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Espagne : Rajoy et Ciudadanos à deux doigts d’un accord... pour rien ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les leaders du Parti Populaire et du parti libéral classé au centre se sont rencontrés, jeudi. Un accord entre les deux formations n'assurera pas pour autant l'investiture à Rajoy, faute de voix suffisantes au Congrès des députés.
Les événements politiques s'accélèrent, de l'autre côté des Pyrénées. A peine 24 heures après avoir reçu l'aval de son parti pour négocier avec Ciudadanos, le chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy a rencontré Albert Rivera jeudi, à Madrid. A l'issue d'une entrevue de plus d'une heure, les deux hommes sont ressortis avec une conviction partagée : la sortie de l'impasse est proche.
"J'ai demandé deux choses à Monsieur Rajoy, a déclaré le chef du parti libéral centriste. Premièrement, qu'il signe le pacte anticorruption, et il a accepté. La deuxième chose que je lui ai demandé, c'est de fixer au plus vite la date de l'investiture, et il s'est engagé à le faire cet après-midi." Les deux conditions de Ciudadanos satisfaites par Mariano Rajoy, les négociations entre les deux partis, prévues demain, devraient selon toute vraisemblance déboucher sur un accord permettant une investiture rapide devant le Congrès des députés. "Dès que la présidente du Congrès le souhaite", a même précisé le chef du Parti populaire.
Le virage à 180 degrés de Ciudadanos
Concrètement, l'accord devrait porter sur le soutien des 32 députés de Ciudadanos à l'investiture de Mariano Rajoy, et non sur une participation du parti d'Albert Rivera au gouvernement, comme celui-ci l'a de nouveau affirmé jeudi. Un retournement de veste, tout de même, puisque Ciudadanos s'était d'abord allié avec le PSOE en mai, avant de jurer pendant la campagne électorale ne pas souhaiter soutenir la formation d'un second gouvernement Rajoy. Le parti avait par la suite assoupli sa position, promettant de s'abstenir au nom de la stabilité politique du pays.
"Nous avons obtenus le déblocage [politique] de l'Espagne, il est désormais l'heure de parler des Espagnols et de leurs problèmes", a poursuivi Albert Rivera, avant de nier tout contact avec le PSOE de Sanchez dans l'optique d'assurer l'abstention des 85 députés dudit parti. Car le principal obstacle à l'investiture de Rajoy demeure mathématique : pour obtenir la majorité absolue de 176 voix, obligatoire au premier tour de vote, l'addition des 32 députés de Ciudadanos et des 137 députés du Parti populaire (169 voix) ne suffira pas. Il faudrait alors 7 voix (ou 6 si l'unique députée de Coalición Canaria dit "oui" à un gouvernement Rajoy) supplémentaires. Ou bien, au deuxième tour du vote où la majorité relative suffit, l'abstention d'au moins 13 députés (ou 11 si la députée des Canaries soutient Rajoy) de gauche ou des partis nationalistes basques et catalans.
Une riposte à gauche ?
Un scénario très peu probable, à la lumière des dernières déclarations du leader du PSOE, qui refuse catégoriquement de soutenir le Parti populaire, mais aussi de celles de... Pablo Iglesias. Après 20 jours de diète médiatique, le secrétaire général de Podemos a assuré jeudi avoir obtenu l'accord de Sanchez pour de nouvelles négociations si l'investiture de Rajoy venait à échouer. "Nous sommes d'accord sur le fait qu'il faudra dialoguer car l'Espagne a besoin d'un gouvernement progressiste", a-t-il affirmé. La réaction du PSOE ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué, le parti a confirmé les discussions entre les deux dirigeants mais... nié tout accord. Et si, après tout, le temps des tractations ne faisait que (re)commencer ?




