[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Agenda militant

    Actualités et analyses [RSS]

    Lire plus...

    Newsletter

    Twitter

    Le transport des animaux, la nouvelle cause écolo

    agriculture écologie

    Brève publiée le 29 août 2016

    Tweeter Facebook

    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20160826.OBS6902/le-transport-des-animaux-la-nouvelle-cause-ecolo.html

    Ce lundi 29 août, c'est la première journée de mobilisation mondiale contre le transport des animaux vivants. Une cause encore peu connue.

    Nous les avons tous vus, sur l’autoroute, ces énormes camions à étages avec, à leur bord, des centaines de porcs, de poules ou de veaux, serrés les uns contre les autres, écrasés par la chaleur ou tétanisés par le froid. Mais au-delà d’une impression fugace de malaise, on oublie vite ces "transports en commun" de bétails destinés à finir dans nos assiettes.

    Pourtant, des dizaines d’ONG, dont la britannique CIWF(Compassion in World Farming), tirent la sonnette d’alarme. Et dénoncent une situation trop peu connue : celle de la maltraitance animale au cours de transports trop longs, violant presque systématiquement la réglementation européenne.

    "Animals are not freight" : les animaux ne sont pas des marchandises. C’est le nom de cette campagne lancée ce lundi 29 août dans 40 pays et plusieurs villes de France, coïncidant avec la première journée mondiale de mobilisation contre le transport d’animaux vivants.

    Une date qui n’a été choisie au hasard : le 29 août 1996 dans l’Océan Indien, un bateau qui transportait du bétail a pris feu. Près de 70.000 moutons ont péri carbonisés ou noyés dans l’indifférence générale (les secours ont mis huit jours à arriver...). Cette catastrophe méconnue du public, le CIWF aimerait qu’elle devienne un jalon historique pour les amis des bêtes. Et serve d’aiguillon pour que l’opinion se penche sur une problématique importante, mais ignorée :

    "Nous demandons à ce que la réglementation européenne, qui n’est pas appliquée correctement, soit plus stricte, réclame Agathe Gignoux, responsable des affaires publiques de CIWF France. Il est impératif que l’on interdise tout transports de plus de huit heures pour les mammifères et de plus de quatre heures pour les volailles. Et il est impératif que des contrôles soient réellement effectués en grand nombre."

    En effet, il n’est pas rare que le bétail traverse toute l’Europe en camion, rejoigne le Proche-Orient en bateau et impose ainsi des jours et des jours de transports à des animaux déshydratés, épuisés et stressés.

    "Les animaux français sont engraissés aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie et de plus en plus, en Turquie, explique Agathe Gignoux. Il n’est pas rare qu’ils soient abattus au Liban ou en Libye, pays dans lesquels la réglementation sur le bien-être animal et les contrôles sont pour ainsi dire inexistants."

    La France ne montre pas l'exemple

    Une vidéo édifiante diffusée la semaine dernière par CIWF montre ainsi des petits veaux âgés de 10 jours à peine, affamés et assoiffés, parqués dans des camions surchargés, totalement inadaptés à leurs morphologie.

    Le CIWF exige que ces situations appartiennent au passé et demande  aussi l’abolition de toute exportation d’animaux vivants hors de l’Union européenne. Mais il sait que le combat est loin d'être remporté.

    "La France, pour ne parler que d'elle, est plutôt en retard sur ces questions. En Allemagne, aucun veau non-sevré n’est autorisé à être transporté plus de 8 heures, ce qui est déjà énorme", souligne Agathe Gignoux. "Aux Pays-Bas, la réglementation évolue également. Chez nous, les contrôles sont trop rares – moins de 1% des transports d’animaux – et très laxistes. Il n’existe aucune volonté d’agir. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, que nous avons interpellé à plusieurs reprises, n’a jamais répondu à nos sollicitations."

    La France, première puissance agricole d’Europe, premier pays exportateur de bovins et troisième exportateur d’ovins, pourrait sans doute montrer l’exemple. Mais pas facile de bousculer les syndicats agricoles et les lobbys agroalimentaires…

    Arnaud Gonzagu