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Bayer avale Monsanto: le bonheur des actionnaires fait le malheur... de tous
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Faut-il forcément, pour nourrir l'humanité, célébrer les noces des chimistes et des semenciers ? Non, il faut plutôt repenser un système agricole productiviste qui détruit la terre et notre santé...
Bayer avale Monsanto, Syngenta se fait croquer par ChemChina, DuPont et Dow se marient. La chimie avale l’agrochimie et l'industrie des semences. Ce qui dessine - si les autorités de la concurrence approuvent ces fusions - un paysage où trois hydres capitalistes contrôlent ensemble 60% des graines et 75% des produits phytosanitaires vendus sur la planète !
Ces mariages font peut-être sens pour les investisseurs et les marchés boursiers. Economies d’échelle, pool de brevets, jeux d’influence : l’intérêt économique des cartels n’est plus à prouver. Mais le bonheur des actionnaires sonne en l’occurrence comme le malheur... de toutes les autres parties prenantes : les agriculteurs, les consommateurs et la planète (donc les humains en général) !
Des agriculteurs enchaînés
Le but de ces nouveaux géants est de devenir l’interlocuteur industriel unique des producteurs. Un "one stop shop" qui leur fournira non seulement les semences OGM, les engrais, et les herbicides et autres pesticides. Mais aussi, demain, les systèmes sophistiqués de capteurs et de logiciels permettant un management industrialisé des exploitations.
Monsanto a par exemple récemment acheté, pour près d’un milliard de dollars, The Climate Corporation, expert en datascience météorologique. Ces services analysent la masse des données biologiques, géologiques et climatiques propre à chaque parcelle, pour doser plus précisément les apports en produits chimiques et en eau. L’avènement de cette "datagriculture" achèvera de déposséder le fermier de son pouvoir de décision.
Des consommateurs contraints
L’argument massue des géants de l’agrochimie est que cette concentration permettra l’augmentation du rendement et de la productivité, étape indispensable pour nourrir 9 milliards d’êtres humains à l’horizon 2050. Cette fuite en avant vers un système de production toujours plus concentré, industrialisé et dopé à la chimie résoudrait les problèmes de malnutrition.
Le problème est que les consommateurs des pays riches demandent exactement l’inverse : une nourriture plus saine - voire biologique - et des producteurs de proximité, qui vendent en circuits courts. Quant à la malnutrition qui affecte les pays en développement, elle résulte de bien d’autres facteurs que l’insuffisance de rendement agricole !
S’attaquer sérieusement à ces graves problèmes suppose de repenser complètement notre système agraire, plutôt que de pousser à l’extrême un système à bout de souffle.
Une planète malmenée
Surconsommation d’eau, produits phytosanitaires nocifs voire cancérogènes (comme le glyphosate du tristement fameux Roundup signé Monsanto), maltraitance animale, nourriture insipide, empreinte carbone dramatique de denrées qui font le tour de la terre avant d’atterrir dans votre assiette… Les méfaits de l’agro-industrie sont bien connus, mais jamais corrigés ! Et les nouveaux maîtres du secteur auront, plus que jamais, à cœur d’empêcher toute remise en question.
Le Roundup, le pesticide cancérogène le plus répandu dans le monde
Des alternatives existent
Il existe pourtant des pistes prometteuses vers uneagriculture raisonnée, plus saine et plus durable :
- Manger moins, notamment moins de viande
Il faut faire converger les régimes alimentaires des pays riches vers 3.000 calories par jour et par personne, dont 500 seulement de protéines animales. On en est actuellement à 4.500 calories aux Etats-Unis et 4.000 en France.
Sans steaks et sans carences : être végétarien... et en bonne santé
- Diminuer les gaspillages
Ils représentent aujourd'hui 30% de ce qui est produit mondialement ! Ce qui suppose, notamment, la constitution de stocks pour lutter contre la spéculation sur les matières premières.
Chef, j'utilise mes ingrédients à 100%. Le gaspillage alimentaire est un fléau quotidien
- Respecter l'environnement
Encourager, là où c’est possible, des systèmes de production plus décentralisés et des méthodes culturales plus respectueuses de l’environnement : serres urbaines,agro écologie, permaculture...
Marc Dufumier : "Il faut revenir à une agriculture artisanale"
- Innover
Il faut explorer des gisements de protéines insuffisamment exploitées, comme les farines d’insectes, pour l’alimentation animale.
Grillons, vers de farine... : êtes-vous prêts à manger des insectes ?
Des réformes qui, il est vrai, n’enrichiraient ni les patrons ni les actionnaires des Bayer et autres Monsanto…
Dominique Nora




