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Des syndicalistes au micro de Nuit debout
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Libération) Plusieurs figures du syndicalisme, dont Eric Beynel de Solidaires et Philippe Martinez de la CGT, ont pris la parole à la tribune de Nuit debout, jeudi soir, après la manifestation contre la loi travail. De quoi conforter ceux qui plaident pour une «convergence des luttes».
Viendra, viendra pas ? Jusqu’au bout, la CGT aura fait durer le suspense. Jusqu'aux alentours de 20 heures, jeudi soir. Présent à l’assemblée générale de Nuit debout, après la manifestation contre la loi travail, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a finalement pris le micro à la tribune. De quoi satisfaire bon nombre de militants cégétistes qui n’avaient cessé, lors du congrès du syndicat à Marseille la semaine passée, de lui demander un geste fort vers la «convergence des luttes».
Les appels du pied ne manquaient pas à l’égard du numéro 1 de la CGT. A commencer par François Ruffin, le réalisateur de Merci patron !, qui a joué un rôle central dans l’émergence du mouvement citoyen. Le jour même, un rendez-vous entre les deux hommes et d’autres participants de Nuit debout avait d’ailleurs été organisé. Mais, au cours de l’après-midi, la centrale démentait toujours la participation de Philippe Martinez… Et ce, alors que les organisateurs, eux, semblaient assez certains de sa venue, parmi d’autres interventions prévues.
«Redonner un horizon, une perspective»
Premier à prendre la parole, un militant de SUD a fait un premier tour de chauffe, lançant un «Tous ensemble, tous ensemble, grève générale», repris par une large foule assise et concentrée. Puis, Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, a repris le flambeau, devant une assemblée studieuse. Habitué des lieux, le syndicaliste avait de longue date annoncé sa venue, qu’il qualifie de «naturelle».
Après avoir formulé une pensée pour «tous les camarades blessés aujourd’hui face à la répression féroce des forces de l’ordre», le syndicaliste, ravi que la «parole se libère» sur la place de la République, a parlé de «convergence» et de grève «reconductible si nécessaire». Avant de conclure son intervention par un brin de poésie : «Nous avons besoin de déchirer une fois le nuage pour redonner un horizon, une perspective.»
«Je vais y venir, à la grève générale»
Second syndicat à s’exprimer sous les applaudissements, la CNT, représentée par deux militants, a de son côté remercié Nuit debout d’avoir permis cette convergence, tout en vantant «l’action directe»et «la démocratie directe» mise en œuvre par le mouvement. Avant de céder le micro à Philippe Martinez. «Je vais y venir, à la grève générale», a vite lâché le syndicaliste, devant une foule impatiente. Se référant à la motion validée lors du congrès de son syndicat, il a appelé à«réfléchir à quelle convergence et quel élargissement de la grève»étaient souhaitables. Tout en soulignant les difficultés à mobiliser dans les entreprises, il a souhaité que «la grève générale ne soit plus un slogan mais une réalité».
De quoi donner du grain à moudre aux participants. Même si les questions perdurent. Comme celle formulée par une militante à l’attention de Philippe Martinez, une fois les interventions des syndicalistes terminées : «Comment allez vous faire pour bloquer l’économie ?» «A moi tout seul, je n’y arriverai pas. Il faut convaincre»,a alors répondu le syndicaliste. Et de conclure : «Des micros comme celui-là, il en faut dans les entreprises.»




