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Cinq ans après Sidi Bouzid, la menace d’un soulèvement plane sur la Tunisie
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Cinq ans après le renversement du régime de Zine El Abidine Ben Ali, des manifestations contre la misère et pour la justice sociale ont débuté dans la région défavorisée de Kasserine après la mort d'un jeune chômeur.
Cinq années après la révolution tunisienne qui "dégagea" Ben Ali le 14 janvier 2011, une nouvelle montée de protestations agite le centre du pays, ces régions mêmes d'où partit le soulèvement, le 17 décembre 2010, après l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, ce jeune vendeur de légumes qui mis fin à ses jours.
Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa… autant de régions laissées pour compte durant les années de dictature et pour lesquelles toujours rien n'a été entrepris. Misère, exclusion sociale, chômage sont le quotidien de cette population. Pour les jeunes sans avenir, il est difficile de s'accrocher à un quelconque espoir et la tentation est grande de partir tenter une autre vie en Europe en risquant sa vie dans les bateaux de morts, ces coquilles de noix dans lesquelles, chaque année, des jeunes risquent une traversée au péril de leur vie.
Tentation, également, aujourd'hui, de partir accomplir le djihad en Libye ou en Syrie. Après tout, si dans un cas comme dans l'autre ces jeunes risquent leur vie, les deux options permettent également d'envoyer de l'argent au pays. Tout le monde connaît en Tunisie l'argument des recruteurs de Daech. L'argent noir de l'EI circule plus sûrement dans certaines localités que les offres d'emplois.
Mais c'est justement une autre vie que réclament ces jeunes qui manifestent depuis plusieurs jours à Kasserine où un couvre-feu a été décrété et où des affrontements ont opposé policiers et manifestants.
Le drame de Kasserine
Tout à commencé dans cette ville à la suite du décès, samedi, d'un chômeur de 28 ans, Ridha Yahyaoui, électrocuté après être monté sur un poteau alors qu'il protestait avec d'autres contre son retrait et celui de six autres personnes d'une liste d'embauches au sein du ministère de l'Enseignement. Dès le lendemain, plusieurs dizaines d'habitants avaient exprimé leur colère devant le siège de la préfecture de Kasserine tandis que 150 à 200 personnes avaient manifesté le jour suivant sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis. Avant que le centre du pays ne s'embrase.

(Des manifestants dans le centre-ville de Kasserine, le 21 janvier – Crédit : Mohamed Khalil / AFP)
Menace sur la démocratie ?
Mais si les raisons de la colère et la façon de faire des révoltés de l'intérieur sont les mêmes qu'il y a cinq ans, les revendications n'ont plus guère de prise concrète aujourd'hui. Les "dégage !" adressés au pouvoir dictatorial de l'époque ne s'adressent plus à personne en particulier et les demandes d'emplois font face à une économie encore plus délabrée qu'à l'époque… Ces régions, abandonnées du pouvoir central, ont un taux de chômage particulièrement élevé qui dépasse les 15% et même les 30%, voire les 40% chez les diplômés. Mais c'est toute l'économie tunisienne qui est en berne. Si un espoir de relance pouvait être permis après la révolution, il est aujourd'hui réduit à néant, aucun plan d'envergure n'ayant été pensé au plus haut niveau de l'Etat. Quant au tourisme, mutilé par les attaques terroristes, il est anéanti aujourd'hui.
Ce qui est en jeu n'est sans doute pas une nouvelle révolution mais le risque d'une déstabilisation de la démocratie encore fragile. Il est urgent pour le pouvoir tunisien de trouver des réponses sociales à apporter à sa population. En premier lieu, peut-être, le déblocage des fonds destinés aux projets approuvés par les gouvernements précédents et qui n'ont toujours pas été investis par manque de volonté politique. Ce sont 1,3 milliard de dollars destinés à des projets liés aux infrastructures qui seraient bloqués à Tunis.
François Hollande a annoncé vendredi que "la France mettrait en oeuvre un plan de soutien à la Tunisie d'un milliard d'euros sur les cinq prochaines années", alors que le pays est en proie à des troubles sociaux, a indiqué l'Elysée dans un communiqué.
"Un des axes majeurs de ce plan vise à aider les régions défavorisées et la jeunesse, en mettant l'accent sur l'emploi", a spécifié la présidence française à l'issue d'un déjeuner à Paris entre le président français et le Premier ministre tunisien Habib Essid.
Vendredi 22 janvier, François Hollande a annoncé que "la France mettrait en oeuvre un plan de soutien à la Tunisie d'un milliard d'euros sur les cinq prochaines années". "Un des axes majeurs de ce plan vise à aider les régions défavorisées et la jeunesse, en mettant l'accent sur l'emploi", a expliqué la présidence française à l'issue d'un déjeuner à Paris entre le président français et le Premier ministre tunisien Habib Essid.
Céline Lussato
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