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Où il est démontré par des économistes que l’économie n’est pas une science

économie

Brève publiée le 24 octobre 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.alterecoplus.fr/en-direct-de-la-recherche/ou-il-est-demontre-par-des-economistes-que-leconomie-nest-pas-une-science-201510211100-00002328.html

Dans les sciences dures, quand un chercheur trouve un résultat original, l’un des moyens de s’assurer de la qualité de son travail est de demander à d’autres de reproduire l’expérience dans les mêmes conditions. S’ils retrouvent les mêmes résultats, c’est que la recherche est sérieuse.

Les économistes ont voulu faire pareil : quand Ben Bernanke, alors universitaire, était le rédacteur en chef de l’American Economic Review, considérée comme la plus prestigieuse aux Etats-Unis, il a instauré l’obligation pour les économistes de fournir leurs données et leurs méthodes. Pour que d’autres puissent s’en saisir et tenter de reproduire les résultats. Depuis, d’autres revues ont imposé les mêmes obligations.

Du coup, deux économistes, Andrew C. Chang et Phillip Li, ont tenté de reproduire le travail de leurs petits copains. Le résultat n’est pas joli, joli…

La sélection

Ils ont focalisé leur attention sur 67 articles publiés dans treize revues d’économie américaines entre juillet 2008 et octobre 2013. Ils se sont concentrés sur les contributions à forte composante empirique, utilisant des données américaines et dont le résultat important tourne autour du produit intérieur brut (PIB), une variable économique classique.

Quand les données n’étaient pas disponibles, ils ont été voir les sites des auteurs. Et s’ils ne trouvaient rien, ils ont contacté individuellement chaque auteur. Armés de toutes ces informations, ils ont tenté de reproduire les résultats publiés dans toutes ces grandes revues. Le résultat n’a pas été à la hauteur des ambitions.

Les résultats

En se débrouillant tout seul avec les données fournies, ils ont pu reproduire les résultats de 22 articles, un tiers seulement. En demandant des informations aux auteurs, le taux passe à 43 %. Bien moins que la moitié…

Mettons de côté deux articles pour lesquels ils ne disposaient pas des logiciels appropriés et six autres utilisant des données confidentielles. Cela donne un taux de reproduction final de 49 %. La moitié des études empiriques publiées dans les plus prestigieuses revues universitaires américaines portant sur une variable banale de l’économie comme le PIB ne passe pas le test.

La cause ? Pour 21 articles, les chercheurs ne veulent pas fournir leurs statistiques. Peur que l’on remarque des choses un peu bizarres ? Comme ce jeune étudiant qui avait montré en 2013 des erreurs grossières dans l’étude de Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart qui affirmait que plus la dette publique monte moins il y a de croissance ? Pour les autres articles, les données sont tout simplement fausses !

Conclusion : lorsqu’un économiste vous cite une étude pour justifier son point de vue, sachez qu’il ne faut le croire, littéralement, qu’à moitié !

CHRISTIAN CHAVAGNEUX

POUR EN SAVOIR PLUS: 

“Is Economics Research Replicable? Sixty Published Papers from Thirteen Journals Say ”Usually Not”,”

par Andrew C. Chang et Phillip Li Finance and Economics Discussion Series 2015-083, 2015, Board of Governors of the Federal Reserve System