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The Big Short, le casse du siècle
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.journaldugeek.com/2015/12/22/critique-the-big-short-le-casse-du-siecle/
The Big Short, réalisé par Adam McKay, dépeint comment l’intuition d’un ex-neurochirurgien devenu financier le fera parier gros sur les subprimes, ces prêts risqués octroyés à tour de bras, et préfigurera la crise immobilière américaine qui entraîna avec elle l’économie mondiale.

crédit : Paramount
La crise, on en entend parler depuis bientôt 10 ans maintenant, on en aurait presque oublié qu’elle vient des États-Unis et trouve son origine dans la crise des subprimes, du nom de ces emprunts risqués, pourris dirons d’autres, accordés allègrement car très lucratifs pour le préteur.
L’emprunteur quant à lui est attiré par des taux très bas… au départ. Divers montages financiers complexes cachent l’arbre et la forêt avec : en cas de défaut de paiement, la revente du bien doit rembourser le prêteur. Mais cela ne fonctionne qu’au sein d’un marché immobilier en croissance constante. Dans le cas inverse, c’est tout le château de cartes qui s’effondre. Et devinez ce qu’il s’est passé en 2007 ?
Bien avant que cette bulle immobilière n’éclate, en 2005 au centre de la finance mondiale, à Wall Street, un homme de la Deutsche Bank, ex-neurochirurgien borgne atteint du syndrome d’Asperger répondant au nom de Michael Burry (interprété par Christian Bale, parfait), trouve l’anguille sous le rocher et prend le risque, contre l’avis de tous, patron et investisseurs, de parier contre ces taux d’emprunts qui paraissent trop beaux pour être vrais et donc contre les banques qui les proposent, soit les plus grosses du pays.
Justement en langage financier, « parier contre » se dit « to short ». D’où le titre, The Big Short.
[Bon, le titre du film est tiré du livre éponyme de Michael Lewis, dont les livres The Blind Side: Evolution of a game et Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game donneront également des films très remarqués (The Blind Side avec Sandra Bullock honoré d’un oscar pour son rôle et Le Stratège, déjà avec Brad Pitt et Jonah Hill)].

Et en effet, le pari sera gros, mais Burry ne sera pas le seul à miser, anticiper la crise immobilière et parier contre le marché.
Jared Vennett (Ryan Gosling et sa moumoute noire en mode bichon) sent l’opportunité et entraîne avec lui un fonds d’investissement dirigé par Mark Baum (excellent Steve Carell), financier atypique puisque pourvu d’une conscience, d’abord réticent, puis finalement partant pour tenter l’aventure.
De jeunes entrepreneurs plein d’avenir et de bagout, créateur d’un fonds d’investissement amateur et qui veulent se faire une place au soleil prendront le train en marche, aidés par un ancien trader repenti et retraité, Ben Rickert interprété par Brad Pitt, également producteur du film.
Tous ensembles, mais chacun de leur côté, ils vont réaliser le casse du siècle, au nez et çà la barbe des banques les plus puissantes du monde, aveuglé par les rendements espérés.
Voilà pour la mise de départ. Quant au scénario, malgré une fin plus que prévisible puisque connue de tous, il est fou, bien ficelé, inimaginable et pourtant 100 % réel.

Ce film réunit donc un casting 5* : Christian Bale, qui n’est jamais aussi excellent que lorsqu’il semble totalement possédé par ses personnages, Ryan Gosling, qui a plus de répliques que dans Drive et Only God forgives réunis (ce qui devrait contenter leshaters… ou pas) et se révèle excellent dans son rôle de financier sans état d’âme qui martyrise son assistant. Gosling retrouve d’ailleurs son partenaire de Crazy Stupid Love, Steve Carell.
Depuis Foxcatcher, Carell dévoile une autre facette de son jeu qui n’est pas pour nous déplaire : déjà excellent avec la bande de Wil Ferrell ou dans 40 ans toujours puceau de Judd Apatow, Steve Carell nous prouve que les étiquettes ne sont faites que pour ceux qui les distribuent. Enfin, Brad Pitt en trader repenti et parano (à raison ?) enfile son costume avec aisance.
Adam McKay a réussi la prouesse de parler d’un sujet assez repoussant et rébarbatif, l’économie, et d’en faire un film riche, dense, palpitant, révoltant, énergique, cynique, loufoque et franchement réussi.
Le montage happe le spectateur dans un tourbillon pour ne l’éjecter sur son siège qu’au générique de fin, hébété et révolté par cette crise dont beaucoup annonçaient qu’elle signerait la fin du capitalisme tel qu’on l’avait connu…

The Big Short est un thriller financier captivant aussi emporté que l’éclatement de la bulle immobilière fut retentissant et dévastateur. Pour ceux qui n’y connaissent rien à l’économie, aucun risque d’être perdu, le film s’offre des petites parenthèses où les termes techniques les plus compliqués sont expliqués par des stars qui réalisent des caméos savoureux (mention spéciale à Margot Robbie).
On reconnait là la patte de ce réalisateur habitué des comédies loufoques commeAnchorman (Présentateur vedette, la légende de Ron Burgundy), Frangins malgré eux,Ant-man, Very Bad Cops ou encore Ricky Bobby roi du circuit : les répliques fusent, le ton est enlevé et l’humour forcément (voire férocement) noir et cynique. À noter, une bande originale des plus soignées où se croisent Gorillaz, Gnarlz Barkley et Led Zeppelin.
The Big Short, c’est l’histoire d’une catastrophe annoncée qui semble devoir inlassablement se reproduire.
En quelques mots : courez voir ce film !
The Big Short sort dans toutes les bonnes salles ce mercredi 23 décembre




