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Congrès de la CGT : Des contradictions évidentes

syndicalisme

Brève publiée le 22 avril 2016

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://npa2009.org/actualite/social-autres/congres-de-la-cgt-des-contradictions-evidentes

Le 51e congrès de la CGT s’est ouvert à Marseille lundi 18 avril au cœur de la mobilisation contre la loi travail...

Une mobilisation dans laquelle la CGT a pris une place prépondérante, ce qui place la direction confédérale en position favorable. Une direction qui peut aussi se féliciter d’avoir réussi à éviter un congrès exceptionnel dans la foulée de l’affaire Lepaon.

Martinez à la recherche du consensus

Petite mais bonne surprise avec l’ouverture du congrès par la chanson de Georges Moustaki « Sans la nommer », faisant l’apologie de la révolution permanente... Dans son rapport d’ouverture, le secrétaire général Philippe Martinez a fait un large tour des motifs de révolte et de mobilisations : Goodyear, Air France, loi travail, sans-
papiers, répression des militantEs, fermeture des locaux syndicaux... Pour embrayer sur une critique virulente de la politique internationale du gouvernement, y compris le soutien à Israël dans l’écrasement du peuple palestinien, et affirmer le soutien à la mobilisation à Mayotte.

Revenant sur la mobilisation contre le projet de loi El Khomri, Martinez a mis en question la stratégie du « syndicalisme rassemblé » (dont la seule évocation provoque des sifflets) et évoqué la nécessité de mettre en débat la grève, voire la grève reconductible, dans les assemblées générales de salariéEs, avant d’engager l’ensemble des militantEs à mobiliser le plus largement possible les 28 avril et le 1er mai.

Pour finir, le secrétaire général a relancé le débat sur la structuration de la CGT afin de répondre à la  nécessité de donner à toutes les couches de salariéEs la possibilité de rejoindre le syndicalisme.

Que fait la confédération ?

En fait, cette ouverture de congrès semble déconnectée de la mobilisation en cours et du nécessaire débat sur la stratégie de lutte, et de la prise de responsabilité de la CGT dans cette mobilisation. Une critique largement reprise dans les interventions des déléguéEs lors du débat sur le rapport d’activité. Malgré la remise à l’ordre du jour de la posture de citadelle assiégée au regard des déclarations de Gattaz, cette réalité s’est traduite par un taux de rejet inédit du rapport d’activité, avec 33,1 % de contre et 13 % d’abstention.

La présentation d’une déclaration du congrès sur la suite de la mobilisation ne comblera probablement pas complètement ce fossé, tout en restant dans le domaine d’un affichage sans conséquences pratiques.

La CGT avait réussi à stopper la chute des effectifs et de sa représentativité. L’affaire Lepaon et sa fausse conclusion ont remis en cause ce modeste rétablissement. Les critiques qui ressortent des interventions relèvent à la fois de l’orientation jugée souvent timorée que des atteintes à la démocratie syndicale, certaines liant clairement les deux dimensions. Dans ce domaine, il n’est pas sûr que la conclusion d’un représentant du syndicat SNAM-CGT, « Pour que tous s’engagent pleinement, peut être nous devrons régler définitivement la question de l’illettrisme », ait été comprise dans toutes ses conséquences...

Quand le nombre d’adhérentEs stagne à moins de 700 000 adhérentEs, les questions sur la perte de la première place par la CGT dans la hiérarchie syndicale cristallisent les interrogations sur sa stratégie.

Robert Pelletier

L’applaudimètre des invitéEs du jour est toujours un élément d’appréciation des congrès CGT. Lundi, au milieu des applaudissement traditionnels saluant pêle-mêle Thibault, Viannet, Séguy, LO, le PG (dont Mélenchon), l’Unef et la FSU, le représentant de la CFDT a été largement sifflé et hué, et celui du PS a soulevé une véritable bronca ponctué de « Retrait de la loi El Khomri ! ».

L’affiche mise en circulation par l’Info’com-CGT sur les violences policières a déclenché une furie médiatique. Martinez, sommé par Cazeneuve de désavouer et littéralement harcelé par les journalistes, a répondu que l’affiche a été conçue par un syndicat (Info’com-CGT) et n’est pas sur le site de la Confédération, et que la CGT condamne ceux qui donnent les ordres aux forces de l’« ordre » et pas les manifestantEs...