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Nuit Debout veut planter des tentes place de la République
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(METRO) - ACTION - Alors qu’une centaine d’initiatives locales de Nuit Debout sont recensées en France et même en Europe, à Paris, l’installation place de la République a acté un renforcement de sa présence. Des tentes devraient être plantées pour une "occupation massive", à partir de samedi à Paris.

Passer ses nuits debout, c’est bien. Mais, au bout d’une semaine, ça tire. Et un peu de confort ne serait pas du luxe. Et permettrait, surtout, de "passer à une étape supérieure", en s’installant un peu plus. Et un peu mieux.
A Paris, une des commission du mouvement Nuit Debout, lancé le 31 mars dernier, a acté jeudi soir le principe de planter des tentes place de la République, et "d’organiser collectivement un espace de campement et de repos". La décision prendrait effet demain samedi, et si les modalités logistiques sont encore en train d’être discutées – et devraient être tranchées lors d’une assemblée générale ce soir -, il faut donc s’attendre à voir fleurir ce week-end place de la République un large campement, à côté des pôles cantine, cuisine, accueil, infirmerie déjà installés.
"Plus il y aura de confort, plus les gens resteront"
Cette idée repose d’abord sur un aspect très pratique : permettre le repos du guerrier. Car si les événements sont littéralement des "nuits debout", seules quelques personnes restent réellement toute la nuit, ou plutôt toutes les nuits sur place. Beaucoup rentrent chez elles fermer un œil ou ne serait-ce que faire un brin de toilette. De même, tous les stands sont remballés chaque soir, et remontés tous les matin. "L’idée est de rester en permanence", précise Benjamin, un des membres de la Commission communication, à metronews. "La nécessité, c’est de pouvoir construire durablement, de pouvoir permettre des discussions en permanence. Ce n’est possible que si les conditions d’accueil sont favorables pour que les gens puissent se reposer sur place, dans le calme et la sérénité. Plus il y aura de confort, plus les gens resteront."
Mais cette évolution se veut aussi, pour le mouvement, une "étape supérieure". Une manière de montrer qu’il est parti pour s’installer durablement. Annoncé sur la page Facebook de Nuit Debout, ce pas en avant a ses adeptes, mais aussi ses détracteurs. Chantal, trouve l’idée de développer l’accueil de nuit "très bonne" : "On est venu hier et on espérait dormir sur place. En fait, la nuit était vraiment debout". Du coup, "fatiguée et un peu frigorifiée", elle s'est "déballonnée", et a repris le premier train, alors qu'elle voulait initialement participer aux ateliers de la journée. D’autres, comme Pierre, sont plus nuancés, en jugeant que cette installation peut "nuire à l’image du mouvement" : "Je ne pense pas que vous ayez les autorisations nécessaires pour permettre ces campements, et là, justement, c'est une occasion pour les autorités de saboter ce mouvement en expulsant, et en provoquant des affrontements qui les arrangent pour discréditer le mouvement", estime-t-il. Car pour lui, il est "primordial de préserver l'image de ce que nous faisons, en restant dans la légalité".
Un nouveau pic de fréquentation samedi ?
De son côté, Nuit Debout explique "prendre tous les contacts pour qu’à partir de samedi le campement puisse être mis en place". En revanche, aucune autorisation ne sera demandée. "Pourquoi y en aurait-il besoin ? Nuit Debout est une manifestation revendicative déclarée. Il n’y a pas d’arrêté préfectoral d’interdiction", indique Benjamin. Quoi qu’il en soit, Nuit Debout espère passer un nouveau cap de fréquentation samedi à Paris. D’abord, parce qu’aura lieu à 14 h une nouvelle manifestation lancée par les syndicats contre la loi Travail. Le défilé démarre place de la République, pour arriver à Nation, via Bastille et Daumesnil. Surtout, depuis une semaine, le mouvement Nuit Debout est désormais bien identifié et a beaucoup fait parler de lui.
Une centaine de Nuit Debout se sont lancées, en France, mais aussi en Europe, de multiples canaux de communication ont été constitués, comme la Radio Debout, ou la TV Debout qui permettent de porter la bonne parole tous azimuts. Autre élément, Nuit Debout commence désormais à être stabilisé. Fini les évacuations de CRS au petit matin comme les premiers jours. Nuit Debout jouit désormais d'un fort capital sympathie. Et ça pourrait jouer sur la fréquentation, en attirant un public plus diversifié. "Ce sera un moment festif. C'est l'occasion de venir passer une bonne soirée en famille, ou avec les amis, venir boire un verre tout en discutant", estime Benjamin. Bref, provoquer, réellement, un vrai mélange des genres. Et former ce vaste mouvement populaire tant espéré.




