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Pourquoi trouve-t-on des substances toxiques dans les cosmétiques ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La composition d’un simple stick à lèvres a de quoi faire bondir : une bonne vingtaine d’ingrédients dont quelques substances étranges. A quoi peut donc servir de se mettre de l’ethylhexyl methoxycinnamate sur les lèvres ? Après la liste des substances toxiques présentes dans les produits cosmétiques publiée la semaine dernière par l’UFC-Que choisir, le magazine 60 millions de consommateurs publie ce mardi une étude confirmant la présence de perturbateurs endocriniens dans les tampons hygiéniques. Pourquoi tous ces produits toxiques se retrouvent-ils dans nos placards ?
« Il faut des substances toxiques pour ne pas que les produits se dégradent et pour éviter toute prolifération bactérienne, estime le médecin toxicologue Jean-François Narbonne. Un produit bio est beaucoup plus fragile et doit être rapidement utilisé et conservé dans des conditions optimales. » Le médecin souligne également que les consommateurs ont une responsabilité dans l’usage qu’ils font des produits : « Un produit destiné à un usage ponctuel, par exemple des lingettes pour les voyages, ne doivent pas être utilisés quotidiennement. »
Le stick à lèvres : L’ethylhexyl methoxycinnamate, un filtre UV
Listé par l’UFC-Que choisir parmi les 185 produits cosmétiques contenant des produits indésirables, le stick à lèvres le plus populaire contient de l’ethylhexyl methoxycinnamate, aussi appelé octyl methoxycinnamate (ou OMC). C’est un filtre UV qui permet de protéger nos lèvres des effets néfastes du soleil.
Mais l’ethylhexyl methoxycinnamate est aussi un perturbateur endocrinien, réglementé par une directive européenne qui fixe la concentration maximale de cette substance dans les produits cosmétiques à 10 %. Un rapport de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) datant d’avril 2012 concluait : « L’utilisation de l’OMC dans les produits cosmétiques à une concentration maximale de 10 %, ne semble pas présenter un risque pour la santé des consommateurs dans les conditions prévisibles d’utilisation ».
Pourquoi ne pas le remplacer par un filtre UV plus naturel ? Les protections pour les lèvres bio, comme les crèmes solaires, contiennent des filtres UV minéraux, le plus souvent à base de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc. Mais les premiers produits solaires contenant ces filtres se sont révélés plus difficiles à étaler et pouvaient laisser une couleur blanche sur la peau.
Le gel douche : L’ammonium lauryl sulfate et le sodium lauryl sulfate, pour faire de la mousse
Egalement listé par l’UFC-Que choisir, ce gel douche aux faux airs de savon de Marseille contient de l’ammonium lauryl sulfate et du sodium lauryl sulfate, des tensioactifs destinés à faire mousser le gel douche, à bien attraper la crasse sur la peau et à faciliter le rinçage. Ces deux substances ne sont pas interdites dans les produits bio.
Néanmoins, ces sulfates peuvent être irritants pour la peau, desséchants et même allergènes. En « décapant » le cuir chevelu et la peau, ils donnent l’impression d’être très propre mais privent la peau de ses défenses naturelles.
Pourquoi ne pas s’en passer ? Parce que leur pouvoir moussant est inégalable et qu’un gel douche qui ne mousserait pas ou qu’il faudrait frotter pendant cinq minutes pour faire disparaître, ne serait certainement pas un succès commercial.
Les tampons hygiéniques : Dioxines, glyphosates et désherbants, à cause du coton
Le magazine 60 millions de consommateurs confirme ce mardi la présence de produits toxiques dans les tampons hygiéniques : des produits tels que le glyphosate, un ingrédient chimique utilisé dans les désherbants, ont été retrouvés dans des protections féminines de plusieurs marques.
Le glyphosate, c’est un herbicide absorbé par les feuilles, et c’est un des principaux composants du célèbre Round-up. Il est classé « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Comment arrive-t-il dans les tampons ? Par le coton, dont la culture est une grosse consommatrice de pesticides. Pour s’en débarrasser : il faudrait que les fabricants de protection hygiénique n’achètent que du coton non traité ou bio. Mais la production de coton bio reste encore anecdotique dans le monde : la demande dépasse la production.




