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    #NuitDebout : jusqu’où peut aller le mouvement ?

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    Brève publiée le 5 avril 2016

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Metro) DEBOUT - Est-ce le début d’un mouvement de fond ? Ou un soufflé qui va vite retomber ? La Nuit debout, qui a débuté à Paris et dans une vingtaine de villes de France jeudi dernier, essaie de s’installer dans la durée, dans la foulée de la lutte contre la loi Travail. Quelles sont les ambitions de ses promoteurs ? Un programme politique se dégage-t-il ? Eléments de réponse avec Benjamin, l'un de ces "Indignés".

    Même au téléphone, il court. Depuis cinq jours, Benjamin, chargé de la page Facebook Nuit Debout, n’arrête pas. "On a reçu 300 messages dans la nuit ! Sans compter les publications, ni le compte Twitter", raconte-il à metronews. Benjamin fait partie du "média center" de ce mouvement nocturne qui s’est mis en place jeudi dernier place de la République à Paris et dans une vingtaine de villes de France. Est-ce, comme l’espèrent les participants, le début de quelque chose ? D’un vent nouveau sur la démocratie ? Ou d'un soufflé qui peut vite retomber ?

    La République des réseaux sociaux

    Quoi qu’il en soit, ces débuts, présentés comme spontanés et pilotés par un "collectif informel" d’intermittents, syndicalistes et citoyens engagés, semblent réussis : des AG ont lieu tous les jours et des commissions se mettent en place, réfléchissant sur les différentes actions à mener, sur l’accueil de la foule et même sur la cantine. Aspect important, voire essentiel, pour faire connaître cet embryon de nouvelle vie, la communication fait également partie des chantiers prioritaires.

    "On apprend sur le tas", raconte donc Benjamin, un "militant déçu des partis", qui a rejoint la cellule de com' à ses débuts. Car Nuit Debout dispose déjà un gros pouvoir de frappe. Dimanche, l’Assemblée générale et son millier de participants, retransmise sur l’appli Périscope, a atteint un pic de 80.000 personnes connectées. Quelque 25.000 internautes suivent la page Facebook de Nuit Debout, 14 000 le compte Twitter et des pages locales, comme Nuit Debout NantesMetz,Pau, ou Bordeaux ouvrent les unes après les autres. Objectif : occuper l'espace en ligne.

    "Pour le gouvernement, ça va être compliqué"

    Sur le terrain, le calendrier est lui aussi bien tracé. Dimanche soir, le mouvement parisien a décidé de s’accorder un peu de repos. Ce lundi. Aucune AG n’est prévue, ce qui n’exclut pas des rassemblements. Selon les jours, les villes et la météo, ils ont été, jusqu'ici, de quelques centaines à plus d’un millier à se retrouver.

    Le renouveau est attendu mardi, dans la foulée d’une nouvelle journée de mobilisation étudiante et syndicale contre la loi Travail. Les rendez-vous devraient être réitérés tous les soirs et samedi 9 avril pourrait connaître une nouvelle amplification de la mobilisation, nouvel appel à manifester oblige. Et pour Benjamin, les vacances scolaires - à partir du 16 avril à Paris - ne feront pas retomber le soufflé. "Au contraire, les gens vont avoir le temps de venir voir ce qu’il se passe. Ça nous amène jusqu’au 1er mai, date symbolique, puis à l’été. Pour le gouvernement, ça va être compliqué", prophétise le jeune homme, qui imagine déjà le retrait de la loi Travail. Voire la démission de Valls.

    Image positive

    Au bout du combat, "on veut créer une génération alternative", poursuit Benjamin. Evidemment, il est trop tôt pour savoir où ira Nuit Debout. Mais le jeune militant est confiant. "D’habitude, les organisations syndicales s’opposent aux mouvements spontanés et populaires. Là, il y a une vraie jonction." Le tout, avec une image sympathique, car soignée. On ne parle plus "d’occupation" de République, trop guerrier, mais de "rester sur la place". Terminées les "revendications", signe de soumission, on "affirme" ses idées.  Sur les canaux officiels, pas de violence, pas d’images d’évacuation par la police. "On ne met que des messages positifs", explique Benjamin, qui se félicite que, dimanche, les CRS qui sont intervenus place de la République, "ont lâché leurs casques et sont venus discuter avec nous".

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    (RFI) A Paris, les membres du mouvement « Nuit debout » prévoient des actions coup de poing cette semaine pour protester contre la loi travail. Depuis jeudi 30 mars, ils occupent la place de la République, à Paris. Ils sont moins nombreux en ce début de semaine, mais ils n'entendent pas lâcher prise.

    Au milieu de la place, ils sont plusieurs dizaines assis en tailleur sur le bitume. Les membres de « Nuit debout » préparent calmement les manifestations étudiantes de ce mardi 5 avril. Les mains se lèvent pour voter les futures actions. Ici, tout le monde peut s’exprimer.

    « Si les gens veulent parler, ils parlent, et si le matin ils veulent parler comme on le fait là, on parle, explique Camille, l’une des manifestantes. Et si on est nombreux, personne ne va nous l'interdire. D'ailleurs on ne comprend même pas pourquoi on nous l'interdirait. »

    Pour récupérer des forces, les manifestants font relâche en ce début de semaine. Mais ils continueront à se réunir tous les jours en assemblée générale. Leur présence sur la place va volontairement être réduite: « On a plutôt décidé de se centrer dans la semaine à venir sur un temps de présence effectif de 17h à minuit tous les soirs pour continuer de partager, explique Raphael. Après on rentre chez nous, on recharge les batteries et on revient ».

    Après cinq jours d'occupation, les opposants à la loi travail n'entendent pas relâcher la pression et espèrent faire céder le gouvernement sur le texte.