgeois.
En clair, contre le bourgeois présumé coupable, tout est permis. Y compris la violence physique. Y compris la foule déchaînée métamorphosée en meute impitoyable. Y compris la négation de l'humanité de la victime, dégradée à l'état d'objet. Les "A poil !", scandés par les manifestants encourageant les plus violents d'entre eux à dépouiller leurs victimes isolées, ne sont pas sans évoquer ces terribles scènes de la Libération, quand les foules en colère déshabillaient leurs victimes pour les humilier en raison de leurs crimes supposés.
En 2015, les gauches de la gauche en sont toujours rendues à 1793 et 1870. Les propos supras démontrent que la conversion démocratique et républicaine des gauches enfantées par le communisme n'est pas achevée. A-t-elle seulement commencée? L'épisode d'Orly est à ranger dans la longue galerie d'anecdotes qui atteste que les gauches radicales se coupent de la gauche démocratique. Délibérément. Elles renouent avec les bonnes vieilles accusations d'antan. Blum, c'est le social-traitre. Mitterrand, c'est l'alliance avec la droite. Hollande, c'est le valet des puissances d'argent.
La gauche pure est de retour, qui pense que la chemise blanche, c'est l'incarnation suprême du mal.
Sur un temps court, l'effet de ces images et le plaidoyer en faveur des auteurs de violence est bien évidement dévastateur. Inutile d'attendre les premiers sondages pour anticiper que la réprobation sera massive, hors le cercle des radicalisés de gauche et d'extrême gauche faisant corps avec les radicalisés d'extrême droite, puisqu'à la fin ceux-là finissent toujours par se joindre dans un combat commun contre la démocratie parlementaire et la République.
Sur temps long, c'est encore plus inquiétant.
Une stratégie suicidaire
Les gauches de la gauche Françaises sont engagées dans une stratégie suicidaire. A l'évidence, le choix paraît entériné de défaire, par tous les moyens, la gauche de gouvernement, le tout au profit du retour aux affaires d'une droite dure, Nicolas Sarkozy, et même Marine Le Pen, peu importe. Ainsi se prépare le grand retour français de la gauche inutile et dangereuse.
Inutile en ce qu'elle n'est jamais en position de remporter des élections nationales, empêchant la gauche démocratique d'accéder aux affaires au nom de la pureté de la gauche, incarnation des aspirations d'un peuple qui ne peut qu'être trahi par l'exercice du pouvoir par ses représentants. C'est la gauche des sommets purifiés, celle de la perpétuelle opposition qui attend le Messie de la révolution. C'est la Gauche 1793, qui célèbre la Constitution de la même année, qui consacrait le droit à l'insurrection comme le sacré des Devoirs. C'est la Gauche de la Commune, celle qui ne vaut pas mieux que les massacreurs versaillais de Thiers, prête à fusiller Victor Hugo, le républicain, parce qu'il est un bourgeois.
Dangereuse en ce qu'elle justifie, voire incite à la violence sociale. Avec cette gauche-là, pas de contrat social, mais la renonciation à gagner les élections. Son objectif n'est pas de parvenir au pouvoir, mais d'empêcher la gauche démocrate d'y accéder. De 1945 à 1981, ce fut le rôle joué par le PCF de Thorez et Marchais. Avec succès.
Cette gauche-là est de retour. Et pas seulement en France. Elle vient d'empêcher la victoire des socialistes démocratiques au Portugal lors des dernières élections législatives. Via Podemos, elle entrave le PSOE en Espagne, comme Die Linke entrave le PSD en Allemagne. Et elle vient de désigner à la tête des Travaillistes anglais Jeremy Corbyn, leader doté d'un logiciel politique archéo-marxiste qui promet une décennie d'opposition à la gauche britannique.
In fine, cette gauche inutile et dangereuse se réjouit de l'agression des cadres d'Air France pour de mauvaises raisons. Les salariés en colère ne sont que des instruments, mis à profit pour affoler, effrayer et inquiéter les électeurs encore susceptibles de voter socialiste. Exploiter ainsi cette souffrance sociale, encourager des comportements inadmissibles, c'est faire monter la droite et le FN, par tous les moyens, puisqu'il est acquis que l'objectif principal, c'est de faire tomber la gauche de gouvernement.
Cette gauche de la gauche là, celle des Besancenot, Brossat ou Attac, vaut-elle mieux que le FN? La réponse réside dans le parcours de l'un de ces étudiants de Sciences po qui viennent de réimplanter une cellule active du FN au sein de l'école de la modération et de la tempérance. Il y a trois ans, cet étudiant votait Mélenchon. Peut-on dire qu'il est allé au bout de la logique de la gauche de la gauche?




