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Cannes - La justice valide l’arrêté municipal islamophobe "au nom de l’état d’urgence"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le 28 juillet dernier, le maire Les Républicains de Cannes, David Lisnard, avait, par arrêté, interdit l’accès aux plages cannoises aux femmes vêtues de burkini. Ce samedi 13 août, au nom de l’état d’urgence, le juge en référé du tribunal de Nice a validé cet arrêté islamophobe.
L’objectif de l’arrêté est, selon les mots de Thierry Migoule, directeur général des services de la ville de Cannes, de prohiber « les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre » sur les plages cannoises. Après avoir mis en avant des raisons relatives aux respect des conditions d’hygiène sur les plages, allant même jusqu’à comparer cette interdiction à un précédent arrêté « qui interdit aux hommes de se promener torse nu et en maillot en ville », la mairie de Cannes, par la voix de ses représentants, a finalement assumé pleinement l’idéologie réactionnaire dictant ses décisions politiques. Le burkini, tenue de plage d’une partie des femmes de confession musulmane, est amalgamé à l’« uniforme » des terroristes de Daesh, David Lisnard expliquant qu’il ne s’agissait ni plus ni moins qu’ « un signe d’adhésion au jihadisme ».
Mais les Socialistes ne sont pas en reste. En effet Laurence Rossignol, à la tête du très justement critiqué pour son intitulé patriarcal « Ministère des Droits des Femmes, de la Famille et de l’Enfance, des Droits des femmes », qui avait déjà dérapé sur le sujet du burkini en mars dernier, a ainsi déclaré que, derrière ce vêtement, il y a un « projet de société ». En attendant une possible interdiction nationale du port du burkini, le racisme institutionnel est d’ores et déjà assumé à tout les stades de l’appareil étatique.
Si la posture du maire de droite ressemble fort à un coup médiatique populiste dans une région ou le Front National réalise ses meilleurs scores électoraux, elle fait des émules : le maire de Villeneuve Loubet (Alpes Maritimes) a lui aussi mis en place un arrêté "anti burkini", en date du 5 août. A Cannes, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF)a porté l’affaire devant le tribunal administratif de Nice mais s’est vu débouté ce samedi 13 août. Selon le tribunal, dans un contexte d’état d’urgence et de risque de trouble à l’ordre public, les dispositions de l’article 1er de la Constitution sur la laïcité « sont respectées » et « le port d’une tenue vestimentaire distinctive, autre que celle d’une tenue habituelle de bain, peut en effet être interprétée comme n’étant pas, dans ce contexte, qu’un simple signe de religiosité ». Un aval bienveillant de la justice à une politique ouverte de discrimination qui a conséquences : ce lundi 15 août, le maire de Sisco a pris un arrêté à son tour.
Cette décision du tribunal administratif, tout comme la mise en place même de l’arrêté, confirme la tendance d’un glissement réactionnaire de l’ensemble de l’appareil d’Etat, judiciaire compris. Un tournant bonapartiste visant à alourdir, et ce jusque sur la plage, la chape de plomb qui pèse sur les classes populaires, par le biais d’un racisme et d’un sexisme d’Etat – les femmes devant se conformer à un standard vestimentaire officiel dicté par l’exécutif. Une assimilation entre populations musulmanes (ou considérées comme telles) et terrorisme, visant avant tout à diviser la population sur fond de relents xénophobes, bien loin de la prétendue lutte contre le terrorisme érigée tel un étendard masquant la course populiste derrière le FN en vue de 2017. Une polarisation qui se cristallise au lendemain de l’assassinat d’Adama Traoré qui, de part son traitement médiatique et la propagande étatique, et bien que les “bavures” policières n’aient pas attendu la déclaration d’état d’urgence pour exister, donne le ton toujours plus autoritaire qu’entend prendre le gouvernement alors que se profile la rentrée sociale.




