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Élections en Italie: une rude défaite pour le parti de gouvernement
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Le second tour des élections municipales du 19 juin a constitué une rude défaite pour le parti du gouvernement, le PD, et son chef Renzi. Le mouvement 5 Stelle a remporté la victoire dans deux villes fondamentales du pays, Rome, la capitale, et Turin, la plus grande cité industrielle du pays.
La candidate du mouvement 5 Stelle à Rome, Virginia Raggi, obtient une victoire écrasante en recueillant 300 000 voix de plus qu’au premier tour en capitalisant sur elle toute l’opposition au candidat du PD Giachetti et à son parrain Renzi et en réalisant des scores très élevés dans les quartiers les plus populaires.
À Turin, malgré l’appui de tous les pouvoirs forts de la ville (de la Fiat à la Banca Intesa San Paolo) au candidat du PD et maire sortant Piero Fassino, Chiara Appendino, du mouvement 5 Stelle, polarise l’énorme mal-être social de la cité comprenant de très forts taux de chômage chez les travailleurs et de larges parts de la petite bourgeoisie appauvrie, en arrivant quasiment à doubler les voix et à un succès très net dans les banlieues populaires.
Les bons résultats des candidats PD à Bologne et Milan ne parviennent pas à atténuer la défaite globale, parce qu’ils ne font que reconfirmer les voix du premier tour et qu’ils sont obtenus face à une droite à son tour en difficulté ; de plus dans beaucoup de villes de dimensions moyennes ce sont des coalitions de centre-droit ou le Mouvement 5 Stelle qui ont gagné quand ils y avait ballotage.
Le succès du mouvement 5 Stelle se base sur la conquête de soutiens sur le thème de l’honnêteté et contre la classe politique, mais aussi en avançant de temps à autre des objectifs soit plus sociaux de « gauche », soit plus ambigus, soit de droite afin de couvrir la majeure partie de l’espace politique ; cette conception/démarche correspond à sa nature interclassiste.
Sa victoire se combine avec les lourds échecs au premier tour des élections des forces de la gauche qui paient le prix de leurs choix dans un passé récent et qui remettent en question leurs programmes.
Le cas de Naples constitue un cas particulier, où la grande victoire de De Magistris, maire sortant, sur le candidat de la droite, avec le PD exclus du ballotage, est l’expression d’une coalition nettement à gauche et représente une défaite sonore des camps politiques qui se sont succédé au gouvernement du pays dans les 25 dernières années. Cette coalition et ce maire se sont basés sur une opposition radicale aux politiques d’austérité, sur des liens forts avec les mouvements et avec les luttes sociales et sur l’unité dans le respect des diversités. De Magistris a souligné que sa victoire avait été obtenue contre le PD, contre la droite et contre le mouvement 5 Stelle.
Enfin, ces élections montrent aux classes dominantes la fragilité d’un cadre institutionnel conçu pour gérer le bipartisme de l’austérité (entre centre-gauche et centre-droit) désormais en crise et le risque que ce cadre, loin d’empêcher les surprises et les incidents politiques, pourrait les faciliter. La loi électorale de l’Italicum, pourtant tellement vantée, pourrait se retourner en boomerang contre la stabilité institutionnelle. Et le referendum sur la contre-réforme institutionnelle anti-démocratique que Renzi espérait facilement gagner en automne devient un peu plus difficile pour le premier ministre.
Franco Turigliatto




