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La Colombie signe un accord de paix historique avec les FARC
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) La Colombie s’apprête à vivre, lundi 26 septembre, une journée historique marquée par la signature de l’accord de paix conclu avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui doit mettre fin à plus d’un demi-siècle d’une guerre fratricide.
Les FARC, issues en 1964 d’une insurrection paysanne et qui comptent encore quelque 7 000 combattants armés, ont ratifié cet accord vendredi lors de leur Conférence nationale, organisée à El Diamante, au cœur de leur fief historique du Caguan. Conclu le 24 août à La Havane, il doit maintenant être signé par le président, Juan Manuel Santos, et par le commandant en chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre de « Timoleon Jimenez » ou « Timochenko ».
2 500 invités vêtus de blanc
M. Santos signera l’accord de paix avec un « baligrafo », stylo fabriqué à partir d’une balle de mitraillette ou de fusil, utilisé pendant le conflit, et qui porte l’inscription : « Les balles ont écrit notre passé. L’éducation notre avenir ». Puis les deux hommes prendront la parole lors de la cérémonie sur l’esplanade du centre des conventions de Carthagène des Indes, station balnéaire considérée comme la perle des Caraïbes, en présence d’environ 2 500 personnes invitées à se vêtir de blanc, dont des victimes du conflit.
« Je ressens une grande émotion et une grande joie pour les Colombiens », a déclaré M. Santos dimanche. « Et je ressens un peu de peur pour le défi qui nous attend, de construire cette paix. Cela va requérir un très grand effort de tous les Colombiens », a-t-il souligné, dans un communiqué de la présidence.
Quinze chefs d’Etat latino-américains sont attendus, à commencer par le Cubain Raul Castro, arrivé dès dimanche et dont le pays a accueilli pendant presque quatre ans les pourparlers de paix, menés aussi sous les auspices de la Norvège, du Venezuela et du Chili.
Parmi les autres personnalités invitées pour cet acte sans précédent figurent le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon ; son homologue de l’Organisation des Etats américains, Luis Almagro ; les secrétaires d’Etat américain, John Kerry, et du Vatican, le cardinal Pietro Parolin ; ainsi que la présidente du Fonds monétaire international, Christine Lagarde ; et son homologue de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. Vingt-sept ministres des affaires étrangères, dont le Norvégien Borge Brende, ainsi que l’ex-roi d’Espagne Juan Carlos, les ex-présidents uruguayen José Mujica et mexicain Ernesto Zedillo, l’ancien chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez et l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, assisteront à la cérémonie, retransmise en direct à la télévision.
L’ELN annonce une trêve
M. Brende, dont le pays a été l’un des facilitateurs des pourparlers de paix, a salué dimanche soir, dans une interview de l’Agence France-Presse, cet « accord historique » et « très complet », tout en avertissant : « Mettre en œuvre tout ce qui a été convenu va demander beaucoup de leadership. »
Le conflit armé a, au fil des décennies, impliqué différentes guérillas d’extrême gauche, dont l’Armée de libération nationale (ELN – Ejército de Liberación Nacional, guévariste), encore active avec 1 500 combattants, des milices paramilitaires d’extrême droite et les forces armées. L’ELN a annoncé dimanche une trêve unilatérale jusqu’au référendum du 2 octobre, lors duquel les électeurs doivent approuver l’accord de paix pour qu’il entre en vigueur.
« Nous avons décidé qu’il n’y aura pas d’actions offensives de l’ELN en ces jours de référendum pour faciliter la participation des gens » au scrutin, a déclaré Pablo Beltran, chef de l’Armée de libération nationale (ELN), dans une interview à la radio Nacional Patria Libre, organe de l’ELN.




