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    Les jeunes restent mobilisés contre la loi travail

    Khomri

    Brève publiée le 17 mars 2016

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Le Monde) Les lycéens ont répondu présents, en cette deuxième journée de mobilisation contre le projet de loi travail, jeudi 17 mars. A 11 heures, les blocages concernaient 115 établissements selon le ministère de l’éducation nationale, sur les 2 500 lycées publics en France, contre 90 établissements mercredi 9 mars.

    Organisée à l’appel de vingt-trois organisations de jeunesse, dont le premier syndicat étudiant, l’UNEF, et les principales organisations lycéennes (SGL, UNL, FIDL), cette journée a valeur de test sur la suite du mouvement contre le projet de loi travail, dont le gouvernement a présenté lundi une version allégée. William Martinet, le président de l’UNEF, disait ce matin à l’AFP « attendre au moins le même nombre de jeunes dans les rues » que le 9 mars, soit environ 100 000 personnes. Le principal cortège est parti à 13 h 30 de la place de la République pour rallier la place d’Italie, en passant par Bastille.

    Blocages de lycées et ateliers banderoles

    Sans être massif, le mouvement gagne en ampleur parmi les lycéens : l’Union nationale lycéenne (UNL) faisait état de 200 lycées mobilisés, dont 60 en région parisienne et 40 à Paris, selon un bilan provisoire à midi. « Le nombre de lycées mobilisés a doublé par rapport à la semaine dernière », se félicite l’UNL. La FIDL, autre organisation lycéenne, comptabilisait, elle, plus de 300 lycées mobilisés, dont 60 à Paris. « La mobilisation est grandissante », s’est-elle félicitée.

    Selon l’UNL, onze lycées étaient bloqués à Marseille. Des blocages ont également été constatés en Seine-Saint-Denis, à Caen, Chambéry, LilleBordeauxGrenobleLyonToulouseNantesTours, Poitiers ou encore La Rochelle.

    A Paris, dans le 20e arrondissement, tous les lycées publics autour de la place de la Nation étaient bloqués. Hélène-Boucher et Maurice-Ravel, voisins l’un de l’autre, étaient, comme souvent, en pointe de la contestation – dans une ambiance plus joyeuse que la journée pluvieuse de mobilisation la semaine dernière –, avec musique, ateliers banderoles… Les collégiens, étudiants de BTS et de classes préparatoires étaient autorisés à entrer dans les établissements où ils sont présents, comme à la cité scolaire Ravel.

    De l’autre côté de Nation, banderoles, amas de poubelles et barrières métalliques bloquaient l’entrée du lycée Arago, alors que ce lycée n’avait pas été touché par le mouvement le 9 mars. « Ici on se mobilise que quand c’est vraiment grave, et là, la loi travail l’est », souligne Guillaume, 17 ans.

    Même constat place de la République, où le lycée Turgot était bloqué, alors que la première tentative du 9 mars n’avait pas pris. « Dans le Marais, au moins les lycées Sophie-Germain, Charlemagne, Victor-Hugo sont bloqués », selon Elisa, Margot et Lisa, élèves de seconde.

    Le mouvement des lycées semble moins improvisé que la semaine dernière. Une AG inter-lycéenne organisée en début de semaine « a permis de nous synchroniser », explique Thymiane, 17 ans, au lycée Dorian.

    Manifestation et interpellations

    La manifestation lycéenne organisée entre République et place de la Nation à Paris se déroule cependant dans une ambiance bien plus délétère que la semaine dernière : selon les journalistes du Monde.fr présents sur place, la tension est forte. Des casseurs se seraient mêlés au cortège improvisé de plusieurs centaines de lycéens dès avant le début de la manifestation officielle prévue à 13 h 30. Plusieurs devantures de banque, des commerces et une agence immobilière ont subi des dégradations et été taguées de slogans anticapitalistes, et des projectiles ont été lancés en direction des forces de l’ordre. Deux policiers ont été légèrement blessés, l’un par un projectile et l’autre en tombant lors des incidents dans l’Est parisien, selon la police.

    Celle-ci est intervenue en usant de gaz lacrymogènes au niveau de la rue du Faubourg-Saint-Antoine pour ramener le défilé sur son trajet d’origine, vers la place de la République. Ces affrontements ont provoqué quelques mouvements de foule. Trois manifestants ont été interpellés dans la capitale notamment pour des dégradations.

    Des incidents ont aussi émaillé les manifestations à Nantes, Rouen et Marseille. A Rennes, plusieurs milliers de manifestants, en grande majorité étudiants, ont envahi la gare de la ville et plusieurs centaines d’entre eux sont descendus sur les voies.

    Plusieurs universités fermées par la direction

    Dans l’enseignement supérieur, la mobilisation a également débuté dans un climat plus tendu qu’il y a huit jours. Les universités Paris I et Bordeaux ont pris la décision d’une fermeture administrative de certains sites (Tolbiac, Sorbonne, Saint-Hippolyte pour Paris I, La Victoire pour Bordeaux), et l’université Lyon II a fermé ses deux campus, alors que des assemblées générales étaient prévues.

    L’UNEF s’est déclarée « indignée contre ces pratiques qui visent ni plus ni moins à priver les étudiants de leur droit de réunion et de leur liberté d’expression ». Le rectorat de Paris, à l’origine de la décision, invoque quant à lui « des raisons de sécurité », se refusant à fournir d’autres explications. Une assemblée générale s’est donc tenue dehors, sur la place de la Sorbonne.

    Des barrages filtrants ont été mis en place à Nanterre, conformément au vote de l’Assemblée générale organisée mardi, tandis que l’université Paris VIII est complètement bloquée.

    Le gouvernement « essaye de bricoler, de nous enfumer »

    « Le sentiment général, c’est un gouvernement qui essaye de bricoler, de nous enfumer pour que la mobilisation des jeunes faiblisse », a déclaré William Martinet, le président de l’UNEF, le premier syndicat étudiant, lors d’une conférence de presse mardi matin à Paris. Présentant le calendrier de mobilisation, le leader étudiant a expliqué qu’il était « important que les jeunes se saisissent de ce débat […], qu’ils descendent dans la rue », mais n’a pas appelé à des blocages des universités.

    Comme le 9 mars, la FAGE, deuxième organisation étudiante, ne s’est pas associée à l’appel à manifestations jeudi. Elle estime que les avancées obtenues après la première journée de mobilisation (garantie jeune universelle et extension du compte personnel d’activité) incitent àpoursuivre la discussion.

    Cette nouvelle mobilisation se veut une répétition générale avant la journée d’action intersyndicale des jeunes et des salariés, programmée pour jeudi 31 mars.