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Grèves : c’est nous les champions ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Des poubelles qui jonchent les rues de la capitale, des trains supprimés et des usagers désemparés sur les quais, des pilotes qui menacent de perturber le trafic aérien, des coupures sauvages d’électricité… Le tout filmé et diffusé sur toutes les chaînes du monde à quelques heures de l’ouverture de l’Euro 2016. Pas sûr que l’Hexagone perde cette année son titre de championne du monde de la grève. Mais cette image de nation contestataire est-elle entièrement justifiée ?
Difficultés de méthodologie
Avec 79 journées individuelles non travaillées (JINT) pour 1 000 salariés en 2013, selon le dernier recensement du bilan de la négociation collective du ministère du Travail, la France reste, sans aucun doute, dans le peloton de tête des pays qui ont le plus recours à cette forme de contestation. Selon les calculs d’ETUI, l’Institut syndical européen, la moyenne européenne tourne, pour cette même année, autour de 32 journées de grève pour 1 000 salariés. Des comparaisons qui restent néanmoins aléatoires.
D’abord, parce que les données nationales sont hétérogènes. « Le service statistique du ministère du Travail (la Dares) qui recense ces journées ne tient pas compte des grèves dans la fonction publique d’Etat [qui sont répertoriées par la DGAFP, NDLR], détaille Arnaud Parienty, professeur de sciences économiques et sociales. Par ailleurs, il y a eu des ruptures de série. Un premier changement est intervenu après le grand conflit social de 1995, isolant les transports des autres secteurs. Ensuite, le chiffre fondé sur les remontées des inspecteurs du travail et les directions locales du travail n’étant pas très fiable, le ministère utilise depuis 2005 une enquête spécifique, ce qui fait que nous n’avons pas véritablement de série longue. Enfin, seules les journées complètes de grèves sont comptabilisées. Tous les débrayages de quelques heures ne le sont pas, alors que ce sont une forme de contestation utilisée dans les entreprises à flux tendu pour gêner la production. »
« Comme ces conflits sont médiatisés, cela donne le sentiment que toute la France est paralysée »
Cette sous-déclaration militerait donc dans le sens d’un pays fidèle à sa réputation de « gréviculture ». Le constat n’est pas aussi simple. Et les situations sont très disparates selon les secteurs. Si la construction enregistre 8 journées individuelles non travaillées pour 1 000 salariés en 2013, le secteur du transport, lui, en affiche 407 ! Cet « effet loupe » du transport est confirmé au ministère du Travail. « Comme ces conflits sont médiatisés, cela donne le sentiment que toute la France est paralysée. Mais cela n’est pas le reflet du niveau de conflictualité », explique-t-on à la Dares.
Les transports, champions de la grève
Palmarès européen
Quant aux palmarès internationaux, ils sont aussi sujets à caution. Les comparaisons européennes qui nous situent, selon les périodes et les instituts (Eurofound ou Statista qui se fonde sur l’étude de WSI de la Fondation Hans Böckler), en 1re ou en 2e position par rapport au Danemark, loin devant le Royaume-Uni ou l’Allemagne, sont hasardeuses, sachant que des données font défaut en fonction des pays. Elles manquent pour l’Italie (2009-2013), la Grèce (2011 et 2013) ou le Portugal (2008-2009), si l’on se réfère aux calculs d’ETUI. Or, ces pays ont connu de nombreux conflits sociaux, provoqués notamment par les politiques d’austérité mises en œuvre après la crise économique de 2008.
Grève : la France, en haut du podium
Nombre de journées non travaillées pour 1000 salariés, moyenne 2005-2013
WSI
D’une année sur l’autre, les variations peuvent s’expliquer par l’annonce de grandes réformes (celle des retraites de 2010 en France, par exemple) ou de fortes revendications salariales. En 2013, l’Hexagone a connu près de 1,3 million de journées individuelles non travaillées (pour 16 millions de salariés du privé). En 2015, l’Allemagne a enregistré 2 millions de journées non travaillées, estime l’institut WSI. Un record pour les salariés du privé (qui sont près de 35 millions outre-Rhin), les fonctionnaires allemands n’ayant pas le droit de faire grève. Avec les conflits à la Lufthansa, la Deutsche Bahn, Deutsche Post, chez Amazon ou dans les crèches publiques, le nombre de débrayages a en effet été multiplié par cinq par rapport à 2014, relève WSI. Rapporté à 1 000 salariés, cela fait 17,5 journées non travaillées, contre 11,2 en 2014. Malgré ce pic de conflictualité exceptionnel, cela reste nettement en dessous des ratios français.
Hétérogénéité des situations
En dépit de cette première place difficilement contestable, les observateurs notent tout de même une baisse de la conflictualité dans l’Hexagone. « Jusqu’en 1983-1984, nous ne disposions pas de statistiques très fiables, mais il est clair que le nombre de journées de grève avait baissé par rapport aux années 1970. Ensuite, malgré les ruptures de série et la sous-déclaration, la conflictualité dans les entreprises privées a diminué. Aujourd’hui, les mouvements se concentrent essentiellement dans le secteur public, les transports, le raffinage… », relève Arnaud Parienty. Globalement, selon la Dares, seul 1,2 % des entreprises de plus de 10 salariés a déclaré au moins un jour de grève en 2013, contre 1,3 % en 2012 et 1,8 % en 2011.
« Malgré les ruptures de série et la sous-déclaration, la conflictualité dans les entreprises privées a diminué »
En période de crise, la conflictualité a tendance à baisser. L’évolution des formes de travail (CDD, atomisation du salariat) ne favorise pas non plus les conflits sociaux. D’autres formes de contestation, moins pénalisantes pour ces populations, ont tendance à émerger. La contestation contre la loi Travail a ainsi vu naître, outre les traditionnels appels à manifester, une pétition citoyenne sur les réseaux sociaux ou le mouvement Nuit debout. Ces nouvelles formes de revendication viennent compléter la grève. Sans toutefois parvenir à rivaliser dans le rapport de force.




