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Expo photo à Paris1. La présidence joue au gauchisme ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.revolutionpermanente.fr/Expo-photo-a-Paris1-La-presidence-joue-au-gauchisme
La nouvelle présidence de Paris 1 Panthéon Sorbonne et de Tolbiac, incarnée par le nouveau président de l’université George Haddad et le nouveau président du centre Pierre Mendès France (Tolbiac) Florian Michel, a initié une exposition photographique sobrement nommée « Tolbiac poésie militante ». Cette tentative ridicule de récupération politique du mouvement contre la loi travail ne saurait nous faire oublier la position de l’université durant ce dernier printemps, entre les CRS appelés pour vider des amphithéâtres aux sanctions disciplinaires contre les militants.
George Waters

Quand l’université expose ce qu’elle a méticuleusement effacé
Le premier point à souligner dans cette exposition, qui réunit sept photographies de tags et inscriptions qui ont pu figurer dans la célèbre fosse de l’université ou dans ses amphithéâtres, est que tous ces messages ont été aujourd’hui effacés. Par le temps ? Sûrement pas ! L’été a donné le temps à la présidence de repeindre tous les espaces d’expression qu’avaient repris les étudiants : les murs de la fosse repeints dans ce gris si joyeux qui fait le quotidien des étudiants, et les amphithéâtres dont la vétusté n’étaient justement égayés que par ces messages ont été « refaits à neuf », entendre gommés et nettoyés de ces messages subversifs.
La faculté a donc soigneusement effacées toutes les traces matérielles d’un printemps de lutte, printemps qui s’est gravé et peint sur le bâtiment avant d’organiser une exposition sur cet art, qui visiblement n’a plus lieu d’être que sur des pâles reproductions photographiques, pour tenter de faire comprendre aux étudiants que cela appartient au passé. Cette manœuvre ne passera pas.
Des messagespoétiques ou des messages politiques ?
L’exposition n’étant pas exhaustive, nous pouvons ici reproduire les divers messages exposés :
« Tolbiac / J’aime quand tu (te) soulèves »
« La situation est excellente ! / Où disperserons nous les cendres du vieux monde ? »
« Tolbiac la rouge »
« Sortie ? / Cet endroit, monsieur, n’a que trois portes de sortie. La folie et la mort… »
« Ne pense pas trop fort / Pour la création libre / Organisons la riposte »
« L’université produit des cerveaux aptes au travail et à la soumission »
« La résignation est un suicide quotidien »
Le titre de l’exposition suggère que ces messages ne seraient que poétiques, qu’ils ne relèveraient que de l’esthétique. D’une esthétique « militante » certes, mais en aucun cas d’un message politique fort. Comme si le rouge de nos drapeaux était un message esthétique avant d’être un message politique.
Sans commencer une analyse des divers messages reproduits ci-dessus, nous nous devons de réaffirmer le contenu politique, qui va tout à l’inverse de l’initiative de la direction. Les artistes à l’origine de ces réalisations l’abhorreraient surement au passage. Certains de ces « vers » semblent directement dialoguer avec l’idée de l’exposition : « ne pense pas trop fort », nous t’effacerons et intègrerons ton discours à notre dispositif de domination politique.
Condamner des artistes pour les réhabiliter ensuite
Mais l’hypocrisie de l’université n’était sûrement pas assez totale. Sur les sept photographies, deux sont des reproductions de tags qui ont valu à un élève une sanction disciplinaire : un an d’exclusion avec sursis à l’issu d’un conseil de discipline. L’université, après avoir donc puni très sévèrement cet étudiant, de surcroit représentant étudiant au CFVU et militant organisé dans un syndicat, dans une manœuvre totalement hypocrite, reprend à son compte comme « témoignage poétique » ce qu’il qualifiait à l’époque de « dégradation ». L’ancien délinquant qu’il s’agissait d’exclure devient un motif de fierté pour l’université… Tout un programme !
Rétablir la responsabilité de la direction de Paris 1 dans la casse du code du travail
Derrière cette initiative, on voit bien la volonté du président de l’université et du site Tolbiac d’enterrer les contestations estudiantines de ce printemps et de les faire appartenir au passé, alors qu’ils savent très bien que ce qui fut l’avant garde du mouvement contre la loi travail est toujours mobilisée dans de nouveaux combats (contre l’exclusion d’Abdulaye, contre les violences policières). Cette volonté de reprendre la main doit être dévoilée et condamnée, d’autant plus quand on connaît la réalité historique de l’université dans la répression policière : le 17 mars, la direction appelle les CRS et la BAC pour vider un amphithéâtre dans lequel se déroulait une AG… du sang restera sur le trottoir deux semaines durant. Le même jour, le rectorat fermait le centre Tolbiac, puis le centre Panthéon, puis la Sorbonne, pour empêcher les mêmes étudiants de se rassembler en assemblée générale. Lock-out qu’ils reproduiront quelques semaines plus tard. La présidence a clairement montré ce printemps de quel côté de la barricade elle se tenait : du côté du gouvernement, du patronat et des dominants, accumulant les manœuvres pour que les étudiants ne s’organisent pas contre la loi travail, calomniant et divisant les étudiants dans leur lutte. George Haddad, Florian Michel, cette misérable escarmouche médiatique ne fera pas long feuet les étudiants sauront rétablir la vérité historique de ce que fut Tolbiac ce printemps.




