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Argentine: près d’un million de voix pour l’extrême gauche
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les résultats officiels de l’élection présidentielle, publiés tard cette nuit, donnent au coude-à-coude le Front pour la Victoire de Daniel Scioli [candidat de la présidente sortante Cristina Kirchner] et PRO-Cambiemos [droite] de Mauricio Macri, provoquant un véritable séisme sur l’échiquier politique national. Il est désormais certain qu’il y aura un second tour [de l’élection présidentielle pour la première fois dans l’histoire politique de l’Argentine] et tous les scénarios sont ouverts.
Face à ces résultats, le candidat du Front de Gauche et des Travailleurs Nicolás Del Caño a souligné que « ce déplacement à droite est la résultante d’une orientation politique qui a été celle du pouvoir au cours de la dernière décennie [appelée par le kirchnérisme] ‘la décennie réussie’] »
« Le kirchnérisme a choisi de présenter un candidat très marqué à droite, héritier politique [du président péroniste néolibéral des années 1990] Carlos Menem. En évoquant ces derniers ceux qui pourraient être ses collaborateurs dans un futur cabinet, il a nommé des gens [eux aussi très marqués à droite comme] Sergio Berni et Alejandro Granados, qui auraient tout aussi bien pu être choisis par Mauricio Macri. Face à une telle situation, nous ne comprenons pas pourquoi autant de kirchnéristes se disent surpris des résultats de la droite », a complété Del Caño.
Dans la province de Buenos Aires [la plus importante du pays et bastion historique du péronisme] c’est la candidate de droite macriste María Eugenia Vidal qui arrive en tête. Face à cela, Del Caño a souligné combien le « candidat des ‘progressistes’ choisi par la présidente sortante n’était autre qu’Aníbal Fernández, un ancien partisan [du gouverneur péroniste de la province et ancien président de transition entre 2002 et 2003] Eduardo Duhalde (…), quelqu’un qui à la suite de la disparition de Julio López [en septembre 2006, témoin clef dans le cadre d’un des procès contre les responsable de la dernière dictature militaire] n’a pas hésité à dire ‘qu’il devait être chez sa tante’ [alors que tout porte à croire qu’il a été séquestré et assassiné]. De plus, [Aníbal Fernández] fait partie des ces responsables politiques qui sont impliqués dans l’affaire qui a abouti au Massacre du Pont Pueyrredón et à l’assassinat de Maxiliano Kosteki et Darío Santillán [deux jeunes responsables d’un mouvement de chômeurs organisés, tués par la police dans le cadre d’une manifestation de ‘piqueteros’ en juin 2002] ».
« Par ailleurs, Scioli a organisé une coalition de façon à gouverner avec les ‘barons’ du Parti Justicialiste [péroniste] et l’ensemble de la bureaucratie syndicale, avec la perspective de se préparer pour mener une politique de rigueur », a également pointé le jeune candidat du FIT.
Pour Del Caño, « face à une telle situation qu’ils ont eux-mêmes orchestrée, les kirchnéristes sont surpris par le score de Macri, alors que ce sont eux-mêmes, avec leur candidat très marqué à droite, qui ont ouvert la voie à Macri ».
« Dans ce cadre, a conclu Del Caño, le score du Front de Gauche et des Travailleurs, qui se situe comme la quatrième force politique nationale, qui remporte quasiment un million de voix (dans les divers scrutins) et qui gagne de nouveau postes, est extrêmement intéressant. Cette élection a consolidé la stature du FIT en tant que force politique à échelle nationale pour affronter la droite et cette politique de rigueur que préparent tant Scioli que Macri, le FIT se situant résolument dans le camp de ceux qui veulent défendre les droits des femmes, des travailleurs et de la jeunesse ».
Article publié sur La Izquierda Diario à 1h34, heure locale (Buenos Aires), après la publication des premiers résultats officiels.




