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«Merci Patron», un fou rire contagieux qui asticote le colosse LVMH
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Moins d'un mois après sa sortie, le documentaire satirique "Merci Patron", qui égratigne avec dérision le géant du luxe LVMH et son PDG Bernard Arnault, profite d'un bouche-à-oreille positif et remplit les salles.
Moins d'un mois après sa sortie, le documentaire satirique «Merci Patron», qui égratigne avec dérision le géant du luxe LVMH et son PDG Bernard Arnault, profite d'un bouche-à-oreille positif et remplit les salles.
«Je pensais que le film pouvait marcher parce qu'on vit une période morose, peut-être encore plus pour la gauche, et que le film donne la pêche et pousse les gens à agir», explique à l'AFP son réalisateur, le journaliste François Ruffin, dont l'une des modèles est le cinéaste américain Michael Moore.
«Voir un colosse trembler devant une chose insignifiante, cela produit un effet libératoire pour le public», ajoute le journaliste qui a notamment travaillé sur France Inter pour l'émission de Daniel Mermet «Là-bas si j'y suis».
Sa recette? Un humour railleur et un incroyable stratagème avec lesquels l'auteur dénonce l'hypocrisie de certains grands patrons et les désastres des délocalisations.
«Le film illustre le combat qui oppose aujourd'hui les tenants d'un libéralisme débridé et des gens qui souhaitent un peu plus de sécurité pour leur carrière et leurs enfants», explique le sociologue Michel Pinçon.
Spécialiste de la bourgeoise française et des élites, il a animé plusieurs débats organisés après des projections du documentaire.
«Les gens qui vont assister au film appartiennent plutôt à la classe moyenne et ne sont pas, a priori, confrontés aux mêmes difficultés que les personnages qui sont à l'écran, mais leurs questions montrent qu'ils sont inquiets pour eux et pour leurs enfants», souligne-t-il.
Malgré un budget modeste de 40.000 euros et une campagne de promotion limitée, «Merci Patron» a dépassé les 120.000 spectateurs en salles après trois semaines d'exploitation.
- Public militant -
Refusé par le CNC, le projet a pu aboutir via une campagne de financement participatif. Les syndicats du «Parisien», journal détenu par Bernard Arnault, ont quant à eux déploré que le film ne fasse pas l'objet d'un article dans les colonnes du quotidien, dénonçant un acte «d'auto-censure».
Contacté par l'AFP, le groupe LVMH n'a pas souhaité faire de commentaires.
«On a tout de suite aimé le film et on a eu envie de le défendre parce qu'on était sûr que le public l'aimerait aussi», explique à l'AFP Etienne Ollagnier, cogérant de jour2fête, société distributrice de «Merci Patron».
«Une fois le film achevé, nous avons choisi d'organiser des avant-premières en comptant sur le public de ces séances pour qu'il incite les gens à aller le voir en salles après sa sortie», précise-t-il.
Quelque 10.000 spectateurs ont ainsi vu le documentaire, dans une quarantaine de villes, entre le mois de décembre et la date de sa sortie officielle.
«Le résultat est allé au-delà de nos espérances. Nous avons vu des salles pleines, parfois dans de toutes petites communes, avec certains spectateurs qui organisaient des collages d'affiches», raconte Etienne Ollagnier.
«Il y a d'abord eu un public militant, mais les gens se sont vite rendu compte que le film était drôle et pouvait être vu par un public plus large, alors ils en ont parlé à leurs familles, à leurs amis», explique-t-il.
A la sortie des projections, les spectateurs se disent séduits par cette satire sociale qui ridiculise avec malice l'une des plus grosses fortunes de France.
«C'est d'une intelligence redoutable et on se rend compte qu'un cerveau humain généreux, prêt à agir, peut mettre à mal une énorme organisation, ça fait un bien fou», a déclaré à l'AFP le comédien Jacques Weber.
«C'est un documentaire social, mais sans le côté militant, sans les sociologues ou les experts parfois ennuyeux qui s'expriment habituellement dans ce genre de film», a confié Magali Rosenzweig, 40 ans, à l'issue d'une projection à Paris.
«C'est Robin des Bois chez les Ch'tis», résume un autre spectateur Christophe en évoquant le stratagème élaboré par le réalisateur pour piéger Bernard Arnaud.




