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Sarkozy ne croit pas à l’influence de l’homme sur le réchauffement climatique
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Fut un temps où Nicolas Sarkozy faisait de l'écologie un thème de campagne et de politiques publiques. Candidat à la présidence en 2007, il avait volontiers signé le pacte de Nicolas Hulot ; quelques mois après sa victoire et son entrée à l'Élysée, il organisait le Grenelle de l'environnement ; en 2009 encore, il déclarait fièrement que l'écologie, "ce n'est pas une idéologie, ce n'est pas une lubie, ce n'est pas un truc, ce n'est pas une tactique, ce n'est pas un positionnement. C'est une conviction." Eh bien sept ans plus tard, cette conviction l'a définitivement quitté.
Non pas que ce soit radicalement nouveau. Son "toutes ces questions d'environnement [...], ça commence à bien faire", balancé au Salon de l'agriculture en 2010, a fait date. Il approuve également la formule de Luc Chatel selon laquelle Les Républicains doivent être "le parti du gaz de schiste et des OGM" et martèle qu'"il n'y a pas d'alternative crédible au nucléaire". Et il regrette aujourd'hui d'avoir signé le pacte de Nicolas Hulot, car "c'était une façon de céder à la pensée unique"...
Mais ce n'est pas tout et cette fois il va plus loin.
Il semblerait que l'ancien chef de l'État soit désormais ouvertement climatosceptique.Marianne rapporte, mercredi 14 septembre, une phrase du candidat à la primaire prononcée ces derniers jours "devant un cercle de patrons". Des propos dans lesquels l'ex-Président qui aspire à le devenir nie l'impact des activités humaines, et notamment économiques, sur le réchauffement climatique. Nicolas Sarkozy a en effet asséné, selon l'hebdomadaire :
Cela fait 4 milliards d’années que le climat change. Le Sahara est devenu un désert, ce n’est pas à cause de l’industrie. Il faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat...
Dans son esprit, cette évolution est donc tout ce qu'il y a de plus naturelle et l'homme n'a absolument rien à voir là-dedans. Soit le positionnement du courant climatosceptique, farouchement contredit par divers avis d'experts.
Une étude menée par des chercheurs de l'Organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle (CSIRO), publiée en septembre 2014 dans la revue Climate Risk Management, établissait par exemple que le lien entre réchauffement climatique et activité humaine est de l'ordre de 99,999%. Un chiffre encore plus net que celui avancé par le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en 2013, qui estimait à au moins 95% la probabilité que les activités humaines soient responsables du réchauffement climatique.
Ce propos de Nicolas Sarkozy remettant en cause ces analyses scientifiques devraient certainement faire jaser. Nathalie Kosciusko-Morizet a dernièrement qualifié les climatosceptiques de "connards". Avant de rentrer au gouvernement et alors toujours patronne d'EELV, Emmanuelle Cosse disait pour sa part ceci :
Le discours des climatosceptiques, il me fait penser aux discours des négationnistes du sida que moi j'ai entendu dans les années 90 quand ils disaient que le sida n'existait pas.Aujourd'hui, il y a des gens qui meurent à cause des dérèglements climatiques. C'est une réalité.
Aujourd'hui que l'ancien Président partage ces idées, ces jugements s'appliquent-ils également à lui ?
[Edit 18h20]
Auprès de l'AFP, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin, rapporte une autre version du propos de l'ancien chef de l'État, très différente de celle relayée par Marianne :
On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c'est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d'années que le climat change. L'homme n'est pas le seul responsable de ce changement. Je préférerais qu'on parle d'un sujet plus important: le choc démographique. La France doit porter une conférence sur la démographie. Jamais la terre n'a connu un choc démographique tel qu'elle va le connaître, puisque nous serons onze milliards dans quelques années. Là, l'homme en est directement responsable. Et personne n'en parle.
[BONUS TRACK]
Toujours cité par Marianne, Nicolas Sarkozy a également déclaré ce qui suit :
Les journalistes de France 2, ça donne une idée de ce qu’était Che Guevara.
Les reporters de la chaîne de télévision publique seraient donc plus ou moins d'affreux révolutionnaires marxistes. Une attaque qui survient quelques jours après un psychodrame public autour de la diffusion d'une enquête d'Envoyé spécial sur l'affaire Bygmalion, en pleine campagne pour la primaire...




