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Comment votre patron peut savoir où vous êtes : l’exemple de Sanofi
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Metronews) BIG BROTHER - La direction de Sanofi a récemment mis en place un dispositif qui risque de faire jaser : les salariés sont désormais équipés d’une puce RFID. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu’ils sont géolocalisés et que leurs déplacements sont surveillés.
Depuis le 6 avril dernier, les 3000 salariés du groupe pharmaceutique Sanofi sont géolocalisés. Cela signifie que, par le biais d’une puce RFID installée sur le porte-badge, leurs déplacements sont captés et enregistrés pour analyse, où qu’ils aillent, quoi qu’ils fassent : pause café, pause déj', pause clope, pause pipi... Concrètement, si un employé va chercher cinq cafés dans la journée, alors sa direction le saura, et cela vaut également pour les allers-retours aux toilettes ou le temps passé à la cantine…
Est-ce légal ? Malgré les conséquences que cela implique en termes de liberté individuelle, la CNIL a validé le dispositif. Les syndicats ont demandé à consulter la lettre l'attestant. Et à cela s’ajoutent des caméras à 360° installées à des endroits clés (couloirs, espaces de restauration, zones de détentes, etc.), faisant transparaître un sentiment de surveillance poussée au sein de Sanofi.
Un "flicage généralisé" dans un contexte de restructuration
Les syndicats ont peu goûté à la mise en place de puce RFID au sein de l’entreprise. Des informations particulièrement sensibles, dans un contexte où Sanofi a entamé un processus de restructuration : 615 postes sont en danger. Pour Pascal Lopez, délégué syndical central FO et représentants du personnel la géolocalisation ne fait qu’aggraver le climat : "les salariés l’analysent comme un outil d’intrusion, de flicage généralisé. Nous sommes très sceptiques sur les intentions du groupe. Certains sont aujourd’hui licenciés pour insuffisance professionnelle ou manque de performance. Notre crainte, c’est que la direction utilise ces outils pour justifier des ruptures."
Les dirigeants se défendent
Du côté de la direction, on argue que l’installation de puces RFID s’inscrit dans le souci d’optimiser l’utilisation des lieux, organisés en open space. Un porte-parole indique en effet : "Il ne s'agit pas de suivre les flux mais de gérer de façon simplifiée l'occupation de l'espace, comme la disponibilité des salles de réunion, des bulles, les heures d'affluence aux restaurants d’entreprise." Gage de bonne foi ? Les syndicats ont finalement obtenu l’obligation de garder les flux anonymes.




