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Espagne : les socialistes refusent les exigences de Podemos
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) La fin du blocage politique semble encore loin en Espagne, où la discussion entre le parti anti-austérité Podemos et le parti socialiste (PSOE) en vue de former un gouvernement de coalition a pris samedi 23 janvier une très mauvaise tournure.
Vendredi soir, quand le chef de gouvernement sortant Mariano Rajoy a annoncé qu’il jetait l’éponge, faute de majorité, Podemos avait tenté de prendre de vitesse le PSOE en posant publiquement ses exigences pour participer à un gouvernement. Son chef de file, Pablo Iglesias, avait notamment exigé la vice-présidence du gouvernement pour lui-même, quatre ministères-clés pour ses troupes et l’intégration de deux autres formations de gauche (la plateforme citoyenne En Comu Podem et les écolo-communistes de la Gauche unie), pimentant sa proposition de tacles bien sentis à l’égard de socialistes qui ne seraient pas forcément « capables de mettre en pratique ce qu’ils disent ».
« Chantage » et « humiliation »
Une attitude que son homologue socialiste Pedro Sanchez a qualifié samedi de« chantage », dans un communiqué qui laiss entrevoir l’état de tension entre les deux principales formations de gauche, arrivées respectivement deuxième et troisième lors des élections générales du 20 décembre.
M. Sanchez a expliqué que dans la situation actuelle, il n’allait « pas entreprendredes négociations avec d’autres forces politiques pour essayer de trouver une alternative de gouvernement stable et encore moins quand elles sont proposées à travers le chantage et en faisant passer les intérêts partisans avant ceux des citoyens ». Il a ajouté que pour « construire un nouveau projet de pays », il fallait prioritairement s’entendre sur « des politiques et des idées concrètes » et non sur« des tactiques, des intérêts partisans ou des [décisions] imposées unilatéralement ».
Le patron du PSOE semble ainsi avoir pris en compte les réticences de certains des barons du parti, qui avaient jugé « insultante » ou « humiliante » la façon dont Iglesias avait présenté son offre. Vendredi, il avait pourtant estimé que « les électeurs ne comprendraient pas que, Pablo et moi, nous ne parvenions pas à un accord ».
Blocage persistant
A droite, malgré son annonce de vendredi, Mariano Rajoy assure continuer detravailler à une alliance politique avec les socialistes et Ciudadanos pourconstituer une majorité de coalition, l’option selon lui « la plus raisonnable ».
Les socialistes ne semblent pas être du même avis, car ils ont réagi en demandant à M. Rajoy de tenter de recueillir une majorité devant le Parlement en formant un gouvernement (sous-entendu, sans lui) ou d’y renoncer définitivement.
Le PSOE assure toutefois « maintenir le dialogue » avec toutes les forces politiques pour « évaluer la situation ». Son secrétaire général Pablo Sanchez a ainsi fait savoir, samedi, sur Twitter qu’il avait parlé avec le dirigeant du petit parti libéral Ciudadanos, Albert Rivera, et qu’ils resteraient « en contact dans les prochains jours ».




