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Brésil: la chute de l’icône Lula ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L'ex-président est interrogé par la police fédérale sur des "faveurs" qu'il aurait reçues de la part de grandes entreprises du bâtiment.
C'est un choc immense pour le Brésil. Pour l'étape numéro 24 de l'opération « Lava Jato » (Nettoyage au Karcher), qui cherche à faire la lumière sur une vaste affaire de corruption impliquant Petrobras, c'est désormais Lula lui-même qui est dans le collimateur. La police fédérale brésilienne a perquisitionné le domicile de l'ex-président Luiz Inácio Lula da Silva. Lula, icône de la gauche, a été arrêté et placé en garde à vue. Il est interrogé au siège de la police fédérale dans l'aéroport de São Paulo.
Des images de la TV Globo montrent des effectifs policiers devant des bâtiments à São Bernardo do Campo (São Paulo), où vit Lula, un quartier dont les rues étaient fermées. Toujours selon Globo, la femme de Lula et deux de ses fils sont également visés par l'opération policière, ainsi que la Fondation Institut Lula, dans la capitale économique du Brésil.
« Beaucoup de faveurs »
Lula, au pouvoir de 2003 à 2010 et parti avec une popularité record de 80 %, reste une figure illustre de la politique brésilienne. Son destin est étroitement lié à celui de la présidente Dilma Rousseff et du parti qu'il a fondé en 1980, le Parti des travailleurs (PT, gauche), à la fin de la dictature.
Selon le procureur, l'ancien président a bénéficié de « beaucoup » de faveurs de la part d'entreprises corrompues. Des faveurs « nombreuses et difficiles à quantifier ». Environ 30 millions de réaux (huit millions de dollars, NDLR) constitués de dons et d'honoraires pour des conférences « ont été versés par les grandes entreprises de BTP » à Lula, a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.
Des travaux dans un triplex
Mais les enquêteurs ont par contre des preuves que Lula a perçu en 2014 au moins 1 million de réaux (soit 240 000 euros) sans justification légale de la part de l'entreprise OAS pour des travaux et l'aménagement d'un triplex à Guarujá, près de la ville de Santos, et à Atibaia, dans la région de São Paulo. Lula a déjà nié à plusieurs reprises être le propriétaire de ce triplex, comme de la maison de campagne. En outre, un entrepreneur aurait payé le déménagement de meubles et de marchandises de l'ancien président lors de son départ en 2010 du Planalto, le palais présidentiel. « Personne n'est au-dessus de la loi dans ce pays », a martelé le procureur, qui n'envisage toutefois pas de demander l'incarcération de l'ancien chef d'État à l'heure actuelle.
Dans un communiqué, l'Institut Lula a déploré l'action de la police, « arbitraire, illégale et injustifiable », selon lui. « La violence pratiquée aujourd'hui contre l'ex-président Lula et sa famille » constitue « une agression contre l'État de droit », a estimé cette fondation qui se consacre à la coopération du Brésil avec l'Afrique et l'Amérique latine.
Les déclarations incendiaires d'un sénateur
Lancée en 2014, l'enquête sur le scandale Petrobras a mis au jour un système de trucage systématique des marchés passés entre le géant pétrolier contrôlé par l'État et 16 entreprises, donnant lieu à des commissions de 1 à 3 % sur chaque contrat dont une partie était reversée à des élus de la coalition au pouvoir.
LIRE aussi notre article (abonnés) « Les loups de Petrobras »
L'opération « Lavage rapide » intervient au lendemain d'une avalanche de nouvelles accusations de corruption dans le scandale Petrobras avec notamment la déclaration d'un sénateur impliquant, selon la presse, Rousseff et Lula. Ces nouvelles ont fait l'effet d'une bombe à Brasilia, l'hebdomadaire IstoE assurant que la présidente avait manipulé l'enquête sur Petrobras, en nommant par exemple un juge pour libérer des industriels détenus. « Ces révélations filtrées, apocryphes, sélectives et illégales doivent être rejetées et leur origine rigoureusement tirée au clair, car elles bafouent la loi, la justice et la vérité », a réagi la présidente dans un communiqué.
Une procédure de destitution à l'encontre de Dilma Rousseff a été lancée fin 2015 par un groupe de juristes, soutenus par l'opposition, qui l'accusent d'avoir maquillé les comptes publics.




