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Sotiris: Mort des réfugiés - un crime prémédité de l’Union européenne
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
source Iskra.gr
Ce qui arrive chaque jour en Mer Egée est un crime prémédité de la part des responsables de l’UE.
Alors que c’est une vérité admise que des centaines de milliers de réfugiés venus de Syrie et d’autres pays viendront en Europe à la recherche d’un asile contre la guerre et la misère, aucune possibilité n’est donnée depuis des années à ces hommes de parvenir en toute sécurité en Europe. Ils ne peuvent pas entrer par les accès normaux et sûrs, ilsne peuvent pas prendre de navire de ligne, ni de train, ni d’autocar, ni d’avion, ils ne peuvent accéder à aucun pays européen. Ils n’ont même pas la possibilité de tenter d’atteindre normalement un port sur une embarcation en état de naviguer. Dans chacun de ces cas, l’accès leur sera bloqué,ils seront refoulés ou appréhendés pour être immédiatement renvoyés.
La seule possibilité qui leur reste est de parvenir sur les côtes de la Grèce (ou de l’Italie) dans des conditions telles qu’il y aura obligation de les sauver, au lieu de les refouler. Autrement dit, nous les contraignons à arriver en canot, ou dans une embarcation qui se trouvera en danger, de façon que les règlements maritimes imposent leur sauvetage au lieu de leur renvoi.
Pour parler clairement, nous les obligeons à passer par une épreuve -se mesurer avec les dangers de la mer- au lieu de leur donner la possibilité d’arriver avec un minimum de sécurité et de faire valoir leur droit à l’asile et à une protection humanitaire.
Cette épreuve souvent mortelle impliquait dès l’origine, cyniquement, le risque de noyade, en tant que paramètre de « dissuasion » pour les réfugiés et les migrants. En réalité, il n’est que l’application particulière à la question des réfugiés de la logique des inévitables « dégâts collatéraux ».

Le gouvernement grec se proclame constamment victime des agissements des autres pays de l’UE. Pourtant, il est coresponsable de la situation. Pas seulement parce qu’il accepte les décisions des autorités de l’UE mais parce qu’il laisse en place le mur de l’Evros qui a essentiellement barré le trajet par la terre ferme, le plus sûr pour aller de Turquie en Grèce, rendant quasi obligatoire le passage par la Mer Egée. Si nous tenons compte de toutes les victimes dénombrées en Mer Egée depuis l’arrivée au pouvoir en janvier dernier de Syriza, nous aurons la mesure de l’ampleur de la responsabilité.
Quant à ceux qui justifient les politique de la « Forteresse Europe » parce qu’il existe le danger du « djihadisme », ils feront bien de se rappeler que le problème d’aujourd’hui n’est pas celui des « djihadistes » qui à l’évidence ne prendraient pas le risque de la noyade pour leurs déplacements, surtout quand ils disposent de passeports valides et de ressources, mais les politiques des interventions impérialistes et de l’islamophobie qui font que des citoyens musulmans européens prennent le chemin du djihadisme.
Lorsque votre votre pays -et votre vie- sont saccagés, ce n’est pas le moment de renoncer aux tentatives de trouver ailleurs un meilleur destin. Telle est la leçon de toutes les grandes vagues migratoires. Le récent sommet sur les réfugiés a montré que l’UE persiste dans la même politique criminelle de dissuasion, de refoulement et d’« assimilation » de quotas de réfugiés qui n’ont rien à voir avec la réalité. Au même moment, nous nous contentons de compter les victimes, pendant que le gouvernement SYRIZA-ANEL quémande des subsides européens pour qu’en échange nous endossions le rôle de geôlier de l’Europe.
Si nous ne voulons pas nous contenter de pleurer à chaque fois que nous voyons des photographies d’enfants noyés, il nous faut réagir. Toutes et tous. maintenant !
Il nous faut revendiquer la chute du mur de l’Evro, l’arrêt des inutiles et coûteuses patrouilles de la Frontex, l’ouverture enfin d’un « parcours sûr » à partir des camps en Turquie jusquaux pays de destination. Tous les pays européens doivent assumer la part de responsabilité qui leur revient, au lieu d’essayer de couvrir les pays d’Europe du sud de camps de concentration.
Traduction Jean Marie Reveillon




