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Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue « culture de l’excuse »
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Bernard Lahire, La Découverte, 2016, 13,5 euros
La sociologie reste un sport de combat... Le sociologue Bernard Lahire est plutôt un habitué des pavés, des gros livres de sociologie, sérieux et exigeants. Il est particulièrement connu pour ses travaux sur la culture (la Culture des individus, en 2004, Ceci n’est pas qu’un tableau, en 2015…). Il livre cette fois ci un court volume (170 pages !) qui prend la forme d’un livre d’intervention sociale et politique.
Ce qui met en colère l’auteur, au point de se mettre à rédiger cet ouvrage, ce sont les accusations répétées de journalistes, chroniqueurs ou hommes politiques, contre les sciences sociales, en particulier contre la sociologie. L’accusation récurrente de trouver des excuses aux criminels, aux délinquants, voire même aux terroristes. L’auteur dénonce cette démarche qui confond la compréhension des phénomènes sociaux et la complaisance avec ceux-ci. « Ceux qui s’en prennent à ce qu’ils appellent " l’excuse sociologique " considèrent que comprendre serait une façon d’excuser en déresponsabilisant », constate l’auteur.
Le plus agaçant, le plus entêté d’entre eux à s’en prendre à la sociologie et aux sciences sociales, n’est autre que Philippe Val, tout particulièrement dans son ouvrage Malaise dans l’inculture paru en avril 2015. Ce livre qui accumule les « contre-vérités qui confinent souvent au délire » est ici pris comme un ouvrage symptomatique de ce rejet de la sociologie comme outil de compréhension du monde.
Mais l’auteur profite de l’occasion pour livrer un véritable plaidoyer pour les sciences sociales. Il en rappelle les fondamentaux, démontrant comment une démarche matérialiste et scientifique permet de se débarrasser d’une vision fantasmée de la réalité et permet de poser les termes des débats.
Rappelant ses apports et la capacité de sa discipline à déconstruire ou à expliquer ce qui est bien souvent tenu pour naturel : les rapports inégaux homme-femme, les inégalités sociales…
Comprendre pour transformer
B. Lahire montre qu’avant tout le refus des explications sociologiques est bien souvent le propre des dominants. Car c’est une explication qui remet en cause les « dons », les « talents » ou les « compétences » des riches et des possédants, expliquant leurs positions par une série d’héritages, financiers, culturels, par l’accès que certains ont eu aux meilleurs établissements scolaires, etc. En ce sens, la sociologie desessentialise et désubstantialise, en ne considérant pas qu’il y aurait un état naturel à l’ordre social tel qu’il fonctionne mais que celui-ci est le résultat d’une série de rapports de forces, d’une histoire, etc.
B. Lahire rappelle que la sociologie est bien souvent un outil de remise en cause de l’ordre établi, du monde tel qu’il fonctionne, et les possédants voudraient nous le faire penser comme « naturel ». Pour l’auteur, comprendre les mécanismes de domination apparaît comme une étape nécessaire, pour des transformations sociales d’ampleur
Ce petit ouvrage fonctionne comme un rappel à l’ordre, contre un monde « intellectuel » et politique qui se base trop souvent davantage sur ses préjugés et ses intérêts propres que sur une compréhension fine des phénomènes sociétaux. Certes, il aurait peut-être mérité d’être un peu moins abstraits, théorique, et davantage basé sur des exemples concrets, mais sa lecture reste aisée et souvent stimulante. Pierre Bourdieu rappelait que la sociologie peut être un sport de combat. Lahire montre ici qu’il est prêt à la bagarre... et nous invite à l’échauffement.
Pierre Baton




