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Congrès du PCF : le camarade Mélenchon divise
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Jean-Luc Mélenchon, déjà candidat, veut croire que les communistes finiront par le soutenir. Mais sa démarche, jugée trop solo, agace.
Finalement, il est venu. Jusqu’au dernier moment, Jean-Luc Mélenchon avait laissé planer le doute sur son passage au congrès du PCF, qui s’est ouvert ce jeudi et se tient jusqu’à samedi à Aubervilliers. Quand "Méluche" fait son entrée, en début d’après-midi, dans la vaste halle des docks de Paris, le patron du PCF Pierre Laurent est là pour l’accueillir.
C’est parti pour une série de chaleureuses accolades immortalisées par les caméras. Il en faudrait pourtant plus qu’un petit numéro médiatique pour faire oublier leurs relations compliquées et leurs divergences : les ex-alliés de 2012 (le PCF avait à l’époque soutenu Mélenchon) revendiquent aujourd’hui deux stratégies radicalement différentes en vue de 2017.
"Trop présidentialisé"
Mélenchon, qui a officialisé sa candidature dès le mois de février, est déjà en campagne. Ce dimanche, il réunira ses soutiens en meeting Place Stalingrad, à Paris, pour un "défilé des insoumis". Et n’allez pas lui parler d’une primaire à gauche (à laquelle plus grand monde ne croit) : il n’en veut pas. Fort de ses 11% de 2012 et de sondages favorables, Mélenchon veut croire que les communistes finiront par le soutenir.
En face, Pierre Laurent n’est pas très emballé : "Il faut une candidature qui ne soit pas seulement celle de la révolte mais celle du projet", expliquait, à la veille du congrès et du ton calme qu’on lui connait, le patron du PCF. "Il a une démarche trop personnelle, trop solo", s’agace de son côté le porte-parole du parti Olivier Dartigolles.
Laurent, qui reproche aussi à Mélenchon une approche "trop présidentialisée", s’apprête donc à lancer un "appel pour une candidature commune d’alternative à gauche". D’abord très enthousiaste à l’idée de primaires, Laurent a été forcé de revoir sa position. Début mai, le patron du PCF a été bousculé par sa base lors du vote sur les textes présentés en interne avant le congrès. Celui qu’il défendait n’a recueilli qu’un peu plus de 51% des voix. Les militants lui ont tenu rigueur d’avoir d’abord évoqué, avant de se raviser, une primaire où la participation de Hollande ne lui posait "aucun problème".
Le patron du PCF préfère désormais évoquer la rédaction d’un "socle commun" qui servirait de base programmatique aux opposants à Hollande à gauche : frondeurs du PS, écolos… mais aussi Mélenchon ! Peine perdue pour le moment. "J’ai essayé de le convaincre d’être avec nous. Il a dit qu’il voulait plutôt continuer la démarche telle qu’il l’avait engagée", confiait Pierre Laurent, qui ne s’attendait évidemment pas à une autre réponse, après une entrevue à huis clos avec "Méluche", ce jeudi après-midi.
"Être pragmatique"
C’est en novembre que le parti, qui n’exclut pas de présenter son propre candidat, tranchera la question de son représentant pour 2017. Certains communistes n’ont pas attendu pour clamer leur soutien à Mélenchon.
"Passer la barre des 20% avec Jean-Luc Mélenchon en France, nous croyons que c’est possible", écrivaient début mai sept responsables du PCF dans une tribune au JDD.
"Il y a eu des ratés. Des rancunes accumulées. Maintenant il faut savoir les dépasser, être pragmatique et avancer", argue de son côté la porte-parole d’ensemble (allié du PCF au sein du Front de gauche) Clémentine Autain. Et d’ajouter :
"Jean-Luc Mélenchon fait Des paroles et des actes, il a d’excellents sondages. On ne peut pas faire abstraction de cette réalité politique".
Alors, pour 2017, Mélenchon ou pas ? Comme le résume un proche de Pierre Laurent, avec Marine le Pen en embuscade, "tout ce beau monde est condamné à se mettre d’accord".




